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Livre magique, livre est un nom masculin...

Mer 04 Jan 2017, 00:37
         

Livre magique, livre est un nom masculin




Une nouvelle chaleur vint caresser mon visage, une chaleur dénuée de vie et d’amour, la chaleur d’un fantôme dont les braises s’éteignaient. Un rouge cramoisi coulait sur mes rétines, que ma colère ne pouvait décrire. Les crépitements portaient nos larmes, chacune témoignait de la disparition de notre camarade et ami. La perte de sa sœur l’avait donc tant assassiné, sûrement mourut-il même au moment où le cercueil s’était abattu sur elle. De la terre, Adam retournait à la terre, auprès d’elle. La dernière flamme de laquelle il brilla fut celle de la vengeance, dont il avait porté le flambeau jusqu’à s’en brûler l’esprit. Que son âme repose en paix, pensai-je. Mes prières allaient à son cœur, à qui je suppliais de ne pas propager l’incendie ravageur, comme s’il en eut été la source irresponsable. Bientôt la forêt brûlerait, elle aussi, vulnérable au feu d’un amour disparu.

Face au drap embrasé qui recouvrait le corps de notre ami, nous nous tenions tous les quatre debout, malgré les blessures qui faisaient haleter nos esprits. Nous sentions comme un vide, un manque. En seulement trois jours, Xylia et Adam étaient devenus une part entière de notre groupe, pourtant des six, nous n’étions que quatre. Une part de culpabilité nous avait envahis, pour avoir offert à Adam la cérémonie que Xylia n’avait pu obtenir.

J’avais été incapable de le sauver. À quoi servais-je en fin de compte ? Je pensais pouvoir rester à ses côtés, qu’on se battrait ensemble pour éradiquer le mal, que nous pourrions peut-être nous aimer ? Mais il en avait décidé autrement. Ecrasé par la souffrance, il avait décidé d’y mettre un terme.

La cérémonie se poursuivit encore un long moment, alors que la pluie m’accompagnait dans mes larmes. Bientôt il ne resta d’Adam que des cendres, les cendres d’un combat défait. Une peine amère ondulait en nous, toujours présente. Nous n’osions pas nous regarder dans les yeux. Pour la première fois, nous n’avions plus aucun objectif, plus aucun but. Notre insouciance avait disparu pour ne laisser que le sentiment d’être perdus. Où allions nous aller, pour quoi faire ? Aeternitas ne m’importait plus l’espace de cette journée, dédiée à mon cher ami. Etrangement, je ne fus pris d’aucune colère, d’aucun désir de vengeance. Mes émotions avaient été emportées dans son ultime tir. Ilhem finit par parler, solide, portant le fardeau comme s’il eût déjà connu plusieurs fois.


« On fait quoi, maintenant ? »

Je n’en avais aucune idée et cela m’importait peu. La seule chose que je désirais était la présence d’Adam, me blottir à nouveau contre lui, dans une insouciance partagée, un moment frivole réciproque. Mais à la place, je ne pouvais obtenir que l’étreinte de mes draps froids.

J’avais fini par lâchement abandonner mes camarades, en demandant à Sirius de me ramener dans ma chambre. Je ne voulais plus voir le jour, me laisser mourir. Une part de moi résistait, me disait de me reprendre, que malgré ça, Liesel Engelwald était en vie et qu’il l’était grâce à Adam. Il ne devait pas rendre vains les efforts de son espéré amant. Pourtant cette responsabilité venait simplement s’ajouter au poids de mon incapacité à lutter contre mes propres émotions. Qui pouvait m’aider à présent ? Sûrement devais-je apprendre à m’aider tout seul… Je me blottissais toujours plus dans mes draps qui restaient glacés. Je devais me servir de cette peine et ne pas la subir. Elle ne mènerait à rien… Je m’endormis en pleurant, épuisé par ces tornades de sentiments, songeant à la dernière étreinte qu’Adam m’avait offerte et au sourire qui fut en réalité un adieu.


Je fus réveillé par un tintement mystique et répétitif. Confus, j’observai ma chambre en repensant à la scène de la veille et à la lâcheté dont j’avais fait preuve. La journée avait été difficile et j’avais fuis, comme un faible. Je repensai aux entraînements qu’Adam et moi avions faits ensemble, avec une profonde nostalgie. Aujourd’hui, je n’allais pas laisser cette blessure me saigner jusqu’à la mort. Le signal sonore provenait de ma lacryma de communication, qui brillait faiblement pour m’indiquer que l’on cherchait à me joindre. Les cheveux ébouriffés, je m’assis en tailleur puis pris l’orbe au creux de mes jambes. L’image d’Ilhem apparut, éclairant la pièce.

« Salut Liesel ! J’espère que ça va mieux… Est-ce que tu pourrais nous rejoindre au village de Fortvieux ? Irina a quelque chose pour toi…
— Donnez-moi une petite demi-heure et j’arrive… Ilhem, désolé d’être parti, hier.
— Ne t’en fais pas, on comprend… »

La lacryma s’éteignit, rendant la pièce à nouveau noire. Sous ma douche, de nombreuses questions venaient m’assaillir. Je fis mon possible pour ne pas les écouter, épuisé malgré mon sommeil. Il était hors de question que je passe ma journée à pleurer comme la veille, je ne pouvais le tolérer. Malgré un sentiment étrange au creux de mon estomac, qui ne me donnait que l’envie de me mettre en boule, j’allai vers la salle du portail, habillé et coiffé. Sirius m’amena directement devant le village de Fortvieux, dont le nom ne resta pas un mystère très longtemps : un fort, ou plutôt ce qu’il en restait, surplombait le village depuis sa colline.

« Ce village est juste derrière la forêt dans laquelle tu t’es écrasé avec Ysaline, résonna Sirius. À l’origine, un comte maudit vivait ici. Il menait les villageois d’une main de fer, jusqu’à ce que la vérité sur la maladie qui le rongeait soit révélée.
— Il est toujours en vie ? répondis-je plus par politesse que par intérêt.
—Non, il est mort il y a une petite dizaine d’années. Depuis, les villageois vivent tranquillement, plus ou moins en autarcie, quand ils ne commercent pas avec un village voisin, de l’autre côté de la frontière de Bosco. »

Fortvieux:


Une certaine énergie foisonnait dans le hameau. Il avait l’air d’être en ruine, de l’extérieur, pourtant les rares passants discutaient avec le sourire, heureux de leur vie simple, avec leurs petits tracas à eux. Ils me saluèrent lorsque je passai. Je commençai à chercher la taverne, ou l’auberge, mais ne mis pas longtemps à la trouver, constatant les trois amis sortir d’un bâtiment. J’allai à leur rencontre, minimisant le malaise dans mon estomac, affichant une joie feinte que j’espérais finir par m’approprier. Ils vinrent vers moi, souriants, dissimulant eux aussi une émotion néfaste après ce qu’il s’était passé la veille.

« Hey ! salua Ilhem.
— Hey, répondis-je par mimétisme, les yeux encore rougis des pleurs de la veille.
— Irina avait quelque chose pour toi, me dit Ysaline, qui avait l’air plutôt remise, malgré le peu de temps qui s’était écoulé.

Sans plus alimenter ma curiosité, la magicienne s’approcha et sortit d’une de ses poches un énorme grimoire à la couverture de cuir. La couleur de celle-ci se plaçait entre gris, le bleu et le vert, couleur que j’aimais beaucoup. Après de sincères remerciements – bien que je n’eusse aucune idée de ce dont il s’agissait, le simple fait de recevoir un livre m’emplit de gratitude – j’ouvris le livre puis constatai que les pages étaient entièrement blanches. Un support pour écrire ? Non, quelque chose clochait. Je mis un certain temps à reconnaître les motifs qui étaient ornés sur la couverture.

« C’est le livre qui flottait, dans la salle !?
— Précisément, c’est bien lui. Il était constamment enchanté pour absorber les Aeternanos ambiants, mais grâce à mes pouvoirs, j’ai verrouillé sa fonction sur tout autre chose. Chargé pendant des années de la magie de la pierre, le papier de ce livre peut probablement régénérer les blessures superficielles. Il suffit simplement de lui insuffler une petite quantité de magie.
— Mais… merci… mais… pourquoi moi ?
— Mais t’es stupide ou quoi ? C’est juste parfait pour ta magie !
— Nous avons Irina pour veiller sur nous, mais tu nous as dit être seul, pour certaines missions. Alors comme ça, Irina veillera sur toi aussi ! Et puis j’ai aucune idée de comment tu fais tous tes trucs avec les livres là…
— C’est pas si compliqué, déjà bébé, valait mieux pas que je pleure, sinon les livres volaient… Et après j’ai appris à m’en servir pour combattre. Enfin bref, merci beaucoup ! »

J’étais réellement touché par leur présent. L’espace d’un instant, ma tristesse m’avait quitté. J’étais heureux d’obtenir ce nouvel artéfact, qui serait assurément un objet efficace pour m’occuper de certaines blessures. Néanmoins je n’étais pas sûr de son utilisation dans la pratique et je devais faire très attention à ne pas abîmer le papier présent à l’intérieur, car c’était certainement un objet unique. Je pris Irina dans mes bras, hésitant un instant sur la raison de cet acte. Etait-ce pour le cadeau ou car j’en avais besoin ? Ilhem retint tout de même un petit soupir de jalousie, me faisant rire. Notre insouciance avait fini par revenir et j’en étais ravi. Mais ce moment ne dura pas, des cris retentirent depuis une maison non loin d’ici.


Nous nous précipitâmes vers la maison. Comme nous l’avions convenu, j’escaladai pour entrer par la fenêtre alors qu’Ilhem et Ysaline passeraient par la porte principale à mon signal. Normalement, Adam aurait dû venir avec moi…

« Liesel ! N’y pense plus ! »

Je m’avançai dans l’encadrement de la porte, certifiant que la provenance du cri était à l’étage. Il fallait agir vite. Je serrai mon poing et aussitôt, la feuille qui flottait tout près d’Ilhem se froissa. C’était un de nos codes : si la feuille restait dressée, ils n’entraient pas ; si la feuille se déchirait, il y avait une menace ; si elle se pliait, cela signifiait que la zone était dégagée. En revanche, si celle-ci se froissait brusquement, c’était l’ordre d’entrer et d’agir vite, car quelque chose arrivait et que la zone n’avait pas eu le temps d’être inspectée. Aussitôt mon poing serré, j’entendis la porte s’enfoncer. Ysaline me rejoignit à l’étage, puis ensemble nous entrâmes avec hostilité dans la pièce d’où provenaient les cris.

« Ma fille ! Ils ont pris ma fille ! Ils l’ont enlevée ! Oh non… Ma petite Katarena… »

Une mère pleurait, sur le lit de sa fille, d’après ses dires. Ma coéquipière et moi rangeâmes immédiatement nos armes, pour demander à la femme plus de détails. Nous allions retrouver sa fille, si elle était en danger.

« Ce sont ces cultistes ! J’en suis certaine ! Ils se réunissent tous les soirs pour faire des sacrifices, et ils ont pris ma fille…
— Ils se réunissent où !?
— Vous allez la retrouver ! Vous êtes mages, pas vrai ! Vous allez m’aider, vous aidez bien les gens !
— Détendez-vous. Si leur cérémonie est ce soir, nous avons le temps de la retrouver.
— Où se réunissent les malfaiteurs ? »

Elle tenta à quatre reprises de balbutier une réponse : les ruines du château. Ilhem et Irina arrivèrent ensuite. La femme finit par se calmer et s’installer dans le salon. Assis sur le canapé, elle reprenait dans ses sanglots les événements qu’elle avait déjà essayé de raconter trois fois. Lentement, nous l’avions calmée et Ysaline avait préparé un thé en utilisant la cuisine.

« Il y a… sniff… en haut de la colline, une secte. D’après les… sniff… rumeurs, elle cherche à créer un démon…
— Quel genre de démon ?
— Un démon… démoniaque… »

Nous nous regardâmes, étonnés de la conviction avec laquelle elle avait qualifié ledit démon. Reconcentré, je demandai à la mère paniquée à quoi ressemblait sa fille.

« Oh bah alors ça c’est très simple… sniff! c’est votre portrait craché ! Les mêmes cheveux, les mêmes yeux, il n’y a que la poitrine, évidemment.
— Attendez… m-moi ?
— Oui ! Vous ! Attendez, laissez-moi arranger vos cheveux, ça vous donnera un meilleur aperçu.


Que comptait-elle me faire !? Elle attrapa une paire de ciseaux. Un élan de panique vint posséder mon cœur. Une réaction s’imposait ! Je cherchai du regard une bibliothèque, pour éventuellement l’assommer avec un livre. Trop hostile. J’allais devoir m’emparer de ces ciseaux immédiatement si je voulais préserver mon apparence un minimum. Au moment de lever mes bras, je sentis une grande force s’exercer sur eux, me privant de tout mouvement.

« Tu sais quoi, Lieselotte ? Je viens d’avoir un plan pour sauver cette Katarena.
— Vous n’allez quand même pas… !?
— Si.

La traitresse ! Depuis quand Ysaline était-elle aussi forte physiquement, pour me retenir malgré ma résistance constante !? Ainsi mon âme avait disparu avec quelques uns de mes cheveux. Le plan d’Ysaline : intervertir Katarena et moi pour la cérémonie et attaquer par surprise leur secte. Par tous les saints, qu’avais-je fait ? Elle expliqua le plan à la mère, qui s’empressa d’aller chercher une robe. Tout débat était inutile désormais, alors j’enfilai la robe, désespéré. Je tentai tout de même une ultime négociation…

« Vous savez quoi ? Je pense que ça va pas marcher. Après tout, il est probable qu-…
— Mets la robe, répondirent mes trois « amis » avec autorité.
— Je vous hais. »

Des torrents de honte ruisselaient sur mon visage, inondant la pièce ; je mis la robe. J’ajoutai enfin sous les ordres de mes tortionnaires ce qui manquait, avec un peu de papier. La ressemblance était parfaite, Ysaline était morte de rire.

« Hahaha… Là tu me plais beaucoup plus… Lieselotte… HAHAHAHA ! »

Lieselotte, l’appât pour la secte du démon démoniaque:

« Prends… Haha… Prends une voix féminine, pour voir ?
— Je suis vraiment obligé ?
— Hahahallons, une vie est en jeu, pouffa-t-elle.
— Je te hais, Ysaline, tu m’entends, je te hais. Hum hum… Bonjour, je m’appelle Katarena et je vais être sacrifiée.
— AHAHAHAHAH LIESEL AHAHAH J’EN PEUX PLUS ! »

Elle finit par manquer de s’étouffer dans ses éclats de rire. Peut-être que l’étrangler moi-même serait plus efficace ?

« Tu es magnifique, Lieselotte, s’amusa Sirius.
— Non… Pitié, pas toi non plus ! Sirius, je t’en conjure… N’en parle à personne…
— Tu aurais peut-être dû me le dire avant…
— Oh non… »

Je récapitulai les événements pour en saisir toute la décadence. J’étais venu ici pour récupérer le cadeau et éventuellement passer un moment avec eux, et je me retrouvais travesti, transformé en appât pour une secte… Misérable. Etait-ce vraiment pour cela que j’avais rejoint Aeternitas !? Mais Ysaline avait raison, une vie était en jeu. Embarrassé par le devoir de sauver cette demoiselle, je créai une cape de papier sous laquelle je me dissimulai céans. La prochaine étape était d’échanger Katarena et moi.

Nous nous dirigeâmes donc immédiatement vers le château abandonné. La porte principale tenait encore debout, menaçante, et de vieux cadavres de soldats se tenaient là. La vue de sang me rappela un instant celui d’Adam éparpillé dans la tente. Qu’aurait-il pensé de tout cela ? Non, je devais me reconcentrer plutôt que de penser à lui. Malgré le ridicule de la chose, nous devions arrêter cette secte.



La mère nous avait informés que tous ces sectaires portaient la même tenue, à l’exception du chef. On les avait souvent aperçus, en ville, pourtant personne n’avait rien fait. Excepté un villageois, qui s’était battu avec l’un d’entre eux à la taverne et avait fini par… voler sa tenue. Ilhem l’avait donc revêtue pour entrer et libérer l’otage. Nous le regardâmes entrer, puis attendîmes, dissimulés juste à côté des cadavres qui empestaient. Il revint quelques minutes plus tard, accompagné de Katarena, qui ressemblait effectivement comme deux gouttes d’eau à ce qu’ils avaient fait de moi. Seigneur, je voulais créer un monde meilleur et je me retrouvais ici… Pourquoi ? Nous aurions tout aussi bien pu entrer, les tuer un par un et ressortir avec la fille, mais non, il fallait toute cette mascarade théâtrale dans l’unique but de me ridiculiser.

« Mon chevalier, vous m’avez sauvée ! Epousez moi !

La Katarena d’origine tentait maintenant d’embrasser Ilhem, chose qui n’allait probablement pas plaire à Irina. Je sentis d’ailleurs une certaine chaleur dans mon dos : Irina qui avait presque pris feu s’avança vers la fille pour l’assommer avec son bâton. Jamais je ne l’avais vu aussi brutale. Elle épousseta sa robe puis nous regarda d’un air innocent, enfantin et demanda, emplie de bonté.

« Quoi ? Cela ne faisait pas partie du plan ? »

À bien y réfléchir… Si. Ilhem et moi entrâmes dans le bâtiment, tandis qu’Ysaline et Irina allaient trouver un moyen de faire le tour et d’intervenir pendant la cérémonie. Nous croisâmes un des membres de la sinistre église, qui nous questionna sur la présence de Katarena hors de la cellule. Constatant qu’Ilhem était totalement pris au dépourvu, je dus réagir de moi-même.

« Je ne… Hum ! Je ne me sentais pas bien alors on m’a emmenée prendre l’air… Vous comprenez, je ne voulais pas faire un malaise avant la cérémonie de ce soir.
— D’ailleurs, la cérémonie est avancée à cet après-midi. Emmène-la de suite pour la préparer, le grand chef va commencer dans une heure. »

Il s’était adressé à Ilhem, qui répondit, totalement paniqué, qu’il valait mieux qu’il s’en charge. Je changeai donc de partenaire, absolument désolé(e) par la situation, fixant pendant mon départ Ilhem nerveusement, abandonné(e) à mon propre sort. Comment toute cette histoire allait-elle finir ? Nous arrivâmes dans une petite salle, fermée et sans beaucoup de lumière. De toute évidence il allait me demander de porter la robe qui était cintrée sur le mur. Elle était totalement noire et les fermetures semblaient être conçues pour s’ouvrir très facilement. À quel genre de cérémonie allais-je participer !? Un instant, la pensée de laisser cette pauvre Katarena subir cela à ma place me traversa l’esprit. Mais c’était mon devoir de mage indépendant(e) agissant pour la justice, le bien, l’honneur et la liberté dans ce monde. Revaloriser ma quête m’aiderait peut-être à faire passer la pilule de ces méthodes lamentables ? Absolument pas.

Après avoir demandé à l’homme de sortir, je me changeai puis me tenais prêt(e) à assister à ce sacrifice. S’ils essayaient de faire la moindre chose avec moi, je pouvais certifier sur mon honneur de mage que ce serait la dernière chose qu’ils tenteraient de faire.

Après une petite demi-heure d’attente dans la peur et l’angoisse, pensant parfois à la tristesse que j’avais fini par temporairement oublier, on m’emmena dans la salle centrale. Je me retrouvai debout, face à une grande assemblée, dans laquelle je n’arrivais pas à trouver Ilhem du regard. Mais en y regardant de plus près, je pus constater que je me trouvais en réalité dans une bibliothèque. Je saluai de ma position de mortel tous les anges qu’il me serait donné de voir dans l’après-vie pour m’avoir fait don de cette bibliothèque.


« Mes camarades ! Aujourd’hui, nous accomplissons le dernier sacrifice au nom du démon Mzulft !
— Hourra !
— Prononcez ces mots, ma chère, et votre sang sera béni, au sein du démon Mzulft. Keravah alkma miradar ich bin la muerte siphon.
— Heu… D’accord. Keravah alkma miradar ich bin la muerte siphon.
— Et maintenant, mes camarades, nous allons dénuder notre sacrifice, pour l’offrir dans sa plus pure pureté.
— Quoi !? Non non non NON NON !
— Si si. »

Non ! Je refusais de laisser cela arriver ! Pour autant je ne pouvais pas risquer de compromettre mon subterfuge sans m’assurer de la présence de la cavalerie, avec la centaine de personnes que j’avais face à moi ! Je sentis glisser sur mon dos ouvert une lame, qui remontait vers la seule attache qui maintenait la robe en place. Des frissons de peur et de colère parcouraient mon abdomen dans l’impatience la plus absolue des renforts. Pourtant personne n’était là, alors que la dague touchait maintenant le bouton de ma robe. L’instant d’après, il déchira d’un coup sec le tissu.


« PLUTÔT MOURIR ! »

Dans l’agilité la plus vive qu’il eût été donné à un être humain de manœuvrer, je me retournai pour trancher la gorge du maître de cérémonie, au moment même où toutes les bibliothèques explosèrent pour aveugler l’audience d’un brouillard de papier. La première chose que je fis fut de recréer des vêtements, le plus rapidement possible. N’importe quoi faisait l’affaire. Une fois équipé d’un simple haut blanc et d’un short extrêmement inconfortable, je courus en direction de la foule pour les tuer un par un, déchaîné par le supplice que je venais de vivre. Ils tombaient très facilement, surpris par l’attaque surprise. Je vis scintiller une étoile au plafond, source d’une comète qui se dirigeait vers la pièce. Un grand oiseau de feu balaya toutes les feuilles, embrasant celle-ci, plongeant tous les adversaires dans un brasier imposant.

« Après ce combat, je te tuerai, Ysaline ! Je te tuerai !
— Hahaha ! C’est beaucoup trop drôle ! Hahah ! »

Deux mages d’eau firent tomber une lourde pluie depuis nulle part, éteignant le feu. Une petite dizaine de mages restaient debout. Ysaline reprit immédiatement son sérieux puis vint à côté de moi, alors qu’Ilhem retira son déguisement et qu’Irina apparut comme par magie à nos côtés.

« Fini de rire, ils sont coriaces ceux-là. »

En me concentrant, je pus en effet sentir le dégagement des mages qui, cumulés, pourraient nous poser problème. Il allait falloir jouer de notre synchronisation pour les anéantir. Le problème était que les bons trois quarts des feuilles que je comptais utiliser pour lancer une attaque puissante étaient inutilisables, en conséquence de quoi je me retrouvai au corps à corps, contre une épéiste habile mais encore imparfaite. Le combat se perdait en parades et en contre-attaques esquivées, puis quatre feuilles vinrent difficilement se loger dans son abdomen. Comme celles-ci ne furent pas suffisantes à apporter la mort, elle finit avec une lame dans la gorge, puisque c’était le seul point que je pouvais toucher avec mes feuilles. Trois des mages préparèrent un sort. Ilhem nous avertit qu’il allait lancer une onde annulative.

« Ilhem, non ! criai-je en pensant à mes vêtements, qui ne tiendraient pas le coup.
— Mainten-… urgh ! »

Un orbe concentré en papier avait volé à travers la pièce pour l’assommer, innocemment. Celui-ci revint et virevolta dans l’air, emportant contre lui deux mages qui s’explosèrent contre le mur au contact de celui-ci. Le papier, récupéré, vint former dans ma main une barre solide qui para, au dernier moment, un coup de sabre, qui s’était coincé à l’intérieur. Profitant de notre confusion commune, je pivotai le bâton sur le côté puis m’en servis comme appui pour asséner un violent coup de pied dans le visage de l’adversaire. Il n’en restait plus que deux, Ysaline avait éliminé les autres. Le sort du troisième mage s’activa, invoquant un éclair qui fila à travers la pièce m’électriser violemment. Allongé par terre, complètement grillé, Ysaline arriva et taillada une croix sur l’abdomen du coupable. De l’autre côté, Irina avait planté deux de ses lances magiques dans le ventre de l’opposant. Je me relevai, sonné, un trou brûlé dans le haut que j’avais fabriqué.


Par tous les saints, pourquoi avais-je à vivre cela ? Ysaline recommença à rire en me regardant dans les yeux. Irina aida Ilhem à se relever, puis nous descendîmes la colline pour rejoindre la maison. La mère nous remercia vivement, un peu trop, et insista sur le fait que nous pouvions revenir quand on le voulait. Je rentrai à la guilde, ne sachant si je devais rire ou pleurer, pour me jeter sur mon lit. Sirius avait repris ses taquineries, que j’espérais fausses, car il disait que malgré le nuage de papier, lui il avait vu… Pourquoi cela avait-il dû m’arriver !?

Il n’empêchait que sous la pression, j’avais été particulièrement efficace en combat, je trouvais, car malgré le nombre nous avions été rapides et efficaces. Je regardai à nouveau le cadeau d’Irina. J’allais devoir apprendre à m’en servir efficacement, c’était un atout précieux. Mais j’ignorais quels effets cela aurait sur moi ou les autres, je devais le tester. Mais en regardant plus attentivement mon bureau, qui était collé à ma fenêtre, je vis une lettre. Je la saisis, étonné que Sirius ne me l’ait pas signalée. Il m’indiqua qu’il n’avait rien enregistré concernant cette lettre. Il me suffit de lire le nom pour comprendre qu’elle était, littéralement, arrivée ici toute seule : Mivard Drosin.



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Jeu 08 Juin 2017, 00:12
         
Mais pour qui il est le S+ ? Pour qui qu’il est le S+ ? Pour Lieseeeeel ! :D
500 points.

On a un total de 219 jolies lignes soit 2190 aethernanos (félicitez-moi tous pour cette fabuleuse multiplication par 10), couplés aux 500 points octroyés par un entraînement.

Hahahahalors voici les points de boni !

♦ La perfection, tu l’as dans le fio- pas de perfection ce coup-ci encore. Chenapan.

Récapitulatif des fautes pour les réclamations:
« j’avais fuis »
« assis sur le canapé »

♦ Par contre, toujours rien à dire niveau cohérence, 100 points.

♦ En termes d’originalité, je ne peux décemment pas attribuer le maximum de points. Mais 40 seront suffisants, parce que tout de même, il n’y a pas que la quête rpgesque dans ce RP.

♦ L’histoire mérite 350 points car elle en conclut une pour en initier une autre. Et aussi pour le comic relief qui s’insère TRÈS BIEN après tant d’éprouvationnance émotionnelle.

♦ Rendu, 100 points, entendu (OUI JOSÉ !).

♦ Humour, boaaaah… 250 ? Oui, ce me semble correct.

♦ La rédaction manque encore un peu de finesse par endroits mais c’est déjà bien mieux que les précédents RPs ! Je ne sanctionne donc que de 10 points : 290.

Et nous arrivons ainsi à un toubototal de 4320 aethernanos, eh ouaip !



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Nina Andersen
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