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Incipit - L'enfance de Liesel

Ven 05 Mai 2017, 23:42
         

Incipit

~ Partie I ~




« Liesel, tu es prêt ? Liesel !? Li-… J’y crois pas, il s’est rendormi ! LIESEL !!! »

Le petit garçon sentit la maison trembler autour de son petit lit et trembla à son tour. Il ouvrit les yeux et vit sa tyrannique mère qui venait le réveiller. Il réfléchit un instant aux raisons d’un tel séisme, puis se rappela que c’était le jour du grand départ.

Le jeune Liesel se leva sans dire le moindre mot, s’assit à la table et but son verre de lait, en face de son père qui lisait. Cela faisait des années qu’Eryck possédait ce livre qui pourtant ne montrait aucune lettre, il était parfaitement vierge. Le jeune albinos avait un jour posé la question : pourquoi lisait-il en boucle un livre parfaitement blanc ? Le père ne sut donner une réponse satisfaisante pour le jeune garçon curieux : il cherchait quelque chose. « Tu cherches quoiiiiiii ? » avait répondu le petit, sans que le père ne pût réellement savoir lui-même ce qu’il cherchait.

Ce matin, c’était le matin du grand départ, un jour que Liesel redoutait malgré lui. On lui avait dit que tout se passerait bien, maintes et maintes fois, pourtant, du haut de ses presque six ans, il était terrifié à l’idée de quitter sa terre natale : Iceberg. Tout ceci avait été décidé si vite…

Trois jours auparavant, des hommes étaient entrés par effraction dans la maison d’oncle Oswald, où toute la famille vivait. En rentrant de leur promenade, les Engelwald y trouvèrent des menaces de mort destinées à Cläre, sur chacun des murs. Ce fut immédiatement que la décision de partir s’était imposée au petit garçon, qui voulait rester chez son oncle.

La maison d’Oswlad était jolie. Situé à une altitude bien particulière, il n’y faisait pas excessivement froid et accéder à ce petit plateau n’était pas chose aisée. Liesel aimait cet endroit pour cela, il pouvait jouer en toute sécurité, puisque même les loups qui trainaient parfois étaient paisibles si oncle Oswald n’était pas loin. Il était né là et s’imaginait y rester pour toujours, naïf, sans penser un seul instant que le monde s’étendait sur des distances colossales au pied de cette petite montagne.


Maison d’Oswlad:

« Maman, regarde ! J’ai fait un oiseau !
— T’as fait ta valise ?
— Cläre… Très bel oiseau, Liesel. Et si tu essayais de le faire voler ?
— Voler vers la valise qu’il n’a pas faite.
— *Tchip*. »

L’enfant, ne maîtrisant pas du tout la magie, lança l’oiseau dans les airs avec un geste expérimenté. Une flèche traversa soudain l’air avec une telle précision que l’oiseau se trouva tout à coup perché sur une branche qui avait l’air de sortir du cœur de la cible. Oswald se montra alors pour observer l’admiration du petit devant sa virtuosité.

« Allez, va faire ta valise. »

Le jeune accourut dans les jupons de son oncle, s’accrochant à sa jambe sans le lâcher.

« Pourquoi tu viens pas avec nous, tonton ? Je veux pas t’abandonner…
— Ahah… Euh… Ecoute-moi, commença-t-il en s’agenouillant pour être à hauteur du garçon, tu pourras revenir me voir pendant les vacances.
— Les va… vaçanques ?
— Non, les vacances. Tu devras aller à l’école, dans ta nouvelle maison à Bosco.
— J’ai lu dans des livres que les enfants aimaient pas l’école… dit-il en faisait la moue.
— Peut-être, mais toi tu vas adorer ça ! C’est un endroit où on apprend plein de choses, l’histoire, la grammaire, les mathématiques, la magie… Tu vas te régaler. Et pendant les vacances, c’est-à-dire des pauses de plusieurs semaines, tu reviendras me voir, pas vrai ? Je ne bougerai pas d’ici.
— D’accord ! »

Le jeune se précipita vers les escaliers pour finir sa valise qui attendait dans sa chambre. Cläre s’approcha de son frère, curieuse et amusée.

« Tu lui as dit quoi pour qu’il courre finir sa valise, toi ?
— Je lui ai parlé de l’école.
— Sacré gamin… Le caractère de son père et le visage de sa mère… »

[…]


Le petit garçon grimpa dans la voiture, qui serait trainée par trois loups. Celui en tête était légèrement transparent alors que les deux autres étaient parmi ceux définitivement domptés par Oswald. Le petit Liesel s’assit à l’arrière, contre Cookie, un gros chien à poils longs que l’oncle leur avait offert. Il attendit ainsi un long moment, sous son petit plaid, que les adultes finissent une conversation qui semblait sérieuse. Cela le dépassait complètement. Insouciant et renfermé, il préférait s’amuser à appuyer sur le museau du chien. Si concentré dans le fait d’embêter son camarade, le petit Liesel faillit tomber de la charrette lorsqu’elle démarra brutalement. Il n’avait même pas vu ses parents monter.


« Mamaaaaan, on va où ? demanda le petit, timidement.
— On passe par les gorges de Weisszähne puis on arrivera dans une grande toundra. On n’est pas loin de la frontière, on sera arrivé en quelques jours.
— C’est quoi la tout drap ?
— Non, toundra… Raah… Eryck…
—Un plateau entouré de montagnes. »

Le jeune resta silencieux, les yeux vers le ciel, comme s’il s’imaginait un plateau à fromage entouré de roche. Il ne fallut à la petite famille que deux petites heures pour sortir des gorges, non sans croiser quelques loups, que Cläre arrivait facilement à calmer avec les bases de magie de dressage que lui avait apprises son frère. Le vent se leva aussitôt qu’ils entrèrent dans la grande plaine. Liesel se blottit d’autant plus entre sa mère et le gros chien pour se protéger du vent, chien qui ronflait sans se soucier du blizzard.

« Mam-maaaaaan, j-j’ai fr-f-froid…
— Bah couvre-toi, j’vais pas dépenser de la magie juste pour virer quatre flocons.
— On d-dirait une t-t-tempête…
— Cläre, fais un effort pour ton fils congelé, s’il te plaît.
— Tu parles d’un gosse né à Iceberg… »

Elle retira sa petite cape pour dévoiler ses épaules nues et aussitôt, le blizzard sembla comme éviter la petite caravane qui avançait… à pas de loups. Le voyage fut presque totalement silencieux. Liesel n’était pas un enfant bavard, bien que très curieux. Il parlait généralement pour poser des questions ou pour informer ses parents des dangers vitaux qui menaçaient l’enfant.

« Mamaaaaaaaaaaaaan ! J’ai faim.
— Je vais le congeler.
— Pourquoi tu t’énerves !? sursauta mon père. Liesel, tu as des biscuits dans le sac à tes pieds. »

Cläre avait petit à petit laissé passer quelques flocons autour de la caravane, par flemme de maintenir un champ magique autour d’elle. Mage de la neige, dévier une telle météo était facile, mais au fond, c’était encore une enfant râleuse. Ce fut seulement lorsque la petite famille entra dans un épais brouillard qu’elle ne réussit pas à dissiper qu’elle comprit qu’elle était cible d’une attaque magique.


La femme ordonna à son mari de s’arrêter, ce qu’il fit aussitôt. Le garçon comprit en voyant le visage nonchalant de sa mère devenir sérieux. Sous ses ordres, il se cacha entre les petits sacs. Eryck sortit son livre, prêt à combattre.

« Leoni, près de la frontière ?
— Pas impossible. La magie du brouillard, assez commune dans le pays, mais soyons prudents. Je ne veux pas vous impliquer… »

Elle avait dégainé son épée et arborait une expression déterminée et méfiante qui ne lui ressemblait pas. Rien ne pouvait perturber sa concentration. Rien, mis à part l’idée d’avoir laissé seul son fils dans la charrette avec le chien. Eryck était bien resté pendant qu’elle s’enfonçait dans les ténèbres blanches, mais elle avait tout de même peur pour le petit. Liesel quant à lui restait blotti contre le chien, terrorisé. Du haut de ses six ans, la vie était simple, il n’avait pas à affronter de telles histoires.

Quand Cläre fut à une distance suffisamment éloignée du chariot, elle rengaina son épée, perdue au milieu de la brume.


« Je me rends à Némée. À la seule condition que vous ne touchiez pas mon fils et mon mari. Ne leur faites rien et je pars avec vous, sans faire d’histoires. »

Elle se retrouva seule, au milieu d’un silence articulé par des bruits de pas s’enfonçant dans la neige. Malgré sa proposition, elle restait méfiante et aux aguets.

« Vous avez entendu ? Je me rends aux Leoni si vous laissez ma famille en dehors de ça. »

Perdue au milieu de frissons, son esprit fit naître une voix tirée du passé. Cette voix éveilla en elle un puissant sentiment de culpabilité. « Tu as trahi ta famille. » Elle ferma les yeux un instant pour la chasser et quand elle les ouvrit à nouveau, une silhouette seule s’avançait vers elle. Elle comprit qu’il ne s’agissait pas du clan en voyant l’homme arriver seul, elle sortit donc son épée à nouveau.

« Qui va là !?
— Je n’ai aucune idée de qui tu es, mais tu me sembles bien jolie, lança la voix glaciale en dévoilant son visage.
— Oh, des brigands, soupira la mère, rassurée.
— Ca n’a pas l’air de te déranger. Tu as pourtant laissé ta famille seule près de ton véhicule. Qui transporte sûrement des choses intéressantes.
— Ma… quoi ? »

La femme scinda le brouillard en pointant son épée vers le visage de l’homme menaçant. S’il avait touché à un seul cheveu de Liesel ou d’Eryck, il était mort.

« MAMAAAN ! »


Ce cri parcourut le corps de Cläre dans son intégralité, glaçant son sang en un instant. Ses yeux se teintèrent d’un rouge vif de vengeance. La mage baissa son épée, le corps encore frêle. Pourtant son regard seul aurait suffi à tuer une armée.

« Vous avez commis trois erreurs.
— Ah oui ? Tu ne cours pas sauver ton petit ? Il avait l’air mignon, il rapporterait gros sur le marché des enfants.
—La première, vous m’avez plongée dans la brume. »

Cläre disparut soudainement du champ de vision de l’adversaire. Elle venait de dissimuler son corps dans le brouillard de l’adversaire. Mage de la neige, sous des formes bien variées… L’homme comprit à cet instant la première erreur qu’il venait d’effectuer.

« Vous avez… menacé mon fils. »

Le brigand sentit un courant d’air se mouvoir près de lui, si bien qu’il en recula de quelques pas. L’instant d’après, il sentit une vague de froid parcourir chacun de ses organes.

« Enfin… Vous m’avez éloignée. Il ne peut pas voir ce que je m’apprête à vous faire. »

L’homme regarda son ventre perforé par la lame de Cläre, qui avait déjà disparu. Ce n’était que le début d’une longue souffrance.

Liesel ne put percevoir que des cris épars, pour observer quelques instants plus tard sa mère surgir dans un jet de neige pour jeter au sol l’agresseur. Elle menaça de son épée ensanglantée le voleur qui avait assommé son mari et menacé son fils.


« J’épargne votre vie car je refuse que mon fils voie ce que j’aurais aimé vous infliger. Partez. »


L’homme disparut aussitôt. Cläre réveilla Eryck avec quelques claques bien senties, tandis que Liesel sécha ses quelques larmes. Il avait mis peu de temps à retrouver le sourire. Il avait beau être renfermé, il était optimiste et joyeux. Le voyage put reprendre. Le chariot eut un peu de mal à rouler sur le tas de neige qui n’était autre que les restes dissimulés de l’adversaire de Cläre. Personne ne saurait jamais qu’elle avait sectionné quelques veines pour geler son sang jusqu’au cerveau. Le brouillard s’était dissipé totalement, le vent était revenu, pourtant, dans un élan altruiste, Cläre s’était décidée à faire profiter le convoi de sa magie.

———

« Liesel, tu me fais peur, ça fait huit minutes que tu n’as pas cligné des yeux !
— Ah ! »

Sirius me tira de ma torpeur. Je clignai des yeux rapidement pour les hydrater et observai à nouveau la fumée qui s’échappait de ma boisson chaude. Je vivais un de ces moments étranges, ceux où l’on réalise que l’on était perdu dans nos pensées sans être capable de se rappeler quoi que ce soit… Je repensai à ma mère enlevée. Je souris à Sirius, comme pour l’inviter à me parler.

« Tu sais ce dont tu as besoin ? De voir du monde et une petite mission, histoire de penser à autre chose en attendant. »


Fiche de RP (c) Miss Yellow





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Jeu 08 Juin 2017, 00:20
         
Comme c’est meugnon ! De l’enfance, de la naïveté, du meurtre ! S.

Les 250 points du rang S se couplent aux 250 points d’une histoire, parce que c’est toujours pareil m’vois.

Quant aux points de base donnés par les 108 lignes, ils s’élèvent à... 1080 ! Eh oui monsieur !

Les bonis maintenant :

♦ Je... C’est... MAIS C’EST LA PERFECTION ! Par le doux fessier de Lucifer, enfin !

♦ Cohérence 100, je répète, cohérence 100.

♦ Originalité 15 car tu es le premier à faire un flashback. Tu peux faire un vœu. Après, rien ne dit qu’il sera exaucé...

♦ 150 points d’histoire car tu approfondis le personnage de Liesel (coquinou).

♦ Rendu, comme d’hab’, 100 sur 100.

♦ Humour, bah... Y a Cläre. Donc à partir de là... 100 aussi pour la mère – presque – indigne, tiens !

♦ Et 295 points en rédaction car les tournures sont très bien dans l’ensemble mais que je ne peux cautionner le « tchip » entre petites étoiles ~ Même si j’aime beaucoup les petites étoiles et les tchips.

Tu obtiens avec ce jouli petit textounet d’amour et de sang, 2340 points, arrondis à 2400 grâce au TANT ATTENDU bonus perfection !




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Nina Andersen
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