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Incipit - L'enfance de Liesel

Ven 05 Mai 2017, 23:42
         

Incipit

~ Partie I ~




« Liesel, tu es prêt ? Liesel !? Li-… J’y crois pas, il s’est rendormi ! LIESEL !!! »

Le petit garçon sentit la maison trembler autour de son petit lit et trembla à son tour. Il ouvrit les yeux et vit sa tyrannique mère qui venait le réveiller. Il réfléchit un instant aux raisons d’un tel séisme, puis se rappela que c’était le jour du grand départ.

Le jeune Liesel se leva sans dire le moindre mot, s’assit à la table et but son verre de lait, en face de son père qui lisait. Cela faisait des années qu’Eryck possédait ce livre qui pourtant ne montrait aucune lettre, il était parfaitement vierge. Le jeune albinos avait un jour posé la question : pourquoi lisait-il en boucle un livre parfaitement blanc ? Le père ne sut donner une réponse satisfaisante pour le jeune garçon curieux : il cherchait quelque chose. « Tu cherches quoiiiiiii ? » avait répondu le petit, sans que le père ne pût réellement savoir lui-même ce qu’il cherchait.

Ce matin, c’était le matin du grand départ, un jour que Liesel redoutait malgré lui. On lui avait dit que tout se passerait bien, maintes et maintes fois, pourtant, du haut de ses presque six ans, il était terrifié à l’idée de quitter sa terre natale : Iceberg. Tout ceci avait été décidé si vite…

Trois jours auparavant, des hommes étaient entrés par effraction dans la maison d’oncle Oswald, où toute la famille vivait. En rentrant de leur promenade, les Engelwald y trouvèrent des menaces de mort destinées à Cläre, sur chacun des murs. Ce fut immédiatement que la décision de partir s’était imposée au petit garçon, qui voulait rester chez son oncle.

La maison d’Oswlad était jolie. Situé à une altitude bien particulière, il n’y faisait pas excessivement froid et accéder à ce petit plateau n’était pas chose aisée. Liesel aimait cet endroit pour cela, il pouvait jouer en toute sécurité, puisque même les loups qui trainaient parfois étaient paisibles si oncle Oswald n’était pas loin. Il était né là et s’imaginait y rester pour toujours, naïf, sans penser un seul instant que le monde s’étendait sur des distances colossales au pied de cette petite montagne.


Maison d’Oswlad:

« Maman, regarde ! J’ai fait un oiseau !
— T’as fait ta valise ?
— Cläre… Très bel oiseau, Liesel. Et si tu essayais de le faire voler ?
— Voler vers la valise qu’il n’a pas faite.
— *Tchip*. »

L’enfant, ne maîtrisant pas du tout la magie, lança l’oiseau dans les airs avec un geste expérimenté. Une flèche traversa soudain l’air avec une telle précision que l’oiseau se trouva tout à coup perché sur une branche qui avait l’air de sortir du cœur de la cible. Oswald se montra alors pour observer l’admiration du petit devant sa virtuosité.

« Allez, va faire ta valise. »

Le jeune accourut dans les jupons de son oncle, s’accrochant à sa jambe sans le lâcher.

« Pourquoi tu viens pas avec nous, tonton ? Je veux pas t’abandonner…
— Ahah… Euh… Ecoute-moi, commença-t-il en s’agenouillant pour être à hauteur du garçon, tu pourras revenir me voir pendant les vacances.
— Les va… vaçanques ?
— Non, les vacances. Tu devras aller à l’école, dans ta nouvelle maison à Bosco.
— J’ai lu dans des livres que les enfants aimaient pas l’école… dit-il en faisait la moue.
— Peut-être, mais toi tu vas adorer ça ! C’est un endroit où on apprend plein de choses, l’histoire, la grammaire, les mathématiques, la magie… Tu vas te régaler. Et pendant les vacances, c’est-à-dire des pauses de plusieurs semaines, tu reviendras me voir, pas vrai ? Je ne bougerai pas d’ici.
— D’accord ! »

Le jeune se précipita vers les escaliers pour finir sa valise qui attendait dans sa chambre. Cläre s’approcha de son frère, curieuse et amusée.

« Tu lui as dit quoi pour qu’il courre finir sa valise, toi ?
— Je lui ai parlé de l’école.
— Sacré gamin… Le caractère de son père et le visage de sa mère… »

[…]


Le petit garçon grimpa dans la voiture, qui serait trainée par trois loups. Celui en tête était légèrement transparent alors que les deux autres étaient parmi ceux définitivement domptés par Oswald. Le petit Liesel s’assit à l’arrière, contre Cookie, un gros chien à poils longs que l’oncle leur avait offert. Il attendit ainsi un long moment, sous son petit plaid, que les adultes finissent une conversation qui semblait sérieuse. Cela le dépassait complètement. Insouciant et renfermé, il préférait s’amuser à appuyer sur le museau du chien. Si concentré dans le fait d’embêter son camarade, le petit Liesel faillit tomber de la charrette lorsqu’elle démarra brutalement. Il n’avait même pas vu ses parents monter.


« Mamaaaaan, on va où ? demanda le petit, timidement.
— On passe par les gorges de Weisszähne puis on arrivera dans une grande toundra. On n’est pas loin de la frontière, on sera arrivé en quelques jours.
— C’est quoi la tout drap ?
— Non, toundra… Raah… Eryck…
—Un plateau entouré de montagnes. »

Le jeune resta silencieux, les yeux vers le ciel, comme s’il s’imaginait un plateau à fromage entouré de roche. Il ne fallut à la petite famille que deux petites heures pour sortir des gorges, non sans croiser quelques loups, que Cläre arrivait facilement à calmer avec les bases de magie de dressage que lui avait apprises son frère. Le vent se leva aussitôt qu’ils entrèrent dans la grande plaine. Liesel se blottit d’autant plus entre sa mère et le gros chien pour se protéger du vent, chien qui ronflait sans se soucier du blizzard.

« Mam-maaaaaan, j-j’ai fr-f-froid…
— Bah couvre-toi, j’vais pas dépenser de la magie juste pour virer quatre flocons.
— On d-dirait une t-t-tempête…
— Cläre, fais un effort pour ton fils congelé, s’il te plaît.
— Tu parles d’un gosse né à Iceberg… »

Elle retira sa petite cape pour dévoiler ses épaules nues et aussitôt, le blizzard sembla comme éviter la petite caravane qui avançait… à pas de loups. Le voyage fut presque totalement silencieux. Liesel n’était pas un enfant bavard, bien que très curieux. Il parlait généralement pour poser des questions ou pour informer ses parents des dangers vitaux qui menaçaient l’enfant.

« Mamaaaaaaaaaaaaan ! J’ai faim.
— Je vais le congeler.
— Pourquoi tu t’énerves !? sursauta mon père. Liesel, tu as des biscuits dans le sac à tes pieds. »

Cläre avait petit à petit laissé passer quelques flocons autour de la caravane, par flemme de maintenir un champ magique autour d’elle. Mage de la neige, dévier une telle météo était facile, mais au fond, c’était encore une enfant râleuse. Ce fut seulement lorsque la petite famille entra dans un épais brouillard qu’elle ne réussit pas à dissiper qu’elle comprit qu’elle était cible d’une attaque magique.


La femme ordonna à son mari de s’arrêter, ce qu’il fit aussitôt. Le garçon comprit en voyant le visage nonchalant de sa mère devenir sérieux. Sous ses ordres, il se cacha entre les petits sacs. Eryck sortit son livre, prêt à combattre.

« Leoni, près de la frontière ?
— Pas impossible. La magie du brouillard, assez commune dans le pays, mais soyons prudents. Je ne veux pas vous impliquer… »

Elle avait dégainé son épée et arborait une expression déterminée et méfiante qui ne lui ressemblait pas. Rien ne pouvait perturber sa concentration. Rien, mis à part l’idée d’avoir laissé seul son fils dans la charrette avec le chien. Eryck était bien resté pendant qu’elle s’enfonçait dans les ténèbres blanches, mais elle avait tout de même peur pour le petit. Liesel quant à lui restait blotti contre le chien, terrorisé. Du haut de ses six ans, la vie était simple, il n’avait pas à affronter de telles histoires.

Quand Cläre fut à une distance suffisamment éloignée du chariot, elle rengaina son épée, perdue au milieu de la brume.


« Je me rends à Némée. À la seule condition que vous ne touchiez pas mon fils et mon mari. Ne leur faites rien et je pars avec vous, sans faire d’histoires. »

Elle se retrouva seule, au milieu d’un silence articulé par des bruits de pas s’enfonçant dans la neige. Malgré sa proposition, elle restait méfiante et aux aguets.

« Vous avez entendu ? Je me rends aux Leoni si vous laissez ma famille en dehors de ça. »

Perdue au milieu de frissons, son esprit fit naître une voix tirée du passé. Cette voix éveilla en elle un puissant sentiment de culpabilité. « Tu as trahi ta famille. » Elle ferma les yeux un instant pour la chasser et quand elle les ouvrit à nouveau, une silhouette seule s’avançait vers elle. Elle comprit qu’il ne s’agissait pas du clan en voyant l’homme arriver seul, elle sortit donc son épée à nouveau.

« Qui va là !?
— Je n’ai aucune idée de qui tu es, mais tu me sembles bien jolie, lança la voix glaciale en dévoilant son visage.
— Oh, des brigands, soupira la mère, rassurée.
— Ca n’a pas l’air de te déranger. Tu as pourtant laissé ta famille seule près de ton véhicule. Qui transporte sûrement des choses intéressantes.
— Ma… quoi ? »

La femme scinda le brouillard en pointant son épée vers le visage de l’homme menaçant. S’il avait touché à un seul cheveu de Liesel ou d’Eryck, il était mort.

« MAMAAAN ! »


Ce cri parcourut le corps de Cläre dans son intégralité, glaçant son sang en un instant. Ses yeux se teintèrent d’un rouge vif de vengeance. La mage baissa son épée, le corps encore frêle. Pourtant son regard seul aurait suffi à tuer une armée.

« Vous avez commis trois erreurs.
— Ah oui ? Tu ne cours pas sauver ton petit ? Il avait l’air mignon, il rapporterait gros sur le marché des enfants.
—La première, vous m’avez plongée dans la brume. »

Cläre disparut soudainement du champ de vision de l’adversaire. Elle venait de dissimuler son corps dans le brouillard de l’adversaire. Mage de la neige, sous des formes bien variées… L’homme comprit à cet instant la première erreur qu’il venait d’effectuer.

« Vous avez… menacé mon fils. »

Le brigand sentit un courant d’air se mouvoir près de lui, si bien qu’il en recula de quelques pas. L’instant d’après, il sentit une vague de froid parcourir chacun de ses organes.

« Enfin… Vous m’avez éloignée. Il ne peut pas voir ce que je m’apprête à vous faire. »

L’homme regarda son ventre perforé par la lame de Cläre, qui avait déjà disparu. Ce n’était que le début d’une longue souffrance.

Liesel ne put percevoir que des cris épars, pour observer quelques instants plus tard sa mère surgir dans un jet de neige pour jeter au sol l’agresseur. Elle menaça de son épée ensanglantée le voleur qui avait assommé son mari et menacé son fils.


« J’épargne votre vie car je refuse que mon fils voie ce que j’aurais aimé vous infliger. Partez. »


L’homme disparut aussitôt. Cläre réveilla Eryck avec quelques claques bien senties, tandis que Liesel sécha ses quelques larmes. Il avait mis peu de temps à retrouver le sourire. Il avait beau être renfermé, il était optimiste et joyeux. Le voyage put reprendre. Le chariot eut un peu de mal à rouler sur le tas de neige qui n’était autre que les restes dissimulés de l’adversaire de Cläre. Personne ne saurait jamais qu’elle avait sectionné quelques veines pour geler son sang jusqu’au cerveau. Le brouillard s’était dissipé totalement, le vent était revenu, pourtant, dans un élan altruiste, Cläre s’était décidée à faire profiter le convoi de sa magie.

———

« Liesel, tu me fais peur, ça fait huit minutes que tu n’as pas cligné des yeux !
— Ah ! »

Sirius me tira de ma torpeur. Je clignai des yeux rapidement pour les hydrater et observai à nouveau la fumée qui s’échappait de ma boisson chaude. Je vivais un de ces moments étranges, ceux où l’on réalise que l’on était perdu dans nos pensées sans être capable de se rappeler quoi que ce soit… Je repensai à ma mère enlevée. Je souris à Sirius, comme pour l’inviter à me parler.

« Tu sais ce dont tu as besoin ? De voir du monde et une petite mission, histoire de penser à autre chose en attendant. »


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Liesel Engelwald
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Jeu 08 Juin 2017, 00:20
         
Comme c’est meugnon ! De l’enfance, de la naïveté, du meurtre ! S.

Les 250 points du rang S se couplent aux 250 points d’une histoire, parce que c’est toujours pareil m’vois.

Quant aux points de base donnés par les 108 lignes, ils s’élèvent à... 1080 ! Eh oui monsieur !

Les bonis maintenant :

♦ Je... C’est... MAIS C’EST LA PERFECTION ! Par le doux fessier de Lucifer, enfin !

♦ Cohérence 100, je répète, cohérence 100.

♦ Originalité 15 car tu es le premier à faire un flashback. Tu peux faire un vœu. Après, rien ne dit qu’il sera exaucé...

♦ 150 points d’histoire car tu approfondis le personnage de Liesel (coquinou).

♦ Rendu, comme d’hab’, 100 sur 100.

♦ Humour, bah... Y a Cläre. Donc à partir de là... 100 aussi pour la mère – presque – indigne, tiens !

♦ Et 295 points en rédaction car les tournures sont très bien dans l’ensemble mais que je ne peux cautionner le « tchip » entre petites étoiles ~ Même si j’aime beaucoup les petites étoiles et les tchips.

Tu obtiens avec ce jouli petit textounet d’amour et de sang, 2340 points, arrondis à 2400 grâce au TANT ATTENDU bonus perfection !




Fiche du mage
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Nina Andersen
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Ven 11 Aoû 2017, 19:58
         

Incipit

~ Partie II ~



 Introduction


« Les enfants, voici votre nouveau camarade. Présente-toi à ta nouvelle classe, Liesel.
— J… »

Le petit garçon restait muet, paralysé par la peur de faire face à autant de monde. Il ouvrait sa bouche, pourtant aucun son n’en sortait, qu’importait les efforts qu’il employait à se faire entendre.

Tous le fixaient, le jugeaient. Dans la classe, pas une seule tête n’était dirigée ailleurs, même les murs semblaient le regarder et se resserrer autour de lui, comme sa gorge qui restait nouée.


« Allons Liesel. Quand on ne sait pas citer son nom, c’est qu’on est rien. Qui es-tu ? Sais-tu seulement ce que tu viens faire à Bosco ? »

Un nuage noir avait enrobé la pièce, ainsi que les silhouettes des élèves dont on ne distinguait que le sourire et les yeux affutés. Liesel s’assit en boule, oppressé, faible, inférieur aux autres qui devenaient de plus en plus grands, alors que le petit garçon était désormais tout nu devant sa classe.

Ils riaient, se moquaient. C’était un étranger, un gamin, un bon à rien, il ne méritait même pas de rejoindre cette école.

Les murs devinrent noirs puis se parurent de neige, celle d’Iceberg. Il reconnaissait cet endroit, c’était chez son oncle. La maison où il avait grandi, devant lui dévorée par les flammes.

Leoni.

Il entendit une voix lui répéter ce nom, une voix terrible, menaçante, imposante, cette même voix qui donnerait la mort à ce petit garçon dans l’instant qui suivrait le jugement de sa famille. Maman, papa, tonton…

Liesel était désormais seul, flottant au cœur des ténèbres. Un noir absolu dans lequel il lévitait, faible et incapable du moindre mouvement.

Au loin, à travers le voile mauve qui l’entourait, il aperçut une faible lumière dorée, réconfortante mais fugace. Elle murmura un mot, qu’il ne compris pas, avant de s’évader dans la brume, laissant comme seul souvenir des bruits de pas rapides.


Helheim.


---


 Course !


Ces bruits de pas, Cläre les entendait aussi. Elle courait à travers la maison, pressée par le temps : Liesel était en retard pour l’école et c’était la troisième fois cette semaine !

« LIEEEEEEEEEEESEEEEEEEEEEEEEEL !!! » hurlait-elle à tout va.

Tel un boulet de canon, elle traversa la paroi de la bibliothèque pour courir sur le pont menant aux chambres. Soulevée par une colonne de neige d’une violence effrayante, elle défonça la fenêtre de la chambre du petit, dégainant son épée vigoureusement vers le visage du jeunot, qui se réveilla sous la menace.

« En retard, soldat !
— Mamaaan… J’ai encore fait un cauchemar… »

C’était récurrent chez cet enfant. Son père s’en était beaucoup inquiété, du fait de sa magie lié aux histoires et, chaque soir, il lui en lisait une à la fin heureuse. Cela avait marché quelques temps, mais de nouveau, Liesel faisait le même genre de cauchemar tous les soirs.

« Tu veux voir un truc rigolo ? » s’amusa la mère en rangeant son épée.

Elle tourna sur elle-même, cachée par un tourbillon blanc, révélant tout à coup un énorme bonhomme de neige au sourire grotesque. Il gigotait dans tous les sens, portant la voix de Cläre qui était cachée dessous.

« Je suis l’esprit des neiges et si tu es en retard à l’école, je vais te maaaaaangeeeeer ! »

Après un cri amusé, le petit albinos fila jusqu’à la cuisine pour prendre son petit déjeuner. En moins de quatre minutes, il fut prêt à partir.

Pendu à sa mère qui glissait sur des traits de neige qu’elle créait, le duo se rendit au village en quelques minutes. Les villageois connaissaient tous ce spectacle de magie du capitaine Engelwald en retard pour son service.

La maîtresse d’école fermait doucement la porte, quand une trainée immaculée fila à travers la salle, faisant délicatement glisser le petit Liesel, qui passa de justesse avant que la porte ne se ferme, sous le regard dépité de l’institutrice.

Pile à l’heure.


« Elle va tous nous rendre fous… » pensa la maîtresse.

 Présentation


Tels étaient les matinées des Engelwald depuis qu’ils avaient emménagé à Bosco, dans ce petit village de seulement quelques centaines d’habitants. Tous connaissaient Cläre désormais, qui avait gravi les échelons en un rien de temps, jusqu’à devenir Capitaine.

Eyrick était aussi connu pour la bibliothèque qu’il avait rénovée, un peu plus loin. L’école y allait d’ailleurs une fois par mois, afin que les jeunes y empruntent les livres dont ils avaient besoin.

Enfin, Liesel était à l’école. Tous les matins pile à l’heure car levé trop tard par une mère maladroite, il avait réussi, malgré sa timidité, à se faire un ami : Ullis.

Ullis était un gentil garçon, téméraire et avec un bon caractère. Malgré ses mauvaises notes et son comportement parfois insolent, il était très apprécié de la plupart des villageois. Son père était un ami de Cläre, car lui aussi un puissant combattant, malheureusement trop souvent absent pour s’occuper de son fils.

Cela n’empêchait pas le petit brun d’admirer son paternel dans le but de devenir lui aussi un grand guerrier, au plus grand désespoir de sa mère et de ses camarades, devant supporter ses cris intempestifs.


« Bien, maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer la leçon. Oh ! Non ! J’ai failli oublier ! »

La maîtresse ouvrit la porte et laissa entrer un jeune homme aux cheveux noirs, du même âge que les deux amis.

« Eh, psst ! Liesel !
— Qu’est-ce qu’il y a, Ullis ?
— Tu crois que c’est un nouvel élève ?
— Je ne sais pas…
— Hum hum, les bavards ! Bien. Nous accueillons aujourd’hui un nouvel élève dans notre classe. Je vous demande d’être gentils avec lui. Présente-toi.
— Je m’appelle Ivan Chester, dit-il clairement d’une voix grave et plate. Je viens de Stella. »

Le silence se leva pour laisser place aux murmures des enfants : « Chester, comme le mage noir ? » ; « Stella ? Mais c’est la guerre, ce sont les ennemis ! » ; « Vous croyez qu’il est méchant lui aussi ? ».

Ivan était mature, il savait qu’il provoquerait cette réaction. Il partit s’asseoir au fond et le cours put commencer lorsque le calme fut revenu.


---


« Capitaine ! Vous êtes encore presque en retard…
— Oui, ça s’appelle être à l’heure, mon chou. Allez, au boulot. Nous devons établir avant ce soir le nouveau roulement des gardes… Ce Croque-Mitaine ne nous échappera pas bien longtemps… »

Cläre posa ses deux mains sur la table, devant tous les soldats assis en cercle. Un plan était dessiné et l’on voyait des pions d’échec éparpillés à travers la ville, tous détachés de leur symbole originel, symbolisant chacun un soldat en position pour attraper le Croque-Mitaine, ce mage noir bien connu de la population depuis quelques jours…

Elle avait beau ne pas le montrer, elle s’inquiétait beaucoup de Liesel. Il était incapable de se défendre. C’était quelque chose qu’elle avait rapidement appris à faire : se battre. Dans sa famille, c’était elle qui protégeait son frère, même si c’était surtout elle qui provoquait aussi les ennuis.

Après tout, c’était grâce à son style de combat assez exotique pour Bosco qu’elle passa rapidement les grades du village. L’ancien capitaine, assurément trop âgé pour combattre, l’appréciait beaucoup.


« Capitaine, que pensez-vous d’utiliser un appât pour l’attirer ?
— Tu as souvent des idées brillantes toi, mais j’ai souvent peur des risques à prendre, et pourtant je suis loin d’être froussarde… Tu ne comptes quand même pas utiliser un enfant ?
— Si on les regroupait sous notre garde, il aurait forcément besoin d’entrer dans les mailles du filet.
— Et les enfants !? Le traumatisme… et puis la panique dans la population, on ne peut pas.
— Non… Nous ne pouvons pas les mettre en danger. Il pourrait en profiter pour faire un tir de masse. Je refuse. »

Malgré Liesel, elle considéra tout de même l’idée. Il était vrai qu’il valait mieux risquer de perdre un enfant et tous les garder saufs, que de vouloir se priver des risques et les confronter, de fait, au danger. Mais elle ne pouvait pas utiliser des innocents comme appâts !

---


Dans la cour de l’école, tous avaient leurs goûters. Ullis et Liesel partageaient souvent le leur. L’albinos était content de s’être trouvé un copain. Paradoxalement, Ullis était bien trop stupide pour juger qui que ce fût, il avait ainsi accepté Liesel et sa timidé… qui avait au final été le seul à bien vouloir jouer avec le cancre de la classe.

Ivan quant à lui restait seul dans son coin, une simple pomme pour se nourrir.


« Salut ! Hé, je te pensais pas si doué en math, moi j’y comprends rien… Je sais pas comment tu fais, haha !
— Bonjour, fit-il après un court silence. Il suffit de réfléchir… je pourrais t’aider.
— C’est vrai !?
— Tu n’as pas peur du fils du Croque-Mitaine ?
— Bah non ! Pas vrai Liesel ? Si tu étais méchant, tu ne viendrais pas à l’école et tu ne m’aurais pas répondu. Tu n’aurais même pas accepté de m’aider !
— Mpf (il dissimula un sourire, pourtant visible) tu as sûrement raison. Je n’ai rien à voir avec mon père, à vrai dire, il a déraillé depuis qu’il a trouvé ce livre. Il a disparu de la maison depuis plusieurs jours, alors je reste seul avec ma mamie… Il est devenu complètement fou… Au point d’enlever des enfants.
— Ca doit être dur…
— Je ne l’aime pas. »

Voilà comment la naïveté d’Ullis l’amenait à faire des rencontres. En quelques minutes, l’âne s’était fait un nouveau camarade, ce même individu qui avait réussi à soutirer quelques phrases à Liesel. Il l’avait cerné en un rien de temps, deviné ses centres d’intérêts cachés, qu’il partageait. Un trio s’était formé.

Ivan // Liesel // Ullis:

---


 Opération secrète


Deux nouvelles disparitions avaient eu lieu en quelques jours. Cette fois-ci, l’armée allait mettre en place l’opération suggérée. Les enfants ne disparaissaient que la nuit, jamais la journée ni même le soir. Seuls ceux qui trainaient dehors avaient été victimes de ce mage noir.

« Tu es sûr que c’est une bonne idée ? s’inquiétait Eyrick.
— C’est dangereux. Mais imagine un instant que Liesel perde un de ses amis, pire, qu’il disparaisse à son tour ? Depuis qu’ils se sont trouvés, il ne fait plus de cauchemars… Il est heureux à Bosco maintenant, alors si le mettre en danger est le seul moyen de le sauver et faire perdurer ce bonheur, je le ferai.
— Laisse-moi t’aider…
— Tu sais que je ne peux pas. Nous avons des renforts d’autres villages, même la capitale a fait venir un commandant pour diriger l’opération une fois qu’elle sera lancée. Toute la ville est quadrillée.
— En civils, j’imagine ?
— Bah oui, j’ai beau être bête je ne suis pas stupide non plus, Eyrick. »

Ce que Cläre ne savait pas, à cet instant, c’était que Liesel et ses amis, dans le jardin, composaient leur propre opération, visant à capturer eux-mêmes ce mage noir surnommé Croque-Mitaine. Ullis s’était entraîné aux armes, il était même plutôt doué. Quant à Ivan, il répétait sans cesse qu’il gardait son atout secret pour la confrontation.

Liesel quant à lui n’avait rien. Ni force, ni pouvoir, ni courage. Pourtant il se lança dans cette aventure, timidement curieux à l’idée de voir un vrai criminel. Il voulait aussi aider sa mère, qui paraissait inquiète depuis quelques jours. Ce n’était pas dans ses habitudes.


« Voici le plan, commença le plus sérieux. Vous savez que l’école organise un spectacle nocturne demain.
— Bah oui idiot, on y joue !
— C’est ma maman le personnage principal…
— Après l’entracte, aucun de nous trois n’avons de répliques. Nous allons en profiter pour nous éloigner de la scène. Mon père ne résistera pas à la tentation de nous capturer. S’il est aussi fou que ce que je pense, il ne me reconnaîtra même pas. Quand il nous verra, nous lui tendrons une embuscade puisque nous savons nous battre !
— Je ne sais pas me battre… »

Si ça tournait mal, ce serait à lui d’aller chercher de l’aide. Le trio n’était pas à l’abri que quelque chose arrive… Le soir du spectacle se rapprochait alors que les heures avançaient, la nuit était passée pourtant Liesel n’avait fait que fixer la pleine lune à travers la fenêtre, incapable de trouver le sommeil. Sa peur, teintée d’excitation, l’avait empêché de dormir.

---


 Le soir du spectacle


Tam tam tam tam tam tam tam tam tam tam tam tam… Tam. Tam. Tam.

Le rideau se leva devant les parents et les enfants. Le silence solennel fut délicatement rempli par la musique qui joua depuis les appareils disposés autour de la scène. Le spectacle nocturne pouvait alors commencer.

Éclairée par un faux soleil lumineux, une femme s’avança devant le public, regardant autour d’elle avec confusion. Les froufrous de sa robe volaient quand elle se retournait et l’actrice jouait de cet effet pour montrer la légèreté d’esprit du personnage.


« Ô ! Quel est donc cet étrange lieu ? déclama le personnage en tendant la main. Serais-je donc perdue pour toujours ? Malheur… »

Cläre se mit à genoux pour pleurer. Ce fut alors que des bruits de pas retentirent et révélèrent un petit albinos aux oreilles blanches, cachant derrière lui une petite queue touffue.

« O-Oh non… Je suis en… retard… s’essayait Liesel en courant dans tous les sens bruyamment sur le plancher de la scène.
— Un lapin ?
— En retard… Je ne peux pas être en retard, la reine v-va me décapiter…
— CESSEZ DE DIRE DU MAL DE NOTRE CHÈRE REINE ! EN TANT QUE CAPITAINE DE L’ARMÉE DE BOSCO, JE NE VOUS LAISSERAI PAS PROFÉRER DE TELLES INJURES ! »

Cläre dégaina l’épée cachée sous sa robe et menaça le petit lapin, touchant du bout de sa lame le petit cou de l’enfant. Liesel tomba sur les fesses. Tout ceci faisait-il partie du spectacle ? Les spectateurs se le demandaient – à raison.

« Mais non, la r-reine de cœur, répondit le lapin. Suivez-moi, nous sommes en retard…
— Cette reine m’attend ? Quel étrange endroit, je ressens une grande énergie magique. Où ai-je donc atterri ? Il semblerait que je sois dans un autre monde, monologuait Cläre, dont le personnage était ni plus ni moins qu’elle-même.
— P-Par ici… heu… par là… »

Mimant de se dépêcher de retrouver la reine, le duo mère/fils se trouva face à deux enfants poussant un petit chariot, sur lequel se tenait debout la reine de cœur.

« P-Pourquoi êtes-vous en retard, lapin ? D-Désolée…
— En retard, en retard, toujours en retard… Mais j’ai la criminelle ! Nous pouvons commencer le tribunal… euh… le procès. »

L’élocution de la petite Flan et de Liesel laissait à désirer, mais la situation faisait rire le public. Leur capitaine prisonnière d’un autre monde, accusée d’un crime dont elle n’avait même pas connaissance.

« USURPATRICE ! VOUS NÊTES PAS LA REINE ! protesta l’héroïne.
— D-Désolée ! C-Comment osez-vouuuus… je suis la… la… je suis la… reine de cœur ! Coupez-lui la tête, pardon… »

 Exécution



Les deux hommes de main, qui poussaient le trône, n’étaient ni plus ni moins qu’Ivan et Ullis. Les deux garçons sortirent leurs armes en bois et s’élancèrent vers la condamnée.

« Comment !? »

Cläre et les garçons combattirent alors dans des mouvements répétés, lents et précis. Les épées s’entrechoquaient à intervalles réguliers, Cläre faisait mine d’être en difficulté face aux deux soldats de la reine de cœur. L’un d’eux, Ivan, s’arrêta et s’adressa à son adversaire.

« Capitaine ! Que diriez-vous de montrer ce dont vous êtes vraiment capable !? »

Tous les acteurs se retournèrent vers le garçon, indiquant à tout le monde que cela n’était pas prévu. Le sourire et le regard d’Ivan montraient très clairement qu’il était sérieux. L’héroïne hésita, puis brandit son épée, en position de combat.

« En garde ! »

Ivan jeta son arme en bois et ouvrit ses deux mains. Un éclair noir jaillit entre celles-ci et une petite faux apparut pour parer l’attaque ascendante que venait de porter la capitaine.

« Faites face au général de la reine de cœur ! improvisa Ivan, sous l’étonnement de tous.
— Ainsi ici aussi il a des adversaires de taille. » poursuivit Cläre, ravie d’avoir un peu d’action.

Un petit brouillard entoura la scène, alors que la neige tombait lentement. Quelle bonne idée que de montrer aux habitants les pouvoirs de leur capitaine.

Ivan fit tourner sa faux qu’il lança comme un disque à la poursuite de son adversaire. Elle trancha alors une boule de neige apparue devant lui, libérant une bourrasque qui souffla le jeune garçon.


« Hechizo ! »

L’enfant, paré d’une aura noire qui renforçait sa force au dépend de ses défenses, se jeta sur Cläre et brisa sa lame d’un coup de poing.

« Quel mauvais forgeron, s’exlama Cläre en invoquant un geyser de glace qui fit voler Ivan.
Cuervo ! »

Un trait de lumière noire se dessina entre le garçon et le plancher, passant avec précision par le cœur de Cläre. En une décharge électrique, Ivan avant circulé à travers l’espace, à travers Cläre, emportant sur son passage un peu d’énergie vitale.

La mage posa un genou au sol, surprise par cette attaque qui avait beaucoup de mérite pour une jeune comme lui.


« Je vois que les laquais de la reine de cœur ne plaisantent pas. Schneegestöber !
Abrigo ! »

Un violent tourbillon s’abattit sur le jeunot, enfermé dans sa boule d’énergie noire. Après une explosion de neige, il resta allongé sur le sol, affaibli par cette attaque que Cläre n’avait pas modérée.

« Rendez-vous ! imposa Cläre de manière autoritaire, si bien que tous se demandaient si elle jouait encore.
— P-… Pour la reine… sourit Ivan. VENGANZA ! »

 Exécution


Une étincelle noire brilla dans l’œil du capitaine, qui laissa échapper un cri déchirant, témoignant d’une douleur réelle. Cläre tomba à genoux, la peau scarifiée de veines noires qui disparaissaient lentement.

Elle se releva tant bien que mal, de même qu’Ivan, tous deux épuisés et gravement blessés. Dans le public, on entendait les voix s’élever : « Battue par une enfant ? Qui va arrêter ce criminel ? Je le savais, ce n’est qu’une bonne à rien douée à tout détruire. »


« J’ignorais que le chapelier maîtrisait la magie noire, souffla la mère, à présent méfiante du garçon blessé.
— Puissante magie, n’est-ce pas ? se vanta Ivan en ajustant son béret. Telle est la sanction de la reine de cœur, improvisa-t-il.
— Je tâcherai d’éviter son courroux. »

La pièce put reprendre. Cläre était certes censée perdre ce combat, mais certainement pas de cette façon. Les décors sur scène changèrent et les trois garçons purent s’évader en direction de la forêt.

« Tu maîtrises la magie, Ivan !?
— Tu l’as bien vu, Ullis. Et je compte bien me servir de ça pour arrêter mon père.
— Il t’a appris ? demanda Liesel.
— Quelques sorts, oui. Mais il s’agit de magie noire…
— Pourquoi tu as blessé ma maman ? insista Liesel, en colère.
— Je ne pensais que ce sort-là était… si puissant. Il retourne les blessures reçues à celui qui les a causées. Je voulais l’impressionner, pas la mettre à terre… Désolé. »

Le trio continuait son chemin vers la forêt. Le mage semblait sentir quelque chose provenant du fond de celle-ci, une énergie qu’il connaissait. Liesel, quant à lui, s’était procuré un arc. Son oncle Oswald lui avait justement appris à s’en servir correctement avant qu’il arrive dans cette ville.

La brume blanche émanant des branches noires rendait l’atmosphère effrayante, comme un cliché de roman. Liesel se cachait derrière Ullis.


« Il approche, je le sens.
— J’ai peur…
— On te protègera, Liesel. Quoiqu’il arrive, on te protègera.
— Ullis… »

Des bruits de pas retentirent derrière les arbres, un homme marchait en direction de la ville en sifflotant, s’arrêtant parfois pour rire et marmonner. Il remarqua bien rapidement les enfants, en position de combat.

« Tiens, qu’avons-nous là. Ne serait-ce pas mon traitre de fils ? Oooh… Peut-être pas si traitre à ce que je vois. Tu m’as apporté un albinos ! »

Liesel sursauta en collant son visage contre le dos de son camarade.

« Je suis venu te stopper ! Tes rituels t’ont rendu fou, tu ne vis que pour ce livre, tu as déjà pris tellement de vies… Je veux t’arrêter !
— Tu ne comprends pas ? J’ai presque fini ! Ce démon sera bientôt libre ! Je pourrais enfin recevoir sa puissance et il se servira de mon corps comme hôte pour accomplir ses méfaits ! Desdemona sera libre ! Sais-tu ce que cela signifie ? Non, bien sûr que non. Tu n’es qu’un idiot, si je n’avais pas couché avec cette prostituée ce soir-là, jamais je n’aurais eu ton poids à porter.
— Grr… Je vais t’arrêter ! »

Sa petite faux apparut entre ses mains et il se rua vers l’homme, qui le balaya d’un coup de bras contre un arbre. Il avança vers Liesel en souriant. C’était justement le genre de garçon qu’il lui manquait.

« Je vous interdis d’approcher de Lies-GAH ! »

Propulsé par un éclair noir, Ullis vola contre un arbre et tomba inconscient. Liesel n’avait même pas la force de tenir son arc entre ses mains.

« Tu vas me suivre… Bien sagement. »

Soulevant l’enfant trop terrifié pour se débattre, le Croque-Mitaine partit à toute vitesse vers son repaire. Après seulement quelques pas, une femme blessée s’avançait doucement en travers de sa route. Ses cheveux blancs s’écartèrent avec le vent froid qui soufflait pour révéler son visage.

« Maman !
— En tant que capitaine de l’armée de Bosco, je vous arrête pour enlèvement d’enfants. En tant que mère… je vous condamne à mort. »

 Exécution


Une neige venue d’ailleurs se réunit et une épée apparut entre les mains du capitaine. Un blizzard soufflait dans le bois sombre, éloigné de la population, là où les deux mages allaient s’affronter sans retenue. L’homme lâcha le petit, qu’il enferma dans une cage de foudre noire.

« Je te laisse-là mon petit, ta maman et moi avons quelques affaires à régler.
—Liesel, je n’en ai pas pour longtemps. »

Elle fila dans le vent pour tailler le torse du mage noir avec son épée gelée. Celui-ci ne bougea pas. Cläre s’immobilisa, sur la défensive, devant le rire du criminel.

Derrière elle, Ivan se relevait difficilement.


« Si vous le blessez… il utilisera le sort… qui vous a battue tout à l’heure… »

Elle l’avait compris, chaque blessure qu’elle infligeait était une automutilation, et elle n’était pas dans ses meilleures conditions, avec le combat contre le petit. Tant pis, pensa-t-elle, si cela pouvait sauver son fils.

« Hechizo ! »

Entouré de son énergie noire, le malfrat déracina un petit arbre qu’il jeta sur la soldate. En quelques pas agiles, elle déchira le tronc, disparaissant dans la poussière soulevée pour jeter une boule de neige géante.

La déflagration de la bombe disparut sous les éclairs noirs que l’homme dirigea vers la femme, sans qu’elle ne put le voir.


« Abrigo ! »

Cria Ivan, devant elle, déployant un mur d’énergie qui absorba l’attaque. Celui-ci sortit à nouveau sa faux et se jeta sur son père. Cette-fois ci il passa sous son bras, assénant avec vigueur un coup qui propulsa l’homme contre un arbre.

À peine put-il se cogner le dos qu’une explosion glacée le souffla jusqu’à la clairière.


« Tss, je ne laisserai pas une bonne femme arrêter les plans de Desdemona ! »

Amplifiant l’énergie obscure qui le possédait, il se jeta contre Cläre, qui se défendit d’un coup d’estoc, malheureusement raté. Il se tourna et un coup de pied expulsa la mère, qui s’étala contre le sol.

« Gah… Weisszähne ! »

Remettant les pieds sur terre, elle prononça un sort qu’elle était sûrement la seule à connaître. Rapidement, les deux loups de neige qu’elle avait créés furent détruits, mais il avait laissé une ouverture dont elle put profiter pour tailler en croix le dos du kidnappeur.

Ce fut son tour de rouler sur le sol.


« Haha, Cuervo ! »

Un trait noir traversa le cœur de Cläre, mais celle-ci savait, à présent. D’un clignement d’œil, elle abattit son épée sur l’éclair avant qu’il ne la parcoure, révélant le corps blessé de l’homme.

« Si rapide… »

Elle s’éleva d’un saut, entourant son corps d’un nuage de glace, fondant subitement sur l’adversaire, perforant son torse comme la foudre. Cläre glissa puis revint aussitôt, donnant à sa neige l’aspect mordant du froid d’Iceberg, littéralement. Des marques de crocs se dessinaient sur la peau du criminel, alors que l’épée déchirait les lambeaux encore intacts.

« Rendez-moi mon fils !
— Attention ! »

Ivan vit le sourire en coin de son père, qui hurla le nom de l’attaque qui, pour sûr, achèverait Cläre, déjà blessée : Venganza.

Elle ferma les yeux, pourtant ce ne fut pas elle qui cria, mais le criminel lui-même, une petite dague dépassant de son estomac. Ullis se tenait derrière lui, en héros.


« P-… Petit… imbécile… »

Dans ses dernières forces, le Corque-Mitaine libéra sa puissance et foudroya Ullis par vengeance des coups reçus, punissant l’audace du gamin d’avoir participé à ce combat d’adulte. Ullis n’hurla pas, pas plus qu’il ne put émettre le moindre son, transcendé par la douleur.

« Ullis ! cria Cläre avec Ivan.
— Je… l’ai… proté…
— Ivan, cours chercher le commandant et des guérisseurs ! Nous devons faire quelque chose ! Je m’occupe de ce monstre…
— Non… Je dois terminer ce combat et mettre un terme à ses rituels morbides. Vous avez vu de quoi je suis capable. »

Sans attendre la réponse de la mère, il se releva pour faire face à son père, faible, tenant à peine debout.

« Alors tu es bel et bien un traitre… Tu es celui qui met un terme à mes recherches… Ah, Ivan… Ce que l’on aurait pu accomplir, ensemble… Desdemona voulait nous l’offrir… La Source du Feu, forge des Hommes…
— Je n’ai que faire de ce pouvoir. »

Comme s’il ne s’agissait que d’une mouche, il acheva ses souffrances, laissant le cadavre étalé sur le sol, sans montrer le moindre état d’âme. Au fond, il était déçu… De tels actes pour un simple grimoire. Tant d’enfants sacrifiés pour un fantasme de fanatique. Il méritait bien cela, se disait-il. Pourtant une part de regret subsistait, les souvenirs de sa petite-enfance heureuse le fit pleurer. Ce n’était qu’un gamin, après tout.

---


 Exécution


« Liesel ! Oh, mon fils, tout va bien ? Dis-moi que tout va bien ! »

L’albinos ne répondit pas à son père. Un meurtre, son ami dans le coma, sa mère combattre avec férocité… Que de visions ayant touché sa psyché, si bien qu’il restait affreusement silencieux.

« Il est sous le choc… souffla Cläre, coupable.
— Oh seigneur…
— Tu penses que tu pourrais… enfin… tu seras probablement contre…
— Quoi !? Utiliser les pouvoirs de l’Ancien !? J’ai beau être chef du clan, ça ne me donne pas le droit d’en abuser !
— En abuser !? Mais c’est ton fils !
— Je sais, mais…
— Tu préfères qu’il soit traumatisé à vie, qu’il reste comme ça !? Qu’il finisse par devenir un tueur ou je ne sais quoi d’autre !?
— Évidemment que non ! hurla Eyrick. Mais j’ai peur qu’effacer sa mémoire ne résoudra rien… Nous devons l’aider, par effacer le problème.
— Évidemment… Mais comment comptes-tu faire ? Je refuse de rester immobile et le regarder se murer dans son silence. Hors de question.
— Maman… murmura l’enfant. Je veux rentrer à la maison. »

Iceberg, voilà ce qu’il voulait dire. Chez son oncle, là où ses meilleurs souvenirs étaient, son amitié avec Ullis écrasée par le père d’Ivan. Il voulait l’air frais sur ses joues, pour s’enrober dans la couverture devant le feu, il voulait être avec ses parents et son oncle…

Les deux adultes se regardèrent fixement, inquiets. Pendant un instant, les rôles semblaient inversés : une Cläre surprotectrice et un Eyrick prônant l’autonomie.

Finalement, elle finit par avoir raison de son mari : quelques jours plus tard, voyant que le garçon n’était toujours pas revenu à lui-même, il n’eut plus aucun souvenir des événements. La famille était en route pour Iceberg, afin d’y passer la fin de l’année jusqu’à l’été prochain. Oswald les accueillerait avec joie, pour le plus grand plaisir du petit garçon, à nouveau souriant.

Ullis s’en était sorti, avec quelques blessures et un long temps de convalescence, mais il avait réussi à accomplir son acte héroïque et il en était très fier. Ivan quant à lui avait disparu, sûrement avait-il décidé de commencer une nouvelle vie, où le souvenir de son père n’aurait pas d’influence.


Bonus : Liesel et Cookie, le chien mentionné dans la première partie:


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Jeu 26 Oct 2017, 14:49
         
Correction time !
Tatatan, S, tatatatan – libre à toi d’inventer un air –, donc 250 points !

Histoire de 250 points initiaux, par ailleurs oui mais donc.

Et en guise de glaçage, 2640 Æthernanos de base.

Concernant les boni attribués à ce p’tit flashback des familles :

♦ Toujours pas de perfection, scrogneugneu !

Récapitulatif des fautes pour les réclamations:
« Qu’importait les efforts »
« On est rien »
« Sa magie lié »
« Tels étaient les matinées »
« Laissait à désirer »
« Il a des adversaires »
« Une jeune comme lui »
« une enfant »
« Traitre » x2
« Le fit pleurer »

♦ Pour la cohérence, je me vois obligée de reprocher, soyons honnêtes, la surpuissance d’Ivan. Par ordre d’importance, l’on a d’abord son attaque Vengenza, qui n’aurait jamais dû faire autant de dommages à Cläre au vu de ceux qu’elle a infligés au petit. Mais surtout, son déplacement éclair aspirant l’énergie vitale. Sérieusement ? Non, non. Même Hendrik, rang SS voire SS+, a du mal à passer outre les difficultés de son déplacement électrique.

Je n’attribuerai que 10 points de cohérence, donc, pour le reste des éléments, c’est-à-dire l’histoire de Liesel et le personnage de Cläre.

♦ 30 points d’originalité, en revanche ! Pourquoi ? Eh bien, remercie la pièce de théâtre ! En soi ce n’est pas fabuleusement original, pas plus que l’œuvre de laquelle est tirée l’inspiration, mais tu es le premier à le faire, donc bon. J’ai décidé d’être altruiste.

♦ 150 points d’histoire car le flashback développe le passé de Liesel une fois de plus et implique les éléments suivants : Desdemona et la Source du Feu.

♦ 100 rendu – tiens.

♦ 150 points d’humour attribués à... Surprise ! Cläre ! Comme c’est étonnant, comme personne ne s’y attendait !

♦ Et on termine avec 240 points de rédaction. Quand même pas mal de fautes facilement évitables... Mais tout de même.

On obtient avec tout ce tintouin un total de 3820 Æthernanos !
by Nina



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Nina Andersen
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