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La Dynamique des Sports

Mar 11 Avr 2017, 23:02
         

La Dynamique des Sports



Warning:
Mmh... J'ai réalisé après coup que les passages de musiques étaient assez courts, voire très courts... Donc profitez du texte et lisez lentement, histoire de profiter de la musique :p
Goude reuhadingue.


Mon souvenir le plus marquant des événements de Neferet ? Mon réveil, le lendemain. J’avais ouvert les yeux, plongé dans une mare de sang, pris de vertiges à cause de l’hémorragie. Mais le pire dans tout ça, c’était que j’avais perdu toute capacité de bouger. Je ne savais pas par quel miracle j’avais réussi à me battre contre Nazir, mais il était clair – et normal – que se faire poignarder n’aidait pas à contracter ses abdominaux. J’avais donc passé plusieurs heures allongé, me disant à chaque instant que j’allais mourir. En moins de deux demi-journées, le livre d’Irina avait totalement fait cicatriser la plaie, mais les dommages internes étaient catastrophiques… Je dus attendre un certain temps avant de retourner à Desierto (la chaleur de ce pays me tuera) pour aider mon mentor dans ses nouvelles affaires. Il était débordé, mais heureux. La ville était enfin libre. Il avait négocié avec le gouvernement de Desierto, qui lui avait offert la ville en récompense d’avoir déjoué un poste de Bellum. Nos trois noms seraient à jamais marqués dans l’histoire de cette ville, et peut-être que le mot « Engelwald » apparaîtrait entre deux petites lignes d’un livre d’histoire ? En tout cas j’étais heureux de la tournure qu’avaient pris les choses.

J’étais dans ma chambre, en train de faire ma valise. Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n’avais pas passé du temps chez mes parents. Aux dernières nouvelles, ils étaient retournés à Bosco, me semblait-il. J’avais prévenu le Maître, je n’allais pas revenir avant un petit moment ; des vacances, en quelque sorte. Mais cela ne voulait pas dire que j’allais rester à lambiner toute la journée ! Je comptais bien profiter de cette ambiance familiale pour m’entraîner. Depuis plusieurs mois, je passais tout mon temps à Neferet, pour tenter d’être le plus utile possible : reconstruire la bibliothèque, trier la paperasse, servir de guide aux clients perdus dans le bâtiment en reconstruction… Ce fut assez amusant, au final. Mais ma convalescence était terminée maintenant, je pouvais reprendre le cours de ma vie, et Aeternitas n’était pas la seule chose, ma famille comptait également. Ce séjour ne durerait pas plus d’un mois, peut-être moins, sûrement reviendrais-je à la guilde de temps à autre…

J’arrivai rapidement dans la salle du portail, avec Alkael, qui bien sûr viendrait avec moi. Nous passâmes la porte ensemble puis nous nous retrouvâmes devant le bâtiment magnifique dans lequel j’avais passé une bonne partie de mon enfance. La forêt autour de nous et la ville voisine étaient tous les deux des souvenirs importants de mes années à Bosco. Nous entrâmes dans ce manoir impressionnant (même si en réalité, nous n’habitions que la partie du fond, car celle de devant était une bibliothèque et auberge qui accueillait les voyageurs).


La résidence Engelwald, reconstruite par Mugetsu:

Arrivés dans le hall, nous pûmes voir deux corps sans vie. L’un des deux cadavres poussa un gémissement interminable de dépit. Ils semblaient noyés dans le désespoir et la douleur, si bien que l’on apercevait leur âme respective flotter au-dessus de leur tête.

« Euh… Hm hm ! »

Les deux corps se relevèrent avec fulgurance, arborant un magnifique visage accueillant, et prononcèrent la même phrase préenregistrée en même temps avec une ardeur forcée.

« UN CLIENT !!! BONJOUR ET BIENVENUE À L’AUBERGE ET BIBLIOTHEQUE ENGELWALD !!! CLÄRE ET ERYCK SONT À VOTRE SERV-… »
« UN CLIENT !!! BONJOUR ET BIENVENUE À L’AUBERGE ET BIBLIOTHEQUE ENGELWALD !!! CLÄRE ET ERYCK SONT À VOTRE SERV-… »

Ils ouvrirent les yeux, réalisèrent qu’il ne s’agissait que de leur fils unique, puis tombèrent, dans la même position mortuaire qu’auparavant.

« … Dites, qu’est-ce qu’il se passe, encore ? »

Ma mère toussota légèrement, leva un bras, puis, doucement, le tendit vers moi. L’autre bras fit de même. Enfin, elle s’avança en rampant vers mes jambes, laissant sur le parquet un chemin de larmes qu’elle semait. Elle s’agrippa avec violence à mes deux jambes, manquant de me faire tomber.

« Plus un seul ! Plus un seul client ! On a pas mangé depuis trois jours, Liesel, je t’en supplie, aide-nous ! »

Alkeal lécha le visage de ce qui restait de ma mère au sol, dans un petit bruit qui ne fit qu’amplifier le silence étrange que j’émettais. Je sortis de mon sac un petit paquet de biscuits préparés par Irma (elle avait fini par en maîtriser la cuisson… et comprendre que les humains ne mangeaient pas de charbon). Ils disparurent aussitôt dans l’estomac de mes parents, avant même que j’eusse la possibilité de le constater. Plus je grandissais, moins je les comprenais… Je soupirais.

« Bon, levez-vous là, je vous invite au resto. Je vais pas laisser mes parents mourir, tout de même… »

Je ne les avais jamais vus aussi heureux de toute mon existence lorsque j’avais prononcé ces mots… Nous nous rendîmes donc le plus vite possible à la ville voisine, la même qui avait été assiégée par Stella juste avant que j’intègre Aeternitas. Je ne voulais plus entendre parler de guerre avant un bon moment, j’étais en vacances.


Pendant qu’ils mangeaient, j’avais pu tout leur raconter depuis la dernière fois qu’on c’était vus. Et autant dire qu’il y avait du boulot. Mon voyage en bateau, mes retrouvailles avec Ysaline, mon combat contre la mère tarée, notre périple contre la guilde noire du père d’Irina, la rencontre et le décès d’Adam et de Xylia. Je ne manquai pas de raconter également en détails les événements de Neferet, car après tout, c’était leur lettre qui m’avait mené à lui, initialement. J’avais pu voir dans leurs yeux une grande fierté… C’était réconfortant, un tel regard… Je compris à ce moment à quel point j’avais grandi depuis mon départ. J’étais un peu nostalgique de ma vie d’avant, sans pour autant la regretter. Les combats que je menais, bien que tristes, dangereux, mortels même, étaient passionnants ! De plus… J’avais toujours l’impression de louper quelque chose… Ce rêve dont je n’avais que de vagues souvenirs, il y avait quelque chose d’important, je le sentais !

« Nous sommes fiers de toi, mon fils…
— Oui enfin il peut faire mieux, j’en suis sûre.
— Bien sûr que je peux faire mieux ! D’ailleurs, j’ai des entraînements qui m’attendent… je vais rester quelques jours. Je veux apprendre le maniement dynamique du papier.
— Mais je t’ai déjà vu le faire, pourtant…
— Non. Enfin… Je peux faire voler des petits papillons de papier, oui, mais ça n’a aucune utilité en combat. Je dois apprendre à combiner toutes les propriétés que je peux offrir au papier en même temps, tout en le mettant en mouvement… »

Ma mère se porta volontaire pour m’aider, tandis que mon père préféra s’occuper de ranger ma chambre, qui avait plus ou moins servi d’entrepôt durant mon absence. Nous allâmes à la caserne, où travaillait ma mère, parfois. Sa paie avait grandement diminué depuis l’assaut, car les ressources du village étaient à plat et la reconstruction était compliquée. Grâce à plusieurs mages, l’assaut avait pu être repoussé en quelques heures seulement. Il n’y avait eu que quelques morts… mais c’était déjà trop. Je devais en quelque sorte remercier cette attaque pour m’avoir fait entrer à Aeternitas… Mais je comptais bien me venger un jour où l’autre, car la mort de ces innocents ne devait pas rester impunie.

Dans la caserne, elle trouva plusieurs livres inutiles, des revues douteuses et des journaux passés de date. J’allais pouvoir m’en servir pour m’entraîner.


« Allez ! Attaque-moi, je suis prête à tout encaisser !
— M-Maman… Ça ne marche pas comme ça… »

Je ne savais pas si c’était moi qui avais mûri ou eux qui avaient régressé, mais il était clair qu’il y avait un problème. Je l’invitai avec insistance à s’asseoir dans un coin pour me regarder faire, que le combat viendrait après, si elle insistait.


Je sortis quelques feuilles de la pile près de moi et tentai de faire un oiseau. L’image mentale de Yolagaar me servit de modèle, bien que je connusse plusieurs centaines d’origamis possibles : j’avais passé toute ma scolarité à les apprendre. Face à moi se tenait désormais un oiseau, qui battait des ailes. Les plis étaient parfaits et tout allait bien, mais ce n’était pas là l’objectif. Je m’étais dit que j’allais commencer facilement. L’oiseau fit le tour de la pièce, ça je savais déjà le faire, mais soudainement, j’abattis ma main vers l’avant et l’oiseau fondit vers un mannequin de bois puis s’écrasa contre lui lamentablement. Non, je n’étais pas assez attentif.

« Explique-moi ?
— Eh bien, en fait, commençai-je en lissant la feuille froissée, je sais faire des origamis mobiles, je sais durcir le papier, je sais le rendre coupant, je dois combiner les trois. Le but, pour l’instant, c’est de faire en sorte que cet oiseau reste intact.
— Un oiseau qui fonce vers son adversaire, c’est comme un avion, non ? Et ça, tu sais le faire, avec les avions, pas vrai ?
—Oui, pas bête ! J’étais trop concentré sur l’aspect mobile de l’objet… »

Le mannequin de bois se retrouva rapidement troué à de nombreux endroits, où se logeaient désormais les becs de petits rapace de papier. Plus j’avançais, plus cela semblait facile. En utilisant toutes les revues trouvées, je créai un grand boa qui serpentait dans la salle. Les autres gardes commencèrent à s’éloigner en voyant la créature qui filait entre leurs jambes. Elle s’approcha de ma mère de façon menaçante puis s’enroula autour d’elle, et serra avec force ses épaules. Dans un mouvement d’éclair, elle dégaina son épée et réduisit ma créature en confettis.

« Rah ! Pas assez solide… Je sais, je vais essayer de jongler avec les propriétés. »

Ma mère se mit en face de moi, prête à se défendre contre mes attaques. Je formai entre mes mains un cube, dont les pliages furent bien plus complexes qu’un simple patron de six faces. Il s’envola vers elle, tournoyant. Elle tenta de la découper, mais son épée heurta une face qui résista sans problème. Le cube s’ouvrit et un disque en sortit, qui se dirigea en tournant vers un mannequin de bois pour le couper. Il se referma aussitôt pour parer l’attaque de ma mère.

« J’arrive à jongler avec un seul facilement, voyons si… »

Quatre autres vinrent flotter autour de moi. Je me dis à ce moment que c’était de cette façon qu’Irina devait se battre avec sa magie Katára. Les cinq cubes virevoltèrent dans un rythme différent. Il me fallait un vrai défi pour cet entraînement, réagir lentement de m’aiderait pas.

« Maman, tu veux bien essayer de m’attaquer ? Et je t’en prie, ne retiens pas tes coups.
— Tu sais que je n’aurais pas peur de te blesser si je me loupe, tu es sûr ?
— Ha ! J’ai affronté des mages bien plus doués que toi !
—Peut-être, mais pas aussi doués à l’épée ! »

J’avais mon défi : réussir à vaincre ma mère uniquement avec ces cubes. Elle fonça rapidement vers moi en un coup d’estoc. Les cinq cubes, positionnés en cercle face à moi, s’ouvrirent brusquement en un disque. La lame, prise entre les cinq disques, se brisa. À peine ma mère réagit-elle que deux des cubes s’étaient transformés en lances effilées qui tournoyaient sur leur longueur. Elle comprit à cet instant que je ne plaisantais pas. Elle effectua un grand saut en arrière, saisit deux épées d’entraînement qu’elle utilisa pour couper les deux javelots. Je fus assez réactif pour faire en sorte que le premier résiste à l’impact, le second en revanche fut coupé en deux. Je reculai un peu, et tentai de former un petit lapin en papier. Celui-ci se déplaça jusqu’à ma mère, attendrie, et lança de toutes ses forces un kick qui renversa mon opposante. Néanmoins, le lapin s’écrasa, tout seul, par la suite. Il me manquait quelque chose…


Un homme fit irruption dans la salle d’entraînement, un soldat.

« M-Madame Engelwald ! D’autres loups se réunissent aux abords de la ville !
— J’arrive immédiatement, affirma-t-elle en rangeant les épées d’entraînement tout en s’équipant de la sienne. Désolée, Liesel, le devoir m’appelle.
— Ne t’inquiète pas ! »

J’avais voulu l’aider, mais je m’étais au final dit qu’elle n’avait pas vraiment besoin d’aide, et que j’avais du travail. Sur le chemin du retour vers la résidence, j’avais travaillé ces fameux cubes… Cinq étaient trop pour le moment, mais deux suffisaient. Et ces cubes-là seraient spéciaux, car je comptais bien utiliser mes grimoires. Un cube qui soigne, l’autre qui peut se munir d’épines, cubes dont la forme changerait au gré de mes besoins en combat… Peut-être trouverais-je d’autres grimoires ? Il me fallait en apprendre plus sur eux… Pourquoi la Confédération des Erudits s’en étaient-ils servi avec la pierre d’Elpída et pourquoi l’autre était caché sous une ancienne bibliothèque, dans un tunnel dont la clé était cachée dans une ruine mortelle ? Ces livres n’avaient de toute évidence rien d’anodin. Je devrais peut-être ne pas les exhiber, à l’avenir…

Quand j’arrivai enfin à la tour, mon père était dans le jardin, essoufflé. Il venait de bouger un meuble… Ma chambre avait donc bel et bien servi d’entrepôt… Ma mère ne tarda pas à nous rejoindre et nous pûmes prendre, pour la première fois depuis bien longtemps, un repas familial comme au bon vieux temps. Pendant le repas, un sujet vint sur la table : celui de la course régionale de Bosco. Une coutume mise à mal depuis le début de la guerre, mais qui pourtant perdure depuis des générations : chaque ville organise une course à participation libre et les vainqueurs de chacune d’elles se retrouvent à la capitale pour un marathon bien plus important. Ma mère voulait que je participe, car selon elle, « c’est pas avec ce corps de moucheron que je vais affronter les mages noirs ». Je n’avais rien contre l’idée : la magie était autorisée. Depuis plus de cinq ans, c’était ma mère qui remportait cette course dans notre ville, bien qu’à l’échelle nationale elle ne finît que dans les vingt premiers. Je savais qu’elle était une mage douée, endurante, épéiste adroite et soldat de qualité… mais j’espérais pouvoir gagner contre elle.

Les jours d’après, je les avais passés à m’entraîner à la magie dynamique. J’avais rapidement compris que créer des objets animés nécessitait une grande concentration et polyvalence plus que de puissance… De plus, je prenais un certain plaisir à faire flotter des petites grenouilles en papier sur le petit étang dans le jardin, ou encore à poursuivre les oiseaux dans le ciel avec de petites formes. Créer des formes animales plus grandes fut un jeu d’enfant une fois le principe de base acquis. Cependant, certaines structures comme le golem que Drosin avait créé ou encore un serpent de la taille de celui qu’il utilisait nécessitait trop de concentration et d’énergie.



Une atmosphère de compétition régnait dans la maison à mon réveil, une semaine après mon arrivée : c’était le jour de la course. J’avais hâte de montrer à mère quel mage j’étais devenu. Elle n’allait pas se laisser faire, ce n’était pas le genre à me laisser gagner, bien au contraire. Trop de fierté pour ça…

« Je vais te mettre la pâtée, Liesel !
— On en rediscutera quand je t’attendrai sur la ligne d’arrivée ! D’ailleurs, pourquoi papa participe pas ? Il peut bien créer des Bottes de Sept Lieues, non ?
— J’ai essayé, une année…
— Mais j’ai quand même gagné ! Hahaha !
— Mais t’es quoi au juste ?
— Aussi douce qu’un manteau d’hiver, aussi brutale qu’un blizzard d’Iceberg, aussi rapide qu’une avalanche, je dévaste tout sur mon passage ! »

La voilà qui prenait la pose… Enfin, nous étions partis pour ne pas arriver en retard. Alignés sur la ligne de départ, j’observais les concurrents s’échauffer et préparer leur magie. Un mage de feu novice, gêne potentielle ; une mage qui modifiait la taille des objets, gêne potentielle ; une mage… du flan caramel. Ma foi, pourquoi pas. J’attendais de voir la magie de la crème brûlée…

« Mesdames et messieurs, je vous prie de vous écarter de la piste, merci. La course va bientôt commencer ! Elle opposera : Cläre Engelwald, championne en titre de notre village depuis maintenant six ans, à… tous les autres. Bonne chance à vous, parce que c’est pas gagné.
— Qu’elle essaie de se servir de sa neige, lança le mage de feu.
— Si je dois l’assommer avec un bâton géant… murmura la magicienne à côté de moi.
— B-Bonne chance à tous ! » tenta le flan caramel.

Ah oui, il y avait aussi la poissonnière, non-mage, qui participait depuis vingt ans à cette course sans jamais avoir gagné le moindre prix. Elle faisait ça surtout pour elle, et s’entraînait chaque année, surtout dans le but d’entretenir son âge avancé.

« La parcours sera balisé par des colonnes de lumière, à vous de bien les observer. Il faudra passer par plusieurs environnements : la forêt, la colline que vous voyez au fond, le lac et enfin traverser la plaine pour revenir ici. Le vainqueur recevra cette fabuleuse Pierre de Tesla, objet chargé de magie pouvant lancer des éclairs ! »

Il présenta l’objet, d’apparence assez simple. Une sorte de rocher, rond, fissuré, parcouru d’éclairs violets.

Premier prix – Pierre de Tesla:

Je me concentrai attentivement sur les autres candidats. Ma mère et le mage de feu chargeaient leur magie, c’était mauvais signe. Connaissant ma mère, c’était le genre à créer un brouillard épais pour empêcher les joueurs de partir correctement. Le mage de feu n’aurait qu’à réagir pour ouvrir le passage… Mais l’humidité créée m’empêcherait d’utiliser le moindre sort... Cette course se révéla soudainement beaucoup plus intéressante !

« À vos marques… »

Une certaine tension montait en moi alors que je posais les mains au sol.

« Prêts…
— Bonne chance à tous.
— PARTEZ ! »


Tous partirent, sauf moi, qui restai figé sur place un court instant. Instant que j’avais utilisé pour créer un tremplin de papier, qui m’avait propulsé hors du village avec une brutalité impressionnante. Depuis le ciel, je vis le début de la course se dérouler comme je l’avais prévu, un grand brouillard et ma mère qui doublait tout le monde. J’allais retomber en plein milieu de la forêt… J’avais préparé mon arrivée en réunissant le plus papier possible, mais c’était sans compter sur une tempête de neige qui s’abattit immédiatement sur moi, mouillant mes feuilles, me forçant à m’écraser !

« Tu ne me battras pas, Liesel ! »

Je tombai dans un arbre, lamentablement, prenais les branches en pleine figure, qui me griffaient. Arrivé au sol, je vis la poissonnière passer devant moi, à un rythme tranquille. Ça n’allait pas se passer comme ça. Elle continuait sa course, jusqu’à ce qu’un jeune garçon sur le dos d’un lapin de papier géant la rattrape et le double sans problème. Mon lapin sautait les rochers sans aucune difficulté et je pouvais voir devant moi le flan caramel qui courrait plus rapidement que son corps de jeune fille laissait penser.

« J-Je… Je suis désolée !! » cria-t-elle en invoquant un énorme bloc de flan à la vanille qui me bloquait le passage. L’idée de m’arrêter pour le dévorer me traversa l’esprit un court instant, mais j’avais une course à gagner ! Le lapin prit de l’élan et sauta par-dessus le bloc en sautant si haut que j’en fus surpris. Dans la chute, je vis le mage de feu, les mains enflammées, le regard déterminé. Il lança vers moi une gerbe de flammes rouges. Le lapin se déplia aussitôt sous mon commandement et il devint un avion de papier que la chaleur fit s’élever dans les airs. Je voyais au loin la colline que nous allions devoir grimper ainsi que les marquages de lumières. Utiliser le papier de cette façon était absolument génial ! Avec mes nouvelles capacités, je pouvais planer beaucoup plus aisément comme je le souhaitais. Voler ainsi était une sensation très agréable… Je vis ma mère courir au loin, en pleine forme, dans un rythme stable. Je devais la rattraper ! J’ouvris l’avion en deux et les ailes de l’engin vinrent se greffer à mes bras. Je planais désormais de moi-même, tel un écureuil volant. Avec la vitesse que je gagnai, je pus la dépasser et traverser le blizzard qu’elle avait créé pour me stopper. J’étais premier pour l’instant !

« Tu ne me laisses pas le choix ! »

Le sol se recouvrit de neige et elle glissa sur sa piste comme si elle était munie d’une paire de skis. Elle allait plus vite que moi ! Mon atterrissage échoua à nouveau totalement – je devais vraiment travailler cet élément, trop de crashs dans ma vie – et j’étais transformé en boule de neige qui roulait sur un sol plat. Bientôt j’étais allongé et inerte, dans la neige glacée.

« J-… Je suis vraiment désolée ! »

Le flan venait de me doubler, d’une façon peu anodine, les jambes plongées dans un coulis qui glissait à toute allure sur la neige. C’était n’importe quoi, je n’allais pas me laisser battre par un flan ! Je regardai autour de moi et trouvai une écorce d’arbre qui ferait sûrement l’affaire… C’était risqué, mais je devais tenter ! Avec quelques feuilles, je fixai en un rien de temps la planche à mes pieds et aussitôt, je me servis de cordes de papier pour me tracter vers l’avant grâce aux arbres. La vitesse que je gagnais était impressionnante, car en donnant une forme de ressort à mes cordes, je gagnais une force considérable. Le flan se trouva rapidement bien derrière moi. En un rien de temps, j’avais rattrapé ma mère. Nous étions presque au pied de la colline. Cette fois-ci, je comptais bien ne pas me laisser battre et gagner cette course !


« Maman ! Vise un peu ça ! »

Malgré la fatigue que je ressentais, je slalomais entre les arbres grâce à mes câbles blancs, puis, arrivé à quelques dizaines de mètres de la falaise rocheuse, je lâchai ma planche de bois puis lançai mes câbles dans la roche. Tracté dans les airs, au risque de m’écraser contre la paroi, je formai sur ma trajectoire des plateformes sur lesquelles je sautai vers l’avant, lorsque, soudainement, deux aigles de papier vinrent me saisir par les épaules pour me poser sur le sommet.

« Ne frime pas trop ! Schneegeysir !!! »

Un geyser de neige surgit du sol et ma mère s’expulsa par-dessus la falaise et arriva bien devant moi, sur la pente.

« SKIHANG ! »

L’énorme pente qui donnait sur la plaine se vit recouverte de neige immédiatement, neige sur laquelle ma mère glissa sans aucun effort, immédiatement rejointe par son fils. Muni d’une planche de snowboard en papier, je devais rapidement trouver une alternative car l’humidité de la neige rendrait bientôt ma planche inutilisable.

« Schneebomben !! La neige est mon terrain de jeu, tu ne peux rien faire ici ! »

Plusieurs boules de neige géantes apparurent derrière moi et me poursuivaient à une vitesse hallucinante ! Je n’avais d’autre choix que d’utiliser mon dernier recours : Khamsin. J’avais eu l’occasion de tester plus amplement cette dague, ses effets ne pouvaient durer plus d’une minute…

« Alors laisse-moi te montrer mon élément ! »

Je dégainai ma dague et plaçai ma main en avant. Des plateformes de papier flottantes se disposèrent tout le long de la pente. Je montai sur l’un d’eux et activai Khamsin. Je filai de feuille en feuille à une allure fulgurante, si bien que j’avais immédiatement dépassé ma mère qui traînait à l’arrière. Je profitai de mon avance pour créer des obstacles dans sa glissade. J’arrivai dans la plaine et fonçai à toute vitesse vers le village que je pouvais apercevoir de l’autre côté. Je devais l’atteindre avant elle ! La dague allait bientôt arrêter de briller et ses effets allaient disparaître. En courant, je sentis derrière-moi une vive lumière bleue. En me retournant, je vis un énorme cercle magique au-dessus de maman, qui tenait debout sans bouger sur l’une des boules de neige, par je ne sais quel miracle.

« TU NE ME LAISSES PAS LE CHOIX ! FRENETISCHE LAWINE !!!

Il y eut un grondement sourd, au moment même où ma dague cessa de me porter à travers le vent. Il ne fallut pas longtemps pour que, depuis la colline, une gigantesque avalanche se déferla à toute vitesse vers moi, si bien que rien ne pouvait m’aider actuellement ! Je grimpai sur mon lapin de papier, pour tenter d’échapper à l’attaque, épuisé par tant d’efforts physiques et magiques, car toutes ces créations dynamiques m’épuisaient. Néanmoins le nuage de neige s’approchait et ma mère s’en servait comme locomotion, défiant les lois de la gravité. Un nouveau cercle magique apparut et je discernai dans sa voix un trait de fatigue.

« HAGELSTURM !!! »

Elle hurlait si fort que même mon père devait l’entendre à la résidence. Comme si l’avalanche que j’avais énormément de mal à semer ne suffisait pas, une tempête de grêle s’abattit sur moi. Je devais utiliser mon dernier recourt, tant pis si je me blessais ou que je me privais de magie pendant plusieurs jours, je voulais gagner ! Je DEVAIS gagner ! Mon lapin se déplia et m’enveloppa. Des ailes lui poussèrent et je m’envolai au sein d’un grand rapace de papier qui volait mon énergie à chaque battement d’aile, au-dessus de l’avalanche en slalomant plus ou moins efficacement entre les grêlons.


Du point de vue du village, un énorme brouillard blanc suivit d’un aigle tout aussi blanc filaient à toute vitesse vers eux. C’était la dernière ligne droite ! Hors de question de perdre ! Nous étions au coude à coude, touts les deux épuisés et aucun de nous deux ne comptait renoncer ! Chaque battement d’aile m’épuisait, chaque mètre que la neige parcourait drainait l’énergie de mon adversaire. Nous entrâmes dans la ville tels deux éclairs. Pour la première fois dans l’histoire d’Humanitas, quelqu’un tenait tête à Cläre Roseliese Engelwald ! Nous nous écrasâmes épuisés contre une maison, loin derrière la ligne d’arrivée, épuisés, essoufflés, morts. Nous échangeâmes un regard de complicité, sous le visage ébahi de toute la population du coin.

« Déterminer le vainqueur a été difficile, mais d’après la lacryma d’enregistrement juste là…


« Cläre est la championne en titre pour sa septième année consécutive ! »

Quoi ? Qu-… Quoi ? J’avais… J’avais perdu ! Après tous mes efforts, après tant d’efforts… J’avais déployé toutes mes capacités, et pourtant j’avais perdu… J’étais lamentable… Bouhou…

« Pas mal, Liesel. Mais si tu avais fait plus de sport, tu aurais gagné ! »

En plus elle me rabaissait ! C’était trop, je n’avais plus aucune force… Je voulais dormir… dormir.


Une douleur affreuse me réveilla. Mes jambes semblaient tirer sur mes muscles affreusement et mon énergie était au plus bas. Plus important, comment étais-je arrivé au chaud, dans mon lit, alors que je venais de m’écrouler dans des restes de neige, en début d’été, au milieu du village ?

« Tu es réveillé, sourit mon père.
— Heu… Plus ou moins… »

Je vis dans le miroir du fond mes griffures partout sur mon visage, dont certaines coulaient encore… Je souris en me comparant à l’image d’un albatros s’écrasant sur le sol. J’allais guérir tout ça en un rien de temps avec le grimoire d’Irina, je l’avais laissé dans mon sac. Mais pour l’instant, je devais comprendre l’heure qu’il était… J’allai dans le salon et ma mère m’attendait, devant un thé bien chaud. Elle m’en avait préparé un. Je m’assis face à elle, frustré, ne sachant que dire. Il y eut un long silence, que mon père avait lamentablement essayé de combler avec des remarques vides d’intérêt. Au final, elle finit par soupirer en souriant et me parler.

« Tiens. »

Elle posa sur la table la Pierre de Tesla, qui scintillait d’éclairs légèrement dorés, avec les reflets du soleil du soir.

« Tu as pitié ? demandai-je avec une hostilité qui n’était pas très sincère.
— Non, c’est surtout que ça me servira à rien, alors prends-la.
— E-Elle veut dire qu’elle est fière de toi.
— Ah non non. C’est mon prix. Si j’en avais eu une quelconque utilité je l’aurais gardé.
— Oh seigneur…
— Alors, prends-le ! »

Je lui adressai un regard qui cachait un sourire, puis pris la pierre. J’étais tout de même fier de moi ! J’avais réussi à utiliser la magie de création dynamique rapidement. Peut-être que maître Drosin avait raison, que j’avais un « truc » avec le papier… Même bébé, quand je pleurais, les livres de la bibliothèque volaient parfois sans explication.

« Le type m’a expliqué, reprit-elle, tu peux l’utiliser que trois fois. La pierre est pas très très puissante hein, assez pour lâcher une bonne décharge qui pourrait étourdir un taureau, mais rien de mortel.
— Utile.
— N’est-ce pas. Et puis… Tu la mérites. »

Elle me regarda avec un visage que je voyais rarement, mais qui n’avait pas de prix : celui d’un parent fier de son enfant. Avec mon père c’était différent, il l’avait tout le temps… Son visage coupa net et reprit la forme de Cläre tyrannique campagnarde et brute de décoffrage.

« Maintenant, va faire à bouffer, j’ai faim.
— Quoi !?
— Enfin Cläre, regarde son visage, il est blessé de partout !
— Oh, t’en fais pas pour ça, regarde. »

Je sortis de mon sac le livre d’Irina, et, avant même que je puisse faire mes bandages, mon père m’interrompit. Les traits de son visage devinrent semblable au froid glacé d’Iceberg, c’était ce qu’il m’évoqua.


« Liesel ? Où as-tu trouvé ça !?
— Ah, bah… c’est une amie qui m’a-…
— RÉPONDS MOI ! OU L’AS-TU TROUVÉ ?!
— À Seven, la fille nommée Irina… Mais, pourq-…
— Tu en as d’autres !?
— Euh, oui, un autre que m’a donné monsieur Drosin, il était caché sous la bibliothèque.
— Sais-tu à quoi ils servent ?
— Bah… Celui-ci peut soigner et l’autre faire des échardes… Mais pourquoi toutes ces questions !? »

Il resta bouche bée, tandis que ma mère semblait en proie au doute. Pourquoi en avait-il après ces grimoires, étaient-ils si particuliers ? Je me doutais qu’il s’agissait d’objets rares, mais comment mon père pouvait-il connaître des objets que j’avais trouvé à Seven et Desierto ? De la même manière… Comment deux livres, absolument blancs, chargés d’une magie différente et pourtant semblable, créés par le même auteur pouvaient se trouver à des lieux opposés du monde ? Ma mère parla, et ses mots ne me rassurèrent vraiment pas.

« Tu penses qu’il faut lui dire ?
— Je voulais le tenir en dehors de tout cela… Et puis on ne peut pas rentrer à Iceberg, tu sais aussi bien que moi que le clan Leoni ne te laisserait pas tranquille.
— Ma famille, mes problèmes.
— Dont je suis le responsable.
— Arrête ! Nous avons déjà eu cette conversation… C’était mon choix de t’épouser et de les trahir. Maintenant nous devons emmener Liesel. Il doit être affecté comme il se doit dans le clan Engelwald, par la cérémonie, tu sais comme moi qu’il le faut. Il a trouvé deux livres !
— Est-ce qu’on pourrait m’expliquer la situation ? »

Ils s’arrêtèrent net, comme s’ils venaient de réaliser que j’étais dans la pièce depuis le début. Mon père soupira, comme pour prendre du recul face à tout cela.

« Nous partons pour Iceberg demain. Tu sauras tout quand tu seras officiellement dans le clan. »

De les voir dans un état pareil tous les deux… j’avais peur.


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Jeu 08 Juin 2017, 00:16
         
Ow bowdel. S+ !

Les 500 points accordés au rang S+ s’ajoutent au 500 d’un entraînement. Puisque c’est un entraînement. CQFD !
Plus le total de points de base dus pour avoir pondu 292 lignes, soit 2920 points !

Détaillons, mes poissons :

♦ Eeeeh toujours pas de perfection. Dis donc, c’est rude !

Récapitulatif des fautes pour les réclamations:
« me tuera »
« leur âme respective »
« c’était vus »
« petits rapace »
« s’en étaient-ils »
« l’autre était caché »
« perdure »
« soldat de qualité »
« sur l’un d’eux »
« se déferla »
« que j’avais trouvé »

♦ Au niveau de la cohérence, rien à dire. Liesel reste Liesel, et ses parents restent... eh bien... ça. 100, tout rond !

♦ L’originalité sera valorisée de 50 points, parce que la course est apparue comme un moyen très efficace de s’entraîner. ~

♦ L’histoire ? Si l’on prend en compte le fait qu’il s’agit d’un petit comic relief, il ne faut pas oublier pour autant le lancement d’une nouvelle histoire en rapport avec des éléments importants du RP. 350 points, boi.

♦ Niveau rendu, 100 points, comme toujours, et puis les paragraphes sont mieux aérés et...

... l’air...

... j’aime ça, mon con.

♦ SUSPENSE DE FOU ATTENTION... 250 points pour l’humour ! Diantre que j’ai ri quand Liesel rencontre ses parents morts... On peut dire que ce passage en particulier m’a... tuée !

C’est tout pour moi.

♦ Terminons par une rédaction bien plus fluide et peaufinée qui, malgré quelques répétitions et ponctuations délicates, mérite bien ses 280 points. J’en enlève quand même un peu pour le « kick ». On a un mot en français pour ça (enfin, trois) : « coup de pied » ~

Cela t’offre un total de 5050 petits points, regarde comme ils sont beaux !



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Nina Andersen
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