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[Novice] Bienvenue à bord !

Sam 13 Aoû 2016, 11:52
         

Je ne venais tout juste de partir de chez mes parents et avais eu le temps de déposer Alkael dans ma chambre, qui allait rester seule toute une semaine. Je comptais sur Sirius pour qu’il s’en occupe. En effet, j’avais accepté une mission d’escorte de bateau, en compagnie de deux autres mages indépendants. Je n’avais jamais pris la mer, c’était donc avec une certaine curiosité que j’avais décidé d’y aller. Le départ du bateau n’était que le lendemain matin, avant le lever du jour, pourtant je me trouvais déjà en ville, en début d’après-midi, afin de rencontrer les marins. À mon arrivée au port, le bateau n’avait pourtant pas été présent, j’avais donc décidé d’explorer un peu les environs et de faire les boutiques, bien que mon argent de poche ne cessait de diminuer depuis ma première mission.

J’étais dans le magasin d’armes non loin du port, examinant les objets présentés tout en surveillant l’éventuelle arrivée du navire. Les prix étaient évidemment inabordables, vu mon budget, mais se demander quelle serait la prochaine arme que je pourrais apprendre à manier était intéressant. Je ne pouvais pas compter uniquement sur ma magie : sans ressources à consommer, ma réserve s’épuisait beaucoup trop vite et même avec du papier à disposition, c’était loin d’être confortable. Je me devais de savoir me battre sans. C’était déjà le cas, puisque je maniais déjà plutôt bien la dague et avais de bons réflexes, mais c’était encore imparfait. Il suffisait qu’un mage de mon niveau soit mon adversaire pour être en difficulté. J’avais donc décidé d’acheter un livre. J’avais intégralement consommé l’un des deux que j’avais payés à Desierto lors de mon affrontement contre les loups, ne m’en laissant qu’un seul. C’était trop peu pour une mission, je me voyais mal utiliser l’éventuelle bibliothèque du bateau. Ce fut en payant 5 000 joyaux pour deux romans que je m’étais rendu compte de l’offre en or que m’avait faite ce marchand, à la cité de Neferet… Mais si cette mission était réussie, mon salaire allait enfin pouvoir arriver ! Levez l’ancre ! et Le Navire Perdu allaient donc m’occuper cette semaine, bien que deux livres fussent insuffisants pour prendre la totalité de mon temps. Je devais aussi recoudre mon sac, que j’avais déchiré la veille…

En sortant de la bibliothèque, j’avais pu constater que le navire était enfin arrivé à bon port. Combien de temps avais-je passé dans ce bâtiment !? C’était toujours la même histoire, il me suffisait de voir un livre pour lire la quatrième de couverture, puis le premier chapitre, puis tout le reste, sans voir le temps passer… Bref, je me rendis vers le bateau pour discuter avec le capitaine. Les odeurs marines et les caisses humides participaient grandement à l’ambiance portuaire, telle qu’elle était décrite dans beaucoup de livres. Les chants des marins ainsi que le parfum affreux du rhum dans l’air étaient plus qu’excitant : tout ceci était nouveau. Cette nouvelle vie était merveilleuse, me permettait de découvrir tellement de nouveaux aspects du monde que jamais je n’aurais pu voir sans Maître Mugetsu ! Je m’avançai vers le capitaine, qui tournait en rond en faisant les cent pas, il avait l’air très anxieux… Je serrai la bandoulière de mon sac, puis tentai d’attirer son attention.

B-Bonjour ! … Excusez-moi ! Monsieur, enfin… Capitaine !

Il sursauta en murmurant plusieurs jurons dans sa barbe, puis daigna m’accorder de son temps.

Capitaine Amalrick:

Je m’appelle Liesel Engelwald, je suis l’un des trois mages qui participeront à votre escorte.

Il sembla perplexe un court instant, frottant sa barde de sa main, puis soupira longuement, l’air désespéré.

Encore un…

P-Pardon ?

Encore un enfant…

Bien que légèrement blessé dans ma fierté, je lui demandai pourquoi « encore ». Il m’expliqua qu’il avait rencontré les deux autres mages. Il s’agissait d’un garçon et d’une fille. Il précisa que la fille avait l’air particulièrement fragile. Il imaginait probablement déjà sa cargaison chez les pirates et sa tête au fond de l’eau… Mais nous étions trois. Une attaque de pirates n’allait pas survenir à la sortie du port, nous aurions le temps de faire connaissance d’ici là.

Bon, eh bien je suis le capitaine Amalrick, détenteur de ce navire et de cette troupe de bras mous. Nous partons demain à 4h30 précise. Si tu es en retard, tant pis. De toute façon…

Il recommença à murmurer dans sa barbe, mais je compris qu’il s’imaginait que je ne servirai à rien. J’espérais ne servir à rien et ne pas avoir à affronter un bateau pirate, mais j’avais presque envie qu’une attaque ait lieu pour lui montrer que je n’étais pas qu’un enfant.

Ah oui, tes camarades sont allés à l’auberge de l’Enclume Dorée, là-bas. C’était il y a une heure, ils doivent toujours y être…

Une heure ? J’avais donc passé plus de temps que prévu dans cette bibliothèque. Je le remerciai puis me rendis dans cette auberge.


Le bâtiment ne payait pas de mine, mais l’intérieur était chaleureux et confortable. Il y avait des petites tables, à droite, sur lesquelles les clients pouvaient s’installer pour prendre le café, qui était étrangement vendu à un prix très correct. Je saluai timidement l’aubergiste, puis demandai si deux mages étaient venus. Ils se trouvaient dans le salon, plus loin, au fond du couloir. Je m’y rendis donc incessamment, impatient mais gêné de les rencontrer.

Il y avait trois personnes : un vieil homme, qui buvait un thé, le regard figé sur son journal, ainsi que deux adolescents. Un garçon et une fille, comme l’avait dit le capitaine. Je m’approchai lentement, d’un pas hésitant, puis tentai d’exprimer un mot, embarrassé, ce qui échoua lors de la première tentative.

Bonjour ? V-Vous êtes bien les mages de la mission d’escorte du bateau ?

Ouais ! Installe-toi ! On va faire connaissance !

Chouette, un meneur, je n’allais pas devoir m’embêter à prendre sur moi pour aider à la direction de l’équipe. Le jeune homme sortit la chaise, alors que la fille restait silencieuse. Elle avait des yeux bleus, si clairs qu’ils semblaient blancs quand elle les tournait vers la lumière. Ses cheveux roses étaient courts, peut-être un peu moins que ceux d’Ysaline. Son visage était doux et fragile. Elle était d’ailleurs assurément plus timide que moi ! Le garçon, lui, avait une épée contre sa chaise, il était donc combattant. Ses cheveux bleus étaient assortis à sa tenue qui semblait doublée en cuir, permettant d’encaisser des coups. Son large sourire était assez embarrassant, il me rappelait Ivan, un ami d’enfance…

Ilhem et Irina:

Je m’appelle Ilhem et voici Irina ! Elle est assez timide, mais elle est très gentille.

Bonjour…

Je m’appelle Liesel. Enchanté de vous rencontrer !

J’avais un bon feeling avec eux. J’espérais que la semaine en leur compagnie serait agréable. Si je pouvais me faire d’autres éventuels amis hors d’Aeternitas, ça pouvait être intéressant aussi. Il fallait vraiment que je trouve un moyen de contacter Ysaline…

Je maîtrise la magie des ondes ! Je suis plutôt en première ligne, mes pouvoirs me servent surtout pour me défendre. La magie d’Irina est assez… étrange, mais elle est fabuleuse !

Elle rougit en tournant le regard, puis bégaya quelques mots pour m’en dire plus.

Evlogía , la magie des auras de l’enchanteresse… Elle permet de renforcer, soigner, aider ses alliés en combat…

C’est plutôt le genre à rester derrière en soutien quoi ! Et toi, Liesel ?

M-Moi ? La magie du papier… J’ai tendance à rester mobile, enfin je n’ai jamais réellement fait de combat en groupe…

Le capitaine n’avait certainement pas à s’inquiéter : notre configuration était parfaite. Ilhem pouvait rester au corps à corps, tandis que je pouvais naviguer entre les ennemis pour éliminer ceux autour, pendant qu’Irina s’occupait de nous ! Enfin, tout ceci était plus facile à dire qu’à faire…

Tu fais partie d’une guilde ou tu es mercenaire ?

O-Oui, je fais partie d’une guilde, mais je ne peux pas trop vous en dire… Et vous ?

Bah en fait j-…

Il m’a sauvé la vie !

Elle l’avait murmuré si fort que la phrase parut un cri étouffé. Il suffisait de lire son visage pour comprendre l’importance qu’Ilhem avait à ses yeux… S’en était-il rendu compte ?

Oui, enfin, sauvé… Tu m’as sauvé la mise pas mal de fois aussi ! En fait, on était tous les deux sur la même mission, on ne se connaissait pas. Il fallait débarrasser une grotte de monstres. Sauf qu’une grande créature gardait sa progéniture. Cette chose l’a attaquée.

Il m’a sauvée…

Irina baissa la tête en souriant, rougissant de plus belle.

Je te l’ai dit ! Sans toi, je ne serais déjà plus de ce monde ! Bref, depuis nous faisons équipe. C’est elle qui a insisté.

Je vois…

Nous continuâmes à parler de nos vies jusqu’en début de soirée. Ils m’avaient même offert un cappuccino ! Je leur étais redevable. J’avais donc pu rencontrer mes futurs alliés, comme prévu. Je m’entendais bien avec eux, mais serait-ce suffisant pour qu’on se supporte une semaine entière ? J’espérais. Nous montâmes chacun dans notre chambre pour nous coucher tôt, préparant notre réveil pour être à l’heure lors du départ. Et dire que ce matin je me trouvais à Iceberg, maintenant à Fiore… Traverser le monde entier ne prenait que quelques secondes, c’était fabuleux. Je m’assoupis rapidement, impatient de défaire ces pirates – espérant surtout que je n’aurais pas à le faire.


Après cette nuit de sommeil délicieusement confortable, je me levai en sursaut, presque en retard ! Je m’habillai rapidement, ne pris même pas la peine de déjeuner puis courus, en laissant l’argent sur comptoir, jusqu’au bateau. J’étais là pile à temps, mes camarades à bord.

Bon eh bien on y va, puisque tout le monde est là…

… Est-ce qu’il venait sérieusement de murmurer une prière !? Je montai sur le bateau avec un grand sourire. Lorsque l’ancre fut levée, les voiles déployées et le chemin commencé, mon cœur battait à toute allure, non sans un certain dégoût de ces mouvements… J’avais le mal de mer, mais ça allait passer sous peu, j’en étais sûr. Je rejoignis Ilhem et Irina après être resté à observer le port s’éloigner jusqu’à ce qu’il disparaisse totalement, ne pouvant m’empêcher de chantonner tel un enfant, enivré par ce voyage.

Au moins il y en a un qui s’éclate !

Me lança-t-il en tirant la langue. Je ne pus m’empêcher de m’immobiliser en rougissant, gêné. Je vins me mettre près d’eux, à regarder l’horizon. Le silence, uniquement composé du son des vagues, dura ainsi longtemps, très longtemps… J’avais perdu toute notion depuis, mais le soleil s’était levé lorsqu’il fut rompu par un marin venu nous voir.

Alors c’est vous notre escorte ? J’m’attendais à plus âgé, mais si vous pensez avoir les tripes…

Quoi, tu penses qu’on sait pas se battre !?

Ilhem lança un regard hostile et menaçant, ce qui fit réagir Irina, qui posa sa main sur son bras, comme pour lui dire de se détendre.

Ahaha désolé, j’voulais pas t’vexer ! J’os’rais pas r’mettre en cause vos talents, p’tit. J’ai essayé d’apprendre la magie moi un jour, c’tait désastreux, alors je suis devenu marin… On fait c’qu’on peut pour manger tous les soirs. Enfin, j’m’appelle André ! C’moi l’plus costaud ici ! À défaut d’avoir des pouvoirs magiques, une bonne droite et ça vous couche n’importe qui !

E-Enchanté ! Je m’appelle Liesel !

Je tendis ma main en jetant un rapide regard à Ilhem, qui semblait toujours aussi brûlant. André la serra si fort que je dus me mettre dos à lui pour cacher ma douleur… Pourquoi les gens broyaient les mains au lieu de faire comme tout le monde !?

Si vous avez un problème, vous p’vez v’nir me voir ! Je n’hésiterais pas à vous aider ! Ah vi, un dernier conseil ! Evitez d’trainer sur le pont, la nuit… Surtout toi, m’a p’tite dame… Les marins ne sont pas tous des anges sur c’bateau…

Je tuerai n’importe qui qui s’approche trop près d’elle !

Ahahah pardon, j’avais pas pigé qu’elle avait son p’tit chevalier servant ! Les jeunes de nos jours… Bon, j’vous laisse, j’dois aider !

Il partit donc vers la cale. C’était là où nous allions dormir. La première journée passa vite, mais l’ennui nous avait rapidement gagnés. Nous n’avions plus rien à nous dire et je ne voulais pas commencer mes livres le premier jour, je savais que je les aurais fini. Les marins passaient leur temps à nous regarder de travers, ils devaient probablement nous considérer comme trois enfants profitant de leurs repas. Ça commençait sérieusement à m’énerver, que nous soyons sous-évalués ainsi. J’avais trouvé la cale assez confortable, sombre et agréable, jusqu’à comprendre qu’il nous fallait dormir à même le sol, avec les odeurs de poissons qui investissaient nos vêtements au bout de quelques heures. Seigneur, ce voyage allait s’avérer bien moins excitant que prévu. Dormir avait été presque impossible, si bien que le matin, nous étions tous épuisés et compatissions dans notre peine. Ilhem commençait à ne plus supporter ce traitement et la fatigue ne l’aidait pas à se calmer. Mais entrer en conflit avec eux n’allait mener à rien, au contraire. Nous étions obligés de les protéger.

Je m’étais décidé à commencer mon premier livre, en prêtant l’autre à Irina, qui semblait intéressée. Il s’agissait d’une histoire d’un marin rêvant de faire le tour du monde en bateau. Les descriptions des passages en mer étaient assez absentes, l’auteur se focalisait sur les paysages lors des escales. Le scénario était terriblement répétitif, mais au moins, j’avais passé le temps. Voilà un livre que je n’aurais pas de scrupule à réduire en miettes dans un combat.

Liesel, ça te tente un petit combat pour voir ce qu’on vaut ?

Un combat ? Comment ça ?

Tu sais, quand deux personnes se tapent dessus !

O-Oui non mais…

Je voulais surtout éviter de gaspiller mes livres… Je proposai donc un combat sans magie, il accepta. Nous nous mîmes donc au milieu du pont, plusieurs marins autour de nous. Les paris fusaient et tous comptaient sur lui, de même pour Irina, qui semblait à la fois fière et inquiète.


Avant même que j’eus le temps de me positionner, il fonça sur moi avec son épée ! Une tête brûlée. En roulant sur le côté, je me relevai en effectuant quelques sauts en arrière. Je n’étais pas complètement debout, qu’une nouvelle fois l’épée vint frôler mon corps. Malgré ma position de faiblesse, il était plein d’ouvertures. Il lança une nouvelle salve d’assauts que j’esquivai en sautant en arrière, surveillant bien à avoir la place. Il était rapide, mais ne songeait qu’à attaquer, ne prenait aucune pause. Créer l’ouverture parfaite serait aisé et je n’étais que novice à la dague.

Tu sais vraiment faire que ça !?

Un rictus joueur vint décorer mes lèvres, je m’étais pris au jeu. J’allais devoir montrer à mon camarade ce que je savais faire, mais pire encore, à ces marins dédaigneux.

Je n’ai même pas commencé !

Alors qu’il asséna un coup parfaitement descendant, je tournai sur moi-même vers lui en frôlant l’épée jusqu’à être assez près pour donner un coup de coude dans le ventre. Il resta de marbre, il était plus solide que ce que je pensais. Il leva son épée pour donner un coup horizontal, au niveau de ma hanche. Me laissant tomber au sol en contractant mes muscles, je posai une main sur les planches afin d’asséner un coup de pied qui se montra inefficace encore. Son épée se dirigea à nouveau vers moi, mais une roulade arrière suffit à l’esquiver. Elle tenta une dernière fois de s’abattre sur ma tête, cependant ma dague, en garde croisée, para l’assaut. Poussant le plat de la lame avec ma main et ma dague, je me relevai en fonçant vers l’avant. Les marins poussèrent un cri en chœur lorsque mon arme s’arrêta juste devant son cou.

Tu sais vraiment faire que ça ?

Je lui souris fièrement. Je m’étais vraiment pris au jeu. Irina soupira, comme triste que la situation soit ainsi. Il tourna la tête vers elle un instant, puis son expression changea, comme s’il voulait prouver quelque chose. La même expression que j’avais au début du combat lorsque je songeais aux marins.

Je n’ai même pas commencé !

Cria-t-il dans un grand sourire, fièrement. D’un geste vif de sa main, il saisit la mienne puis donna un coup avec le manche de son épée, droit dans mon estomac. Je me courbai en avant, face à la douleur. Il finit par me jeter au sol d’un coup de pied. Je roulai et me relevai comme possible, non sans tituber. Le coup qu’il venait de m’infliger ne passa pas inaperçu.

Je dois avouer que tu te débrouilles bien.

Les spectateurs applaudissaient mon adversaire, qui prenait déjà la grosse tête. Mais hors de question de me laisser faire ! Avec tout ce qu’Aeternitas m’avait appris, je refusais de me laisser battre pas un simple mercenaire, non ! Me relevant en toussant, j’essuyai le filet de bave qui tombait de ma bouche, arborant un sourire combattif. Mais ce visage ne traduisait pas une prise à la légère de ce combat, bien au contraire. C’était ma détermination.

Ne va pas croire que ce combat est terminé.

Toujours contre l’utilisation de la magie ?

La proposition était tentante. Vu ses capacités en tant qu’allié, je pouvais bien sacrifier un de mes trois livres. Après tout, je n’aurais qu’à en voler un au capitaine si besoin, en gage de punition pour notre traitement. En guise de réponse, je fis voler le livre que j’avais lu plus tôt jusqu’à moi, afin de le faire léviter devant moi, faisant tourner les pages en tendant le bras.

Le papier… Je me demande comment tu t’en sers.

Evitons de nous blesser, n’oublions pas pourquoi nous sommes ici.

Un petit échauffement ne fera pas de mal !



Une lumière vint m’éclairer par la droite. Irina venait d’invoquer un bâton magique dans un éclair blanc. Lorsqu’elle le brandit, le cristal à son sommet s’illumina, alors qu’elle prononça des mots dans une langue inconnue.

Evlogía – Phi : Ilhem ! Liesel !

Un caractère circulaire coupé d’une barre verticale brilla sur le sol. Un éclair s’abattit sur le plancher, dont l’impact aveugla tout l’équipage. Au même endroit, un cristal avait fait son apparition.

La magie d’Irina - Evlogía:

Juste après son apparition, le cristal scintilla vivement, laissant sortir de celui-ci des filaments du même genre que ceux qui l’entouraient. Ces derniers se détachèrent de la pierre pour se diriger vers nous. Dans l’instant qui suivit, je sentai une aura magique m’enrober, un cercle mystique tournait lentement autour de moi, comme ceux qui tournaient autour de l’objet magique. Ilhem bénéficiait également de cet effet.

Ahah ! Merci Irina !

D-De rien…

Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

C’est le pouvoir d’Irina. Ce sort, Phi, nous offre une invincibilité partielle. Tous les dégâts, qu’ils soient physiques ou magiques, seront reportés sur cette pierre magique, jusqu’à sa destruction.

C’est génial !

Non. Elle m’a expliqué le prix à payer. Si la gemme se brise, tous les dommages et la souffrance seront reportés immédiatement sur elle.

Mais c’est affreux !

C’est pour cela que cette pierre ne doit pas être brisée : ni par une surcharge, ni par une agression extérieure, sinon elle risque d’y passer. Je ne laisserai jamais cela arriver.

Où vont nos blessures ? Notre douleur ?

Le cristal l’absorbe, puis la transforme en énergie magique, en chaleur et en lumière, afin d’être libérée à nouveau dans l’air. C’est du recyclage. Maintenant que nous avons ça, nous pouvons nous battre pour de vrai ! Ne t’en fais pas, le cristal est solide.

Soyez prudents…

Quelle magie fabuleuse, mais pour le moins dangereuse… Cependant, si Irina nous demandait d’être prudents, ce n’était assurément pas pour le sort, mais pour nous… Cette fille, sa timidité la rendait facile à lire. Mourir pour autrui ne la gênait aucunement, elle se faisait beaucoup de soucis pour Ilhem. Ça n’allait pas me retenir pour autant ! Malgré mon aversion pour la violence, je m’étais trouvé au fil du temps un certain amusement à combattre. Les aspects d’anticipation et de réaction du combat m’attiraient beaucoup, de même que composer diverses tactiques permettant de jongler entre la magie et le physique, afin d’optimiser mes assauts. Voilà ce qui me plaisait dans les combats.


Prêt ?

D’un coup de bras vers le côté, le livre qui flottait face à moi se divisa afin de créer un petit tourbillon lent de papier autour de moi.

Prêt.

Ilhem esquissa un sourire, courant vers moi à toute vitesse, gardant son épée au sol. Je restais immobile, l’attendant. Lorsque son épée se leva pour tenter de m’atteindre, une planche de feuilles vint bloquer cette attaque ascendante. Je grimpai alors sur celle-ci pour donner un coup de pied dans le visage de l’adversaire, qui esquiva sur le côté, me laissant passer derrière lui.

Du papier solide !? Je ne savais même pas cela possible…

Je laissai mes feuilles tomber au sol pendant qu’il se retournait vers moi lentement. Je comptais à vue d’œil le nombre de documents tournant autour de moi : environ 150. Avec tant de papier, je pouvais encore combattre efficacement. Je serrai ma dague, surveillant ses mouvements. Nous étions tous les deux immobiles, prêts à se défendre. J’étais étonné de le voir inactif, étant donné son tempérament tête brûlée. Je le vis serrer son épée, durcir son visage. Il allait attaquer. Il fonça à nouveau vers moi, assénant un coup vers la droite, chargeant de l’énergie dans sa main. L’épée heurta un petit tas de feuilles verticales, suffisamment large pour que je puisse monter dessus d’un saut. Mon autre pied se jeta vers la gauche, où une feuille vint me réceptionner. D’un saut en avant, je m’apprêtai à me poser sur les quatre billets, mais il réagit en posant au sol la main avec laquelle il chargeait son sort.

Prend ça !

Une onde de choc translucide bleutée traversa le bateau, faisant vibrer les voiles, décrochant aux spectateurs un cri d’admiration et à Irina un soupir de satisfaction. La plateforme sur laquelle j’allais poser mon pied partit en miettes. Les feuilles ne tenaient plus ! Mon cœur se figea un instant, mais je ne devais pas laisser cet instant de panique prendre le dessus. J’arrivai tant bien que mal à rouler en tombant au sol, me permettant de me relever immédiatement en lançant plusieurs lames vers Ilhem, qu’il para avec son épée.

Bien joué… Mais ça ne se passera pas comme ça !

Levant une main, toutes les feuilles au sol retournèrent autour de moi. J’en saisis deux, que je lançai de moi-même en avançant vers lui. Il ferma les yeux, et les papiers se heurtèrent à un mur invisible qui leur fit perdre tout tranchant.

Certaines fréquences annulent la magie. Tu comprends, maintenant, pourquoi j’utilise ce pouvoir pour me défendre ? Inutile de te fatiguer, le papier ne m’atteint pas.

Je vois… mais cette faiblesse ne causera pas ma défaite !

Les marins recommencèrent leurs paris. Cette fois-ci, j’étais heureux de constater que quelques-uns misaient sur moi. Peut-être leur avais-je prouvé que je valais quelque chose ? Nous aurions probablement droit à un meilleur traitement après cela… Mais je refusais de laisser Ilhem gagner ! Je levai les deux bras face à moi, ordonnant à plusieurs feuilles de s’agréger afin de former un drap, se posant au sol, à mes pieds.

Ma magie rend la tienne inutile.

Je ne pus m’empêcher de sourire à pleine dents.

Ilhem, je gagnerai, grâce à tes pouvoirs.

Essoufflé, je commandai à la grande majorité des feuilles restantes de foncer vers lui. En formant un petit bouclier vibrant ainsi qu’en attaquant avec son épée, mon attaque était inutile, évidemment.

Es-tu stupide !?

Il ne me restait plus de ressources. Elles étaient toutes au sol, à ses pieds. Mais j’avais profité de cet assaut pour me déplacer circulairement derrière lui.

Je te l’ai dit, tu ne m’as pas écouté. Tu as perd-…

Il n’eût pas le temps de finir qu’il dut bloquer une attaque par derrière. Il m’avait vu, mais pensait que je le laisserais parler. Faux. Ma victoire ne pouvait plus attendre. Levant ma main libre, toutes les feuilles qu’il avait parées plus tôt s’élevèrent pour former à nouveau des marches célestes sur lesquelles je grimpai, comme tout à l’heure. Il ricana, posant encore sa main au sol.

Encore plus bourrin que moi…

La bulle bleue surgissant de sa main fit encore son apparition, laissant tomber mes plateformes.

LÀ !

Lorsque l’onde dépassa le drap qu’il avait oublié, derrière-lui, toutes les feuilles s’étaient détachées, ne formant qu’un vulgaire tas de papier. Mais ces billets foncèrent immédiatement sur son dos courbé. Il n’avait pas le temps de se relever, ni de lancer un nouveau sort. Dans ma chute, ma dague restait pointée vers lui, les lames filaient droit vers son dos. Un silence de mort résonna soudainement, brisé seulement par le son de la fissure qui se dessina sur le cristal d’Irina. Ilhem gisait au sol, épuisé. J’avais gagné !

Ne te l’avais-je pas dit ? J’ai gagné… grâce à tes pouvoirs…

Les marins crièrent tous en chœur, Irina se précipita vers son camarde, alors que je m’écroulai au sol, lamentablement. Les efforts que ce combat m’avait demandés, aussi bien sur le plan physique que magique, avaient signé mon arrêt de mort. Je ne connus que le noir et le silence pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que des douleurs affreuses viennent m’en tirer.


Argh… des courbatures… pour si peu…

Me relevant tant bien que mal, je constatai par l’ouverture dans le bois de la cale qu’il faisait nuit… La cale. Par terre. Mon combat n’avait servi à rien, nous étions toujours aussi mal accueillis… À quoi m’attendais-je, de toute façon ? J’étais vraiment naïf quand je m’y mettais.

Bon. Faut voir le bon côté des choses, Liesel ! Ce temps que t’as passé à dormir, tu l’auras pas passé à t’ennuyer…

Ah, t’es réveillé !?

Oh ! Irina, Ilhem !

J’accompagnais Irina dehors, elle se sentait mal. La mer, tout ça… Beau combat tout à l’heure ! Où as-tu appris à te battre !?

Euh… Les livres… J’imagine ?

La jeune fille murmura timidement un « bravo », me l’adressant à contrecœur. C’était évident… Ilhem comptait énormément à ses yeux, elle se sentait en sécurité avec lui, pourtant il venait d’être battu. Je me devais de la rassurer, je n’aimais pas la voir ainsi, la tête baissée. Je dis en souriant qu’Ilhem était doué, seulement un peu trop bourrin, commentaire qu’il approuva en riant. Sans ça, je n’aurais pas eu la moins la moindre chance contre lui. Et puis… J’étais tombé dans les pommes. C’était pitoyable ! Tu parles d’une victoire… Alors qu’un silence s’installait, quelqu’un frappa dans la réserve. Il s’agissait d’André !

Héhé, salut ! J’dérange ?

Non ! Entrez !

Oh, t’en fais pas p’tit, tu peux me tutoyer. J’étais à vot’combat tout à l’heure ! C’était grandiose ! Ça parle que d’vous chez les marins ! J’dois vous dire, au début, on pensait qu’on avait affaire qu’à des gosses. Mais après ça, z’êtes des héros !

Ne soyez p-… Ne sois pas si admiratif… Notre combat était rempli de failles…

On en a tous bavé, vous savez, les marins, on a passé pas mal de trucs pas cool pour la plupart d’ent’nous. Mais la magie, on connaît pas trop, c’est un aut’monde.

Pourtant vous transportez des matériaux magiques…

On fait qu’livrer, tu sais… Bon. J’tais juste passé ici pour vous applaudir ! Fait’gaffe à vous !

Merci !

André sortit quand une question me vint à l’esprit. Comment se faisait-il que l’onde qui avait annulé mes sorts n’avait pas anéanti le cristal d’Irina ? Le garçon m’expliqua que son sort avait en effet désactivé son effet, mais pas détruit. Le cristal était une entité physique, et ses vibrations ne servaient qu’à altérer les aeternanos momentanément. Ainsi, un court instant, le sort avait été suspendu. Après cette explication sur la magie de cette fille qui m’intriguait de plus en plus — la jeune fille comme sa magie — nous décidâmes de nous coucher. Malgré le temps que j’avais passé évanoui, j’avais tout de même sommeil. J’étais fier de ce combat. J’y repensais avant de m’endormir… Je ne me serais jamais cru capable de vaincre quelqu’un un jour, pourtant j’y étais arrivé ! Bientôt, je serais assez fort pour défaire ces mages noirs. Une ère de paix viendrait enfin, où la guerre ne serait qu’une légende. Plus personne ne mourrait d’infamies commises par des êtres inhumains. Avec la force que je m’efforçais d’acquérir, j’allais pouvoir contribuer à l’instauration de ce monde enfin pacifique. Aeternitas en avait les moyens.

Sois patient, Humanitas… Bientôt… Rancœur, malheur et douleur ne seront que des souvenirs à oublier.

Je m’endormis rapidement, fier de moi. Je me sentais prêt à en découdre avec n’importe qui !


Mon réveil fut tardif. J’avais dû dormir plus de douze heures depuis mon combat, mais il m’avait réellement épuisé. Je devais être prudent à l’avenir ! J’arrivai donc sur le pont, où mes deux camarades étaient autour d’une table de fortune, avec André. Je me dirigeai donc instinctivement vers eux. Cartes en main, aucun d’eux ne sembla constater ma présence, jusqu’à ce que l’homme m’invite à m’assoir sur l’un des tonneaux, ce que je fis. Je n’osais pas perturber la concentration d’Irina, qui était intense et hésitante. Je gardais alors le silence, observant plus intensément la jeune fille. Elle passait ton temps à fixer Ilhem, là encore pendant sa réflexion. Il était évident qu’elle le considérait comme très important, parce qu’il l’avait sauvée, mais il devait y avoir plus que ça ! Peut-être qu’il avait été le premier à lui accorder réellement de l’importance ? « Il m’a sauvée ». La façon dont elle l’avait crié, à l’auberge, ça venait clairement du cœur. Mais j’étais trop timide pour lui forcer la main et en savoir plus sur son passé n’était que pure curiosité. Elle joua une carte et son visage s’illumina lorsque le jeune homme la félicita. André avait perdu.

Tss, j’me fais vieux…

Je ne te savais pas si douée aux cartes, Irina ! On a pas gagné une seule fois !

Elle rougit de plus belle. Je fus bien étonné de constater qu’elle prit la parole pour se justifier.

Ma magie me force à constamment garder un œil sur les gens auxquels je tiens…

Ahah, oui, j’imagine qu’en restant silencieuse tu dois calculer nos coups à l’avance. Oh ! Bonjour Liesel ! Pardon, je t’ai ignoré ! Bien dormi ?

Je ne me fais toujours pas au matelas de planches… Je me refuse à dormir sur un tas de papier pour ne pas faire de bruit, sinon voilà longtemps que je l’aurais fait !

Le cap’taine s’attendait pas à voir des gosses pour nous escorter, mais après votre combat d’hier, il a dû êt’ rassuré ! Il voulait t’voir d’ailleurs, jeune homme.

M-Moi !?

Nous lui avons déjà parlé ! Vas-y, il se trouve à la barre.

O-Okay…

Je me demandais bien ce qu’il me voulait… Pour le découvrir, je me rendis donc près de lui. Il ne me regarda pas, pourtant il commença à dire que je l’avais impressionné.

J’ai pensé que mon salaire coulerait cette semaine, mais je suis rassuré. Vous avez prouvé ce dont vous êtes capable. Si vous menez votre mission à bien, j’aurais une récompense supplémentaire, en plus de celle qu’il y a de promise avec la mission.

A-Ah oui ? Vraiment ?

Ma femme, elle était alchimiste. Son dernier travail était les fioles que je compte vous donner. À ma rentrée au port, chez nous, c’était tout ce qui restait de son laboratoire. Je ne comptais jamais les utiliser, mais vous êtes prometteurs, ça vous sera plus utile qu’à moi.

On ne peut pas accepter quelque chose d’aussi précieux…

Attendons d’amarrer avant de parler de récompense !

O-Oui capitaine !

Je retournai auprès d’André, Irina et Ilhem. Ils m’apprirent à jouer aux cartes ! J’avais donc passé la journée à jouer avec eux, même si André s’éclipsait parfois pour aider. Le temps avait filé à une vitesse considérable. Lorsque le crépuscule s’était terminé, je maîtrisais parfaitement les règles de plusieurs jeux… ce qui ne m’avait pas empêché de perdre contre Irina, qui avait gagné toutes les parties. Toutes. Elle était réellement douée. Nous partîmes nous coucher. Il ne restait plus que trois jours avant d’arriver. J’avais tellement hâte de retrouver la terre, de retrouver la guilde, Alkael, mais surtout, mon lit. Ces conditions commençaient à me frustrer et l’impatience de rentrer devenait une réelle obsession… Mais en tant que mage, mon devoir était de rester ici.

Je m’étais assoupi comme un rien. Cependant plus tard dans la nuit, je m’étais réveillé contre mon gré. Je restai donc assis dans le noir, adossé contre un tonneau dont l’odeur laissait supposer qu’il s’agissait de fruits. Mes yeux s’habituèrent peu à peu au noir, jusqu’à constater qu’Irina était partie ! Cela m’étonnait d’elle, je m’attendais à ce qu’elle reste près d’Ilhem. Je me rendis donc calmement vers le pont, où une vive voix rugueuse résonnait.


Allez ma jolie, tu peux bien faire ça, non !?

L-Laissez-moi… S’il vous plaît…

Allons, j’te veux pas d’mal ! J’veux juste qu’on s’amuse un peu *hic* !

Un homme frêle, les cheveux gras et longs, la tenait fermement. Son visage pervers signait ses intentions malveillantes. Voilà le genre de personne dont Aeternitas devait se débarrasser. Comment leur faire comprendre que leurs actes étaient mauvais et nuisaient au monde entier !? Cette espèce ne générait que du mal.

Lâchez-la.

J’arrivai calmement, ordonnai à l’homme de laisser la jeune fille, prenant un air imposant, du moins, de ce que j’étais capable de faire.

Oh ? On est jaloux !? Le p’tit puceau veut s’amuser aussi j’crois…

Lâchez-moi…

Si vous ne la laissez pas, je vais devoir prévenir le capitaine. Je ne suis pas sûr qu’il apprécie qu’un des membres de son équipage fasse du mal à l’un des gardes du corps qui pourraient peut-être vous sauver la vie.

J’veux pas lui faire de mal, j’veux juste m’amuser un peu… Mais elle est à moi ! S’t’es jaloux trouve une autre ! Elle est à moi ! À MOI !

Il la serra fermement contre lui, sortant un couteau de sa poche en menaçant de l’égorger. J’étais persuadé qu’il n’en ferait rien, mais Irina avait peur, je devais réagir.

Laissez-la tranquille. Sinon je vais devoir employer la force, ce qui nous déplairait tous les deux…

Il était totalement soûl. Battre un homme comme ça serait facile, même si son alcool le rendait imprévisible. Il jeta Irina en arrière, la laissant tomber au sol, puis tenta de m’agresser avec son couteau. J’esquivai d’un pas sur le côté, le laissant s’écrouler derrière moi. L’alcool avait anéanti tout son équilibre.

Héhé… Tu fais le malin, hein ?

Je vous l’ai dit, je n’aime pas me battre.

Une faible lumière éclaira ma main, lorsqu’une bande de papier en sortit pour entourer l’homme, le faisant prisonnier. Je courus vers Irina pour m’assurer que tout allait bien. Elle n’était pas blessée. Nous retournâmes dans la cale, où nous nous sentions en sécurité. Nous faisions en sorte de ne pas parler fort, pour ne pas réveiller Ilhem qui, en apprenant que ce qui s’était passé, ne résisterait pas à l’envie de sortir pour le tuer.

Tu n’as plus rien à craindre, je suis là maintenant.

Merci… — elle marqua une longue pause, avant de parler à nouveau — J’étais simplement sortie prendre l’air… Merci…

Elle semblait profondément touchée par mon acte, qui n’était ni plus ni moins qu’une réaction normale. Je la pris timidement dans mes bras, pour la réconforter.

Ça va…

Après un long moment, au cours duquel elle s’était rétablie des événements, je décidai de lancer un sujet sensible.

Tu sais… J’ai constaté ce que tu ressens pour Ilhem…

Elle sursauta, tourna la tête, dissimulant un rougissement.

Il m’a sauvé la vie…

N’importe qui l’aurait fait, enfin… peut-être. Malheureusement le monde n’était pas tout rose. Mais la façon dont elle le disait, elle insistait… C’était bien plus important que ça, clairement. Son regard devenait intense, elle était sûre d’elle quand elle prononçait ces mots. À mon avis, il l’avait sauvée de quelque chose de pire que la mort. Même s’il était tête brûlée, Ilhem était quelqu’un de solide. Il n’allait pas la laisser tomber. Elle aimait un garçon qui ferait tout pour la défendre.

Liesel ?

Son visage se tourna doucement vers moi, inquiet. Elle avait murmuré mon prénom avec inquiétude.

Sois prudent…

P-Pourquoi ça ?

Ta surface est emplie de lumière… Une naïveté feinte qui fait naître de la gentillesse et de la bonté… Mais je sens que quelque chose de noir naîtra au fond de toi… — elle resta silencieuse à nouveau, tout comme je l’étais, abasourdi — Tu es quelqu’un de bien… Ne change pas pour devenir une mauvaise personne… s’il te plaît.

O-Oui… Je ferais attention…



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Sam 13 Aoû 2016, 11:53
         

Ça alors… Ce qu’elle venait de dire était pour le moins étonnant. Mon incompréhension m’amena à ressasser ses mots alors qu’elle s’était endormie. « Une mauvaise personne » ? Comment cela pouvait-il arriver ? Instinctivement, je repensai à mon parcours jusqu’ici. J’étais devenu fort, même si c’était encore insuffisant. Cette force servirait une cause noble ! Le sommeil ne vint malheureusement pas facilement. M’endormir fut lent et laborieux…

Le réveil fut brutal : Ilhem me secouait dans tous les sens en criant mon nom. Enfin, j’avais déduit qu’il s’agissait de lui à sa voix, car un épais brouillard m’empêchait de voir correctement. Ma main m’était invisible. Je sortis en courant rejoindre tout le monde sur le pont, préparé à combattre.

Ce brouillard n’a rien de naturel, trop épais. C’est un sort. J’ai tenté de l’annuler, mais la portée de mes ondes est trop faible, c’est un sort actif en permanence.

Un brouhaha infernal grondait sur le pont, tout le monde paniquait, et nous ne pouvions rien faire.

Ilhem, grimpe sur le mât, tu pourras peut-être y voir avec ta magie. C’est une attaque, nous devons nous préparer ! Irina, es-tu assez puissante pour défendre tous les marins ?

Non…

Alors n’enchante qu’Ilhem, André et moi s’il te plaît. André, tu nous aides, « une bonne droite, ça vous couche n’importe qui » mmh ?

Un peu d’castagne !

Calme-toi petit, le capitaine c’est moi ici. C’est moi qui donne les ordres… FAITES CE QU’IL DIT ! SORTEZ LES CANON ! PRENEZ LES ARMES !

Ils vont combattre !?

Ce sont des marins, parbleu ! Tout ce que ça sait faire, c’est porter des tonneaux et taper sur d’autres marins ! Pour une fois qu’on leur demande de faire la deuxième chose…

Alors que tout le monde était prêt, un grand silence régnait… Je ne savais pas vraiment ce que nous attendions, mais il était clair que ce ne serait pas joyeux. Cet élan de courage n’était pas exempté d’une peur monstre de ce qui allait se produire. J’allais peut-être finir noyé… Mais ce n’était pas le moment d’être une poule mouillée. J’avais dans une main les deux livres et dans l’autre mon arme. Je sentais mes bras trembler, malgré mes efforts. Mais un sursaut incontrôlé me parcourut intégralement lorsque le cri d’Ilhem résonna vivement.

PIRATES !

Un bateau pirate nous attaquait bel et bien. Nul besoin de confirmation désormais : un grand bruit d’explosion se fit entendre, s’en suivit de la destruction du faux-pont, où dormaient les marins. Des cris résonnèrent au loin dans le brouillard, ils se préparaient à nous assaillir. Je ne savais plus trop que faire…

Capitaine ?

L’idéal serait de les tenir à distance, mais les canons sont trop lents. Ils ont l’air trop loin pour que nous nous rendions dessus…

Comptez sur nous ! Irina, tu nous couvres !

Je jetai mes deux livres en l’air, formant une solide corde qui rejoignit la position d’Ilhem. D’un saut, je me retrouvai à côté de lui, plusieurs pages flottant autour de moi. Au sommet du mât, je lui dis de s’accrocher et de me faire confiance. Me jetant dans le vide, ayant confiance en lui ainsi qu’en mes pouvoirs, je créai un avion de papier nous faisant planer jusqu’au bateau ennemi. J’ordonnai à Ilhem de dissiper le brouillard à mon signal.

Si je fais ça, on tombera !

Tu te souviens comment je t’ai battu ? Sirius, pourriez-vous m’indiquer le moment idéal pour appliquer mon idée ?

… Maintenant ! Sois prudent à l’atterrissage !

Ilhem !

Il lança son onde de choc juste au-dessus des adversaires. Nous tombâmes donc ensemble vers le pont ennemi. Il créa une ondulation sur le lieu de son atterrissage, la chute ne lui fit aucun dégât. Ce fut plus difficile pour moi qui roulai tant bien que mal pour amortir les dommages. Cependant j’avais ordonné à tout le papier utilisé pour l’avion de se planter sur le pont, espérant toucher dans ma chute plusieurs pirates. Le mage qui avait invoqué cette brume s’était trouvé dans l’onde d’Ilhem, le brouillard se leva donc. Les marins de notre navire crièrent tous ensemble. La voix nasillarde d’une femme résonna.


BANDE D’INCAPABLES ! Se faire aborder par un navire marchand !? Vous avez vu ça où !? AUX ARMES !

Me relevant, constatant que mon attaque n’avait touché que quatre de la cinquantaine de marins, je lançai un regard à Ilhem. Je devais avouer que combattre à ses côtés était quelque chose de vraiment excitant. Personne ne pourrait nous battre, et avec la protection d’Irina, tout était possible.

Tu sais vraiment faire que ça ?

Son visage sembla ignorer les ennemis autour. Il m’avait regardé d’un air de défi, comme pour dire « à celui qui en vaincra le plus ». Très bien, j’allais prouver ma valeur. À Ilhem, Irina, et la guilde.

Je n’ai même pas commencé !

D’un coup de bras vers le côté, je fis tourbillonner quelques lames de papier, fondant sur un adversaire pour lui planter mon arme dans le bras. Mes lames tenaient éloignés les moins téméraires d’entre eux, mais une balle de pistolet vint frapper ma poitrine. Le coup, amorti par l’enchantement d’Irina, me fit tomber au sol. Je me relevai immédiatement, m’adossant à un mur de papier que je venais de créer afin de me protéger des balles. Face à moi, une arme tenta de se planter dans mon visage, mais me baissant, je lançai deux lames vers les bras de l’opposant. Par chance, il était petit. Je le pris en tant que bouclier humain – j’espérais ne pas le tuer en faisant cela -, retournant le mur de papier en une attaque qui découpa l’arme à feu de l’adversaire. Je lâchai mon bouclier au sol. J’en avais eu sept.

De son côté, Ilhem les faisait tomber comme des mouches. Les blessant avec son épée, il empêchait quiconque de l’atteindre. Lorsqu’un groupe de trois vint trop près de lui, il put bloquer l’attaque avec son arme, usant de sa main libre pour lancer une vague d’ondes beaucoup plus restreinte mais bien plus intense qui jeta au sol les adversaires.

Ilhem, couvre-moi !

Profitant d’un courant de vibrations qu’il avait créé, il se déplaça en un instant devant moi, me laissant à distance des ennemis. Je me tournai vers le bord du pont, vers notre navire, réfléchissant.

Il faudrait qu’on se rapproche, ils pourraient nous aider…

J’utilisai un grand nombre de feuilles afin de lancer deux cordes vers notre navire, les attachant au bateau ennemi. André et un groupe de marins les ramassèrent pour tirer. En un instant, les deux vaisseaux s’étaient rapprochés, ils étaient presque collés désormais.

De toute ma carrière je n’aurais jamais pensé crier cela un jour, mais bon… À L’ABORDAGE !

Il était clair que le seul mage sur ce bateau était le capitaine. Pendant que nous avions permis à notre équipage de saborder ce navire, Ilhem s’était occupé d’une dizaine de pirates, désormais à terre. Je devais rattraper ça ! J’écartai les bras vivement, laissant partir toutes mes réserves de papier afin de lacérer les lignes ennemies. Rien de mortel, mais ces blessures jetteraient à terre les plus faibles. C’est ainsi qu’une autre dizaine tomba au sol, moi avec.

Quel idiot… Tu le sais pourtant que ta réserve magique est minable…

J’en ai eu un de plus que toi ! Je sens que je vais gagn-… Liesel, ça va !?

Je me relevai, titubant, manquant de tomber. Mais André, juste derrière, me retint d’une vive tape sur l’épaule, me souriant.

Ca f’sait des années qu’j’avais rien vécu d’si amusant !

Il poussa une sorte de… cri de guerre ? Puis courut vers les pirates, qui tremblaient devant le boulet de canon qui fonçait vers eux. Il balaya les adversaires d’un coup de bras rapide et puissant. Il ne plaisantait pas quand il disait être le plus costaud ! Cinq d’entre eux étaient tombés dans l’eau, trois autres étaient au sol. Cependant, à sa droite, un homme tira une balle dans son épaule, laissant André au sol. Les autres alliés, qui n’avaient eu le temps d’agir, se figèrent. Alors que je commençai à courir vers lui, un nuage de fumée vint jusqu’à moi, puis une femme en sortit, me frappant dans le même temps d’un coup de pied au visage, me jetant salement au sol.

C’en est trop, ces idiots sont totalement inutiles. Je vais faire le travail moi-même et piller ce bateau jusqu’à la moelle !

Capitaine Olivia Shark:

Nous voyant tous les deux à terre, Ilhem se jeta sur la capitaine, qui disparut dans la brume pour réapparaître derrière lui et pourfendre son dos avec son épée. Je ne savais pas trop quelle était la limite du bouclier d’Irina, mais André et moi nous étions tous les deux pris une balle et Ilhem plusieurs coups d’épée… Nous restâmes tous les trois au sol. André ne voulait pas jouer les héros, il n’était pas mage, tandis qu’Ilhem et moi étions à bout de force malgré tout. Les marins venus nous accompagner reculaient tous pendant que le capitaine s’avançait vers le navire. Cette femme n’était pas une grande mage, c’était clair, mais nous avions dépensé trop d’énergie à fanfaronner, évidemment. Pourtant, les quinze pirates qui restaient s’étaient rassemblés, c’était l’occasion pour tenter une attaque, mais aucun de nous trois n’avait la force ou l’énergie de les affronter en plus de la mage. Sauf une, mais pouvait elle s’occuper de cela ?


Irina, c’est le moment !

Une vive énergie surgit de la jeune femme, qui poussa un gémissement de douleur. Sa voix habituellement douce résonna, tonitruante.

Evlogíes – Waw ! Aleph !

Une éblouissante lumière surgit du corps de la demoiselle, transportant dans l’aveuglement qu’elle avait causé un orbe scintillant chargé d’énergie magique. Ce dernier vola jusqu’à frapper avec violence le groupe d’adversaires, libérant une violente explosion dorée et rosée. Le visage d’Ilhem se décora d’un large sourire victorieux. La beauté de cette magie me transporta, faisait se pâmer d’admiration André. J’étais rassuré de constater la puissance de la jeune fille. Mais avant que mon étonnement n’eût pu se terminer, une petite pierre vint flotter devant moi, libérant un éclairage agréable et doux. Je sentis, au contact de cette lumière, mes forces se restaurer. Toute la fatigue physique avait disparu en quelques secondes, alors que l’adversaire principal était totalement abasourdi. Mon camarade et moi-même nous relevâmes donc, prêts à découdre, malgré notre manque d’énergie magique. Irina tomba inconsciente suite à cet effort qui venait d’inverser la donne.

Tu ne fais pas le poids !

Utilisant ses dernières ressources magiques, il se propulsa dans un courant de vibrations pour pourfendre son buste en deux. Cependant il ne résultat de cet acte que la destruction de certains vêtements. Ce fut mon tour de rassembler mes dernières forces pour créer de moi-même deux lames de papier dans son dos. Fendant l’air à toute vitesse, elles déchirèrent la peau de l’adversaire dans son esquive.

Je n’ai pas besoin d’une troupe d’idiots pour vous vaincre !

Elle dégaina son pistolet. Cette fois-ci, la protection n’était plus active, cette balle avait la capacité de nous tuer. Nous nous mîmes donc en mouvement, afin d’éviter un désastre. Elle rata sa cible par chance. Ilhem profita de ce moment pour se diriger vers elle à toute vitesse et engager un combat à l’épée. Concentré dans son jeu d’esquive et de contre-attaques, il ne put constater à nouveau le brouillard qui se levait, laisser l’adversaire totalement invisible.

Lâche ! Bats-toi !

Un rire abyssal semblait provenir de toutes parts. Mon champ de vision se limitait à moins d’un mètre. Je pus entendre Ilhem pousser un cri étouffé puis s’écrouler en sol en murmurant le nom de notre alliée. Effrayé, je n’avais plus aucun repère désormais. Il m’était impossible de repérer son dégagement magique, le brouillard était l’effet d’un sort. Ma dague en main, je me préparais à subir un assaut de sa part. Des bruits de pas m’entouraient. Tout à coup un son fendit l’air à toute vitesse, puis une lame entra dans mon champ de vision, pointée sur moi. Je fermai les yeux en sursautant, effrayé du sort qui allait être le mien.


Maman ?

Un objet froid vint toucher mon front, alors que je pensais être mort. J’ouvris doucement les yeux, constatant la disparition du brouillard, le capitaine adverse face à moi, la lame pointée sur mon corps. Le visage de la femme changea radicalement.

Maman ! Tu es là ! Maman ? Qu’est-ce que tu fais ?

Elle détourna lentement le regard vers la voix enfantine qui provenait de ma gauche. Lorsqu’elle vit qu’il s’agissait d’une silhouette familière, des larmes vinrent décorer son visage.

Non… Thomas… Que fais-tu ici ?

Papa était malade… Il m’a raconté, pour toi… Tes exploits… Tu es la capitaine d’un navire royal !

Ton père t’a vraiment raconté… ça ?

Oui… Je me suis retrouvé seul, alors je suis venu avec toi, en secret. Mais j’ai entendu beaucoup de bruit, ça m’a fait peur… Qu’est-ce que tu fais ? Ce sont des pirates ?

Nous comprîmes tous, à cet instant, que nous n’aurions plus à combattre. Son fils semblait être la seule chose pouvait la ramener à une personne meilleure. Elle se jeta dans les bras de l’enfant pour l’emmener à l’intérieur, disant qu’elle allait dire toute la vérité. Nous patientâmes un long moment, ne sachant que faire, avant qu’elle ne sorte, en larmes, pourtant la tête haute.

Je ne vais pas me chercher des excuses. J’ai cherché à vous tuer, et l’aurais fait si Thomas n’était pas intervenu. Cependant… La vie de pirate a bien des avantages, c’est vrai… Mais il est temps pour moi d’être une mère, avant tout… Mon idiot de mari, un ivrogne, s’est occupé de lui pendant toutes ces années… C’est à mon tour…

Nous étions tous abasourdis, ennemis comme alliés.

Je crois que le temps du capitaine Shark est révolu... je devrais peut-être redevenir Olivia Williams…

Nous repartîmes, gênés, vers notre navire où Irina nous attendait, réveillée. Ilhem était blessé, mais il n’y avait rien de dramatique. Cette femme, Olivia, je me sentais un peu triste pour elle. Je me demandais si son fils allait la pardonner… Il avait l’air jeune… La brume avait totalement disparu, nous étions partis. J’observais le soleil se lever sur l’horizon. Quel idiot ! C’était un enfant qui m’avait sauvé ! Sans lui, je serais mort. Je voulais chasser les mages noirs, créer une monde meilleur, mais j’étais totalement incapable de me battre contre une mage de mon niveau ! Comment allais-je faire, si j’étais si faible !? Je devais devenir encore plus fort, apprendre à combattre, et si besoin, apprendre à tuer pour ne pas être tué. Cette solution ne m’enchantait vraiment pas, mais il le fallait…

Liesel, c’est ça ? Tiens, voici la fiole que je t’ai promise.

Nous n’avons rien fait…

Sans vous, ils nous auraient abordés, nous serions tous morts et notre cargaison entre leurs mains. Sans ce combat sur leur pont, l’enfant ne nous aurait pas tous sauvés. Il s’agit de liqueur de sang. C’était l’objectif de ma femme, créer une solution augmentant les capacités cérébrales… Elle est à toi.

Vous êtes sûr ? Merci…

Fiole de liqueur de sang:

J’étais faible. Trop faible pour mes objectifs. J’avais deux choix : les revoir à la baisse ou devenir plus fort. Il était évident que la première option était à bannir. Je voulais rendre ce monde meilleur. Nous arrivâmes à bon port après encore deux jours d’ennui. J’avais eu le temps de ressasser toute ma déprime jusqu’à ce qu’elle disparaisse, et de continuer à jouer aux cartes avec Irina, Ilhem et André. J’aimais bien André. Il était paternel, énergique et enthousiaste. Descendu, il fut difficile de ne pas continuer de sentir les ondulations du bateau sur la terre, provoquant quelques nausées. Après avoir salué Ilhem et Irina, leur indiquant que nous allions probablement nous revoir, je partis me cacher derrière un tas de caisses pour que Sirius puisse me téléporter à la guilde.

À suivre.



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Sam 13 Aoû 2016, 18:42
         
Fort bien fait ! S+ ! Mes félicitations pour ta fiole de sang



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Sam 13 Aoû 2016, 22:01
         
Voici le compte-rendu détaillé de la correction :

- c'était une mission pour novices ce qui te donne 200 points.

- avec le rang S+, évidemment, 500 points.

- il y avait un total de 469 lignes, soit 4 690 points de base.

- je n'ai pas vu de fautes.

- la mission est cohérente. 100 points.

- taïaut moussaillon ! 50 points d'originalité.

- l'histoire en elle-même n'est pas très importante, mais la magie d'Irina m'intéresse beaucoup. Je te mets 300 points !

- un rendu très agréable. 90 points.

- faites un peu confiance aux jeunes, monsieur. Regardez, ils se battent bien quand ils ne jouent pas avec la vie d'une demoiselle. 150 points d'humour.

- il y a plusieurs endroits avec des répétitions. Mis à part cela, la syntaxe est très bonne sur cette mission. Soyons fous : 280 points !


TOTAL : 6 360 points augmentés à 6 400 par le bonus de perfection !

Mes félicitations, tu as atteint le rang de mage Confirmé !



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Raziel
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