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[Mission – Novice] Premier sang [Corrigée]

Lun 02 Mai 2016, 20:01
         

Mission 2 [Novice]



Premier sang...


Era, ville du Conseil. Enfin, de ce qu'il en restait... Car ce que je voyais au loin, depuis la ruelle – encore – de la ville dans laquelle j'avais été téléportée par Sirius, n'était qu'une montagne sinueuse et presque totalement vierge. Si l'on omettait bien sûr la présence de ruines sur le sommet. J'étais ici pour une mission, ma seconde mission plus précisément. Je considérais que mes entraînements n'étaient plus suffisants. Il était hors de question que je progresse comme il se devait simplement en me basant sur l'apprentissage théorique du combat, après tout ! Sinon, mes efforts en termes de renforcement magique et physique – le second moins abouti que le premier, indéniablement... – ne paieraient jamais.

Et pour cela, je n'avais pas choisi n'importe quelle mission. En effet, à défaut d'avoir un partenaire à disposition le temps d'une mission de groupe ou une quelconque envie de chasser du gobelin dans la forêt, j'avais pris l'initiative du tournant. Le Maître m'avait mise en garde tout de même, me rappelant par là-même que l'échec m'était ici interdit. Mais j'en étais consciente, bien consciente : pour cette mission, je devrais tuer. Un mage noir, certes, mais un humain, une vie en somme. Je n'avais jamais pris la vie d'autre chose que d'insectes, après tout ! Ce serait bien présomptueux et naïf de ma part de penser que je n'aurais aucun problème avec cela au moment venu. Suffisait-il que j'aie le courage de passer à l'acte : j'étais là pour ça, après tout, et je devais le faire. Pour prouver à la guilde et surtout à moi-même que je n'étais plus bonne à simplement m'avachir et lire.

Je parcourais pour cette raison les rues d'Era en plein après-midi depuis déjà une heure, une crêpe bien garnie de fraises et crème fouettée à la main, passant mon regard un peu partout en quête de grabuge. D'après les informations que j'avais pu récolter çà et là dans la ville, le mage noir n'agissait jamais au même endroit, jamais à la même heure. Il n'était pas fort mais pas bête pour autant... Et cela rendait ma tâche d'autant plus ardue que j'avais encore beaucoup de mal à analyser les aethernanos autour de moi. Je ne devais pas non plus me faire avoir par l'apparence qu'il pouvait avoir : erreur de débutant. Et je ne voulais plus être considérée comme une débutante.




Alors que je mordais avec force dans ma crêpe pour appuyer ma pensée, un cri perçant retentit non loin de moi. Manquant de m'étouffer avec un morceau de fraise – quelle honte... – je me mis à courir vers son origine aussi vite que j'avais appris à le faire ! Je sentais l'adrénaline monter en moi... C'était si nouveau ! J'arrivai à l'angle de la rue d'où j'avais entendu une femme hurler. Mes yeux s'écarquillèrent, mon cœur commençait à s'affoler dans ma poitrine... Je l'avais déjà trouvé, le ciel était avec moi ! Accourant face à la scène exacte à quelques mètres, j'allais poser ma main sur l'épaule de la dame, d'âge mûr, qui était alors...  




« Oh par pitié, je vous en supplie, sauvez-la ! Sauvez Madame Chouquette ! Ooooh, Madame Chouquette... ! »

… Pani... quée…

« Ne vous inquiétez pas Madame Michaud, rassura un homme, on la fera sortir de cette gouttière, votre minette... »

Je ne savais pas trop quel comportement adopter sur l'instant. Alors que mon visage se refermait et que mon adrénaline se mettait en grève, je ne fis même pas acte de présence et me contentai de décrocher la gouttière, entière, et de la déstructurer via quelques gestes de main avant de reprendre ma route, absolument, totalement et tout bonnement dépitée. Je ne considérai même pas les remerciements de la dame que j'entendais à peine. Ou plutôt, que j'écoutais à peine car il était dur de ne pas faire attention à tant de décibels. Je me sentais honteuse, même si je n'avais pas vraiment de raisons de l'être... J'étais là pour mettre hors d'état de nuire un malfrat et je confondais son acte avec un chat idiot coincé dans une gouttière. Pathétique. Et si l'autre n'avait pas hurlé à la mort comme une demeurée pour sa bestiole, tout simplement !

Je devais me reprendre... Ce fut une bonne action après tout qui n'avait pas été trop chronophage. D'autant que cela avait attisé mon impatience de rencontrer ce sale mage noir et de lui régler son compte ! Era était certes une grande ville, mais je n'allais pas mettre trois jours à le trouver, tout de même... Sinon, ça voudrait bien dire que je ne valais rien.


* * *



Le problème était que le soir s'apprêtait à tomber. Alors que le ciel d'Era que j'étais en train d'observer se teintait d'orange, je me tenais assise sur un banc. Il m'était difficile de ne pas songer à cette après-midi qui s'était avérée perdue, inutile. Je ne cessais de soupirer et cela m'irritait profondément. Le vent commençait à se lever, heureusement étais-je suffisamment vêtue...

« Belle soirée n'est-ce pas ? Dommage que le vent soit si fort... »

Je sursautai. Mais qui... ?! En me tournant, je tombai nez-à-nez avec un homme, relativement jeune, de mon âge peut-être. Il était grand, aux cheveux verts et tout vêtu de brun et se tenait assis juste à ma gauche, partageant mon banc. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne l'avais même pas entendu, vu ou ressenti... Mon visage déjà peu accueillant se referma alors que je lui répondais.

« Oui. »

Quelque chose chez lui me semblait familier... Je tentai d'entrapercevoir son visage une nouvelle fois sans trop tourner la tête pour ne pas donner l'impression de le détailler. Je compris qu'il s'agissait de l'homme qui avait rassuré la dame dont j'avais sauvé le chat quelques heures plus tôt. Je ne savais pas ce qu'il faisait là et pourquoi il était venu s'asseoir à côté de moi mais... je voulais absolument qu'il parte. J'étais irritée et sa présence n'arrangeait rien.

« N'y a-t-il pas assez de bancs dans cette ville pour que vous choisissiez le mien ?
— J'habite juste en haut, sourit-il sans même me regarder. Je vous vois çà et là en ville, vagabonder dans les rues à pas pressé... Vous cherchez quelqu'un ? Si vous n'avez nulle part où loger, même si l'on ne se connaît pas, vous pouvez compter sur moi vous savez !
— En l'occurrence je cherche la paix. »


Il se mit à rire. Était-il bête ? Les gens beaucoup trop sociables comme ceci, au point d'en devenir niais, n'étaient pas ceux que j'affectionnais le plus, bien au contraire. Qu'attendait-il de moi ? Que j'acquiesce ? Ha. Et puis quoi encore ?
Il poussa le bouchon au point de me reprocher ma froideur, toujours en riant aux éclats. Il m'épuisait vraiment.

« Rentrez chez-vous je vous prie.
— Ce n'est pas tous les jours qu'on peut discuter avec une aussi jolie femme que vous sous un crépuscule pareil. Je ne fais que profiter de la chance qui m'est offerte, d'autant que j'aime quand on me résiste. »


Le sourire collé sur ses lèvres s'agrandissait alors qu'il susurrait ces mots lourds. Une veine se mit à battre sur ma tempe, je sentais mon sang bouillir et mes dents se serrer, mais je ne laissais rien transparaître. Je n'aurais qu'à me lever, sans m'énerver davantage, et partir si lui ne le voulait pas. Ce cinglé pervers était en manque d'affection et s'attendait à ce que je lui en offre, mais il n'était pas tombé sur une cible facile. Dans la rue, il n'y avait presque personne, hormis une vieille dame rachitique, habillée si élégamment que c'en était excessif, qui se dirigeait vers un escalier descendant sur le côté opposé du trottoir. Elle était munie d'une ombrelle, Dieu savait pourquoi. Peut-être pour faire valoir un peu plus sa position sociale.
Alors qu'elle passait devant nous, marchant sur la chaussée complètement vide, une bourrasque lui arracha son accessoire et fit voler le petit chapeau noir qu'elle portait sur sa maigre tête.  Le problème fut que mes cheveux suivirent le mouvement et s'ébouriffèrent dans tous les sens ! Bon sang ! Le rire de l'homme à côté de moi retentit aux alentours, encore une fois, il m'irritait, il était insupportable, inaudible, j'allais exploser.

J'explosai.

« Bon sang abruti taisez-vous, taisez-vous par pitié, vous êtes insupportable ! (Je me levai d'un bond et le regardai de haut) Et si vous ne comptez pas partir alors ce sera moi.
— Vous êtes à la recherche du mage noir qui sévit en ville n'est-ce pas.
— … Vous êtes un cliché vivant, vous le savez ? Je lis bien assez pour le constater. Jovial, trop, charmeur, ou du moins vous tentez, et vous prétendez savoir ce que je cherche. Je vous féliciterais presque...
— Il n'empêche que j'ai raison, hahaha ! Alleeeeeez, venez chez moi, vous n'y perdez rien et je ne tenterai plus rien envers vous. Vous aurez même des informations sur ce mage noir, pour me faire pardonner. »


Très bien. J'acceptai. Il était hors de question cependant que je passe la nuit chez cet homme : aussitôt mes informations en poche, je déguerpissais et s'il ne s'en contentait pas, je le clouais au mur. Il se présenta sous le nom de Matthieu, je lui donnai mon prénom, et nous montâmes jusqu'à son appartement, au deuxième étage du petit immeuble juste derrière le banc. Il était paré d'une décoration très laide, presque délabrée, dont on voyait les tuyaux d'arrivée d'eau rouillés sur les murs. J'eus un frisson en pénétrant dans cet appartement qui sentait même mauvais. Cet homme parvenait-il réellement à passer le cap de la séduction avec les femmes qu'il ramenait chez lui ? La question me donna un haut le cœur alors je préférai l'éluder. Il me proposa de m'asseoir à sa table avec un café, mais je choisis de rester debout et refusai sa boisson. Et puis quoi encore.
Matthieu commença à me parler du profil du mage noir. Son pouvoir était bien le vent, comme indiqué sur l'ordre de mission. Il n'était pas très fort, je le savais également. De mon niveau, en somme. Il ne m'apporta aucune information supplémentaire dans un premier temps, si bien que j'avais l'impression de perdre le mien... Puis il vint aux détails.

« Cela fait trois semaines qu'il sévit à Era et il n'a jamais été attrapé, huhuhu... ! Les forces de l'ordre sont si mauvaises...
— Et qu'a-t-il commis comme méfaits ?
— Bah, vols, pièges aux passants...
— Ce n'est donc qu'un malfrat à l'âge mental d'un enfant qui ne se satisfait que de farces de mauvais goût qu'il fait aux innocents, n'est-ce pas... Quand je pense que je dois appréhender ça... grondai-je dans ma barbe.
— Et même un ou deux meurtres et viols mais ça, personne n'a pu l'officialiser. »


Pardon ? Mes yeux s'écarquillèrent, mes sourcils se froncèrent alors que je résumai son profil dans ma tête, furieuse contre lui. Ce n'était donc qu'une saleté qui, tenant ses pouvoirs comme un acquis, tentait de flatter outrageusement son ego par l'illégalité, heureux de ne pas s'être fait attraper... De pire, en pire, il commettait des crimes en plus des délits, non content de brutaliser les passants, ils les tuait. Et qu'avait-il à y gagner ? Un sentiment de domination, de puissance, la seule façon qu'il avait de se faire valoir car il n'avait pas pu s'accomplir de lui-même tout en restant dans le droit chemin ? Qu'importait. Il n'était pas fort pour un mage noir, mais il était rusé. Personne ne l'avait encore appréhendé. Ça me rendait malade. Je songeai au fait qu'une personne comme ça, bien plus corrompue peut-être, avait mis fin aux jours de ma mère.

« Je dois le trouver.
— Ah, je ne vous ai pas dit... Il affectionne tout particulièrement les proies faibles et prend beaucoup de plaisir à ne laisser aucune miette des mages les plus faibles envoyés pour le traquer !
— HUARGH ! »





Un violent coup de vent s'était déclenché et m'avait projetée contre la vitre de l'appartement qui se brisa sous le choc ! Je me sentis tomber, mon cœur manqua un battement, que se passait-il ?! Je tombais, je tombais, quand mon dos frappa le sol deux étages plus bas, coupant ma respiration. J'avais mal, l'air n'entrait pas dans mes poumons ! Je m'étais faite avoir ! Mon corps vola de nouveau, plus loin dans la rue, je crachai du sang. Je tentai de me relever, j'échouai, je réessayai.

« Eh bien... Je sais que je ne suis pas très fort mais toi... tu es vraiment faible... » bouda-t-il en me relevant par le col.

Je tentai de le frapper dans le ventre pour me déloger mais il arrêta mon poing avec sa propre main. Il susurra à mon oreille de le pourchasser si je voulais vraiment l'arrêter. Je me levai, repris ma respiration et sentis l'adrénaline monter en moi, mais d'une manière différente. Je sentais mon corps plus fort, j'avais l'impression d'avoir plus de puissance dans mes jambes alors que je me lançais à sa poursuite, courant aussi vite que je le pouvais pour le rattraper. Sans mot dire. C'était mon affaire. Mais il courait vite, son pouvoir devait beaucoup aider à cela. Faible ? Je ne savais pas. Pas plus que lui. Il m'avait juste prise par surprise.
Je fus surprise de constater à quel point je n'étais pas essoufflée. Il y a si peu, je me serais écroulée sur la route... Dans ma tête ne résonnait qu'une phrase à ce moment-là. « Attrape-le » !




Il m'avait emmenée jusqu'aux abords de la ville, dans la forêt. Le soleil n'était pas encore tout à fait couché mais il faisait sombre à cause des arbres, d'autant qu'il n'avait cessé de passer par des ruelles... pour me perdre, me faire courir plus longtemps et m'épuiser. Car lui connaissait Era.

« Je n'ai pas vraiment envie qu'à cause de toi je doive quitter cette ville si amusante ! Donc si tu le veux bien, je m'occuperai de toi ici, là où personne ne verra rien. (Toujours son sourire collé aux lèvres) Eh bien, qu'attends-tu ? Attaque-moi !
— Si tu crois que je vais me laisser tuer par une pourriture comme toi... Êtes-vous tous comme ça ? Vous, les mages noir... même les plus faibles comme toi, êtes-vous tous comme ça ?
— Tous je ne sais pas, je préfère agir en solo, c'est beaucoup plus excitant... avoua-t-il en prenant une moue enfantine. Je ne suis peut-être pas très fort mais ce n'est rien à côté des deux ou trois mages qui, comme toi, ont essayé de m'arrêter. L'un d'entre eux faisait partie d'une une guilde officielle. Le pauvre, il n'avait aucune expérience... Mon pouvoir est encore limité mais j'ai pu leur montrer ce que cela faisait de ne se confronter à aucune limite morale. Jouissif ! »


En prononçant ce mot, il avait foncé sur moi. Il avait décidé d'entamer le combat par un simple crochet du droit. Ma tête l'évita de justesse mais je me pris de plein fouet le coup de genou qui suivit... ! Je devais vite, très vite, mobiliser mes capacités ! J'étais en train de me laisser submerger par un pot-pourri d'émotions néfastes, c'était tellement mauvais... La peur tentait de prendre le dessus, c'était ce qu'il cherchait. Mais je devais réussir. Je me levai, crachai un peu de sang et lui fis face. Quand je croisai son regard, je sus que je ne pouvais plus faire marche arrière.

« Pfff... Utilise ton pouvoir quand même, c'est pas drôle sinon... Viens m'arrêter, allez ! Bouge putain !
— Ha... Mais avec plaisir ! Parce que ma mission n'est pas seulement de t'arrêter... C'est de te tuer ! » hurlai-je, fonçant vers lui avec à la main la dague de Diamond que je venais de retirer de ma dimension de stockage.


Je me doutai qu'il allait esquiver, alors avant d'arriver face à lui je pivotai sur mon pied gauche, pensant qu'il allait se pencher sur la droite pour éviter mon couteau. J'eus raison. Je tournai sur moi-même et me retrouvai dans son dos. C'était maintenant...
Concentrant un minimum d'aethernanos dans le champ magnétique que je générai au creux de mes mains, j'inversai la polarité et mon couteau fusa. À bout portant, je ne pouvais pas le ra-...

« Argh ! »

Une nouvelle bourrasque me projeta contre un arbre et mon souffle se coupa de nouveau. Le couteau avait raté le point que je visais et s'était logé dans l'épaule de Matthieu... Il avait l'air complètement fou alors que je le voyais s'approcher de moi à pas lents. Son sourire n'était plus amusé et puéril comme avant...
Je m'empressai de m'écarter de l'arbre et courus, évitant de justesse une lame d'air verticale l'ayant scindé en deux. Il commençait à déblatérer des propos incompréhensibles, jurant qu'il ne s'était pas autant amusé depuis longtemps. C'était un malade. Un véritable malade. Et il était faible.
Je devais absolument l'arrêter, car il ne devait surtout pas devenir fort. Je ne savais rien de ce dont étaient capables les mages noirs. À vrai dire, je ne pensais même pas qu'ils étaient aussi corrompus. Ni même aussi effrayants... Alors que je me retournai pour voir sa position, préparant une attaque en invoquant trois balles de métal, je reçus un coup de pied en plein dans l'épaule droite qui me fit tomber de nouveau au sol. Il était censé être de mon niveau, en termes de magie tout du moins... Mais j'étais physiquement bien trop faible. Et comme les mages qu'il avait tués... je n'avais aucune expérience.
Il me frappa de nouveau alors que j'étais à terre, j'avais l'impression que j'allais me mettre à pleurer...




« Frurndar... ! insultai-je alors qu'il me clouait au sol avec son propre corps et que je sentais le sang de son épaule couler sur ma peau.
— Aaah, on peut dire qu'au moins tu m'auras amusé, sourit-il tendrement malgré son regard toujours aussi fou. Tu ne voudrais pas m'amuser un peu plus, d'une manière différente, avant de mourir ? Non parce qu'après c'est dégueulasse, quoi... »


Un porc, une ordure, un déchet, un cancer. Peut-être était-ce comme ça qu'avait fini ma mère ? Violée puis tuée ? Le seul fait de penser à cela me plongea dans une colère noire. Je ne savais plus trop ce que je ressentais, à vrai dire je n'avais même pas mal, je n'avais même plus peur, je ne savais pas ce qui était en train de m'arriver. Mais je ne voulais plus qu'une chose. Dans un élan de lucidité, j'ouvris ma dimension de stockage au-dessus de nous. Au-dessus de lui, de son dos. Je l'ouvris, doucement, tandis que je le regardais dans les yeux. J'allais le tuer.

Comment décrire mon visage ? Comment décrire mon regard ? Je n'en savais rien, vraiment rien. Mon cœur me semblait ne plus battre alors que sa main dégoûtante se mouvait sur ma joue tandis qu'il déblatérait des suites de mots que je ne cherchais même pas à comprendre ni même entendre. Je crus qu'il venait d'essuyer une de mes larmes de colère. Il était dégoûtant. Il était mauvais. Il faisait le mal. C'était un mage noir et il devait mourir, c'était la raison pour laquelle j'avais pris cette mission.

Pour que ce soit de ma main.

Il me semblait qu'il était en train de s'approcher de mon visage. Il ne m'en fallait pas plus. Je laissai tomber de la brèche ouverte par ma dimension de stockage tous les couteaux que j'avais rangés à l'intérieur. Je me protégeai d'eux grâce à mon pouvoir et il hurla de douleur dans mon oreille avant de me frapper au visage et se relever, titubant. Je l'avais réellement abîmé... Je mis quelques secondes avant de reprendre mes esprits et me relever hâtivement, haletante. Il haletait lui aussi, retombé les genoux au sol... Mon cœur se mit à battre plus vite, de la sueur à couler sur mon visage. Je me sentais mal tant des émotions nouvelles m'envahissaient à ce moment-là. Haine, peur, désir de vengeance... Le mage noir m'insultait comme il le pouvait, recroquevillé sur ses genoux, tentant m'attaquer avec son pouvoir du vent trop affaibli sans trop bouger pour ne pas amplifier la douleur que lui infligeaient mes couteaux. J'étais étonnée de voir qu'il tenait à ce point à la vie. Mais... c'était lui ou moi.

Je tremblais trop, et je ne savais pas pourquoi mais je n'arrivais pas à utiliser mon pouvoir de manière stable. Je réussis tout de même à faire sortir de ma dimension une barre de fer que j'agrippai aussitôt et serrai de toutes mes forces, comme si je voulais rejeter sur elle l'acte que je m'apprêtai à commettre. Je commençai instinctivement à me rassurer avec ma voix.

« C'est ta mission Nina... »

J'avançai encore alors que l'homme face à moi ne semblait pas avoir dessaoulé de sa folie.

« Et tu vas le faire... »

J'avais mal au cœur...

« Parce que tu dois devenir forte... »


. . .


Je frappai son crâne alors qu'il était sur le point de me cracher au visage. Il était complètement fou... Je ne faisais que ce qu'il fallait que je fasse pour qu'il ne soit jamais plus dangereux... Sentant l'aura de ce lieu devenir insoutenable, je tremblais, je me sentais lourde. Je sentais mon cœur comme si je le touchais. Au moins était-il là... Son corps mutilé à mes pieds prouvait que mon cœur à moi était toujours là... Je le sentais, j'y avais mal... Je ne sus jamais où je trouvai la force de ranger mes armes dans leur dimension. J'avais l'impression que le temps s'était figé au-delà des spasmes qui parcouraient mon corps. Je portai ma main à mon épaule gauche, effleurant mon emblème de la guilde tatoué dessus, et murmurai. Je voulais parler, parler à quelqu'un malgré ma nausée, malgré ma lourdeur, mais je ne parvins qu'à murmurer.

« Sirius... Je veux rentrer... »


Frurndar = insulte nanesque signifiant la corruption
by Nina




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Nina Andersen
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Dim 26 Juin 2016, 18:08
         
Tu le savais déjà, mais qu'est-ce que j'ai aimé lire cette mission... S+.



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Raziel
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Dim 26 Juin 2016, 18:20
         
Voici la correction complète de cette mission :

- il s'agit d'une mission pour Novices, elle rapporte donc 200 points de base.

- le rang d'appréciation S+ t'octroie 500 points de plus.

- tu as fait 226 lignes, ce qui te rapporte 2 260 points.

- cette fois, la perfection est là, ce qui arrondira ton score ou te donnera 100 points de plus si tu as un compte rond (je brise ce suspense : c'est un arrondi).

- la cohérence était là, rien à redire : 100 points, comme promis.

- le premier vrai meurtre néophyte : pour l'originalité, je demande pas mieux, 50 points.

- l'histoire et l'impact psychologique de ce meurtre sur Nina, ses réticences et sa découverte du monde de l'ombre parfaitement menés... 500 points.

- une seule image. Mais quelle image... Et toujours cette présentation "roman" exquise. 100 points.

- je me suis tordu autant que ta gouttière devant la scène du chat. 150 points.

- rédaction parfaite, syntaxe aux petits oignons... Si j'étais exigeant, je dirais que tout ce qui n'est pas Victor Hugo mérite moins de 300/300, mais mettre 299 serait sadique. Wait... Je suis sadique. Mais 300 points.

TOTAL : 4 160 points, arrondis à 4 200. Et 120 000 joyaux. À ta demande, je carbonise ton jeton de mission obtenu chez Yosuka.

Cette mission te rapporte donc : 8 400 points et 240 000 joyaux.

Oh... Mais tu as plus de 30 001 points désormais. Bienvenue dans le monde des mages de rang Confirmé, mademoiselle Andersen.



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Raziel
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