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[Entraînement 4] Festival

Mar 25 Avr 2017, 20:46
         

Entraînement 4



Festival
ACTE I

Scène 1

♪♫♪

ALTEA, BRUCE

BRUCE. — Après toute une nuit de travail assidu, n’as-tu pas l’intention d’en détacher les yeux ?

ALTEA. — En quoi cela te gène si je travaille un peu ? Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe là-dessus… Regarde-moi ça mieux, un bijou, et même plus ! Ce métal est classique mais ce fluide unique !

BRUCE. — Les collègues de chimie, quel en est donc l’avis ?

ALTEA. — Retient aethernanos, sorts et toute magie. Nous n’en savons pas trop, en tout cas aujourd’hui, mais ce qui est certain, c’est que son développeur, et qui qu’il soit d’ailleurs, n’a pas agi en vain. Les émissions magiques, pour un humain lambda, ne sont pas perceptibles, à distance en tout cas. (Elle porte la lacryma à bout de bras pour illustrer.) J’entends rien !

BRUCE. — Mais enfin…

ALTEA. — (Pousse Bruce, le bras tendu, avec un sourire narquois.) J’entends pas !

BRUCE, navré. — Altea !

ALTEA, regarde l’heure. — Je vais te laisser seul, Bruce, si tu le veux bien. Pas que cela m’enchante mais j’ai cours de fiorien.

BRUCE. — Quoi, des langues anciennes ? Pas des lettres modernes ?

ALTEA. — Initialement si. La prof a une lubie. Et puis on fait théâtre, mais la semaine prochaine...

BRUCE. — Depuis quand aimes-tu ça ? Puis, la langue fiorienne…

ALTEA. — Je n’aime pas justement, j’aime mieux l’art de la scène. Mais pas le choix, tu sais…

BRUCE. — (Il frappe gentiment Altea dans le dos.) Pars, tu vas m’attrister.

Scène 2

ALTEA, AMELLE, PIGEON

ALTEA, dans la cour du lycée. — Ce cours était barbant, mais vraiment, complètement ! Mais comment as-tu fait pour suivre sans ciller ? Amelle, tu sais quoi ? Le fiorien, c’est sans moi ! Dieu sait comment tu peux garder ouverts les yeux alors que cette femme me traverse comme une lame… Tu es une déesse.

AMELLE. — Haha, tu me rabaisses. J’aime bien ce langage venu du fond des âges… Comme tu t’es endormie, tu ne peux pas savoir.

ALTEA. — Mais je n’ai pas besoin d’apprendre le fiorien !

AMELLE. — Tu manques de culture. Tu lis ? Tu en es sûre ? Toi et moi c’est un an, plus encore, et jamais je ne t’ai vue tenir un livre et t’y tenir !

ALTEA. — Je tente, hein, tu sais… Mais depuis plusieurs mois, avec le Chrysokrone qui me met en émoi, c’est assez compliqué.

AMELLE. — Je t’en donnerai un de ma bibliothèque, pour que tu puisses goûter à de la qualité. (Lève les yeux au ciel.) Mais…

PIGEON. — Rou, rou !

ALTEA. — C’est quoi, ça ? Aaah, ça fonce sur moi ! (Attrape dans ses mains un oiseau descendant en piqué, droit sur elle, à toute vitesse.) Un pigeon voyageur, ou un pigeon tueur ?! Qui donc peut bien m’écrire par ce drôle de moyen ? J’ai bien failli mourir, je n’exagère en rien ! (Soupire.) Mais à quoi bon frémir, la lettre en dira plus… Je peux même te la lire, mais toi relâche l’obus. (Elle fronce les sourcils aux premiers mots mais entame la lecture, à voix basse, pour ne pas attirer plus de regards encore.) « Altea, ma chérie, cela fait trop longtemps que nous ne t’avons vue. Alors que dirais-tu de nous rejoindre un temps, en fin d’après-midi ? Nous aimerions très fort te voir, ton père et moi ; discuter en famille autour d’un bon repas ! ». C’est ma mère…

AMELLE, rit. — J’entends ça ! Elle semble vraiment tenir au rendez-vous, si elle est pour cela prête à t’ouvrir en deux.

ALTEA. — Je n’aurais pas dit mieux. Et de toute manière je peux bien faire cela, comme nous n’avons aucune mission sur les bras.

AMELLE. — En revanche un cours oui. Pouvons-nous y aller ?

ALTEA. — En effet…

AMELLE. — Ne traîne pas, c’est quand même le dernier.

ALTEA, réfléchit quelques secondes. — En ville, tout à l’heure, tu m’accompagnerais ?

Scène 3

ALTEA, AMELLE

ALTEA. — C’est cher, mais pas le choix, j’en ai vraiment besoin. Mais ma famille bien plus : dresser un oiseau et l’envoyer une fois… Mais deux, et quoi encore ? Je m’en passerais bien, surtout d’aussi malins !

AMELLE. — On ne peut pas nier qu’ils le vendent à prix d’or. Tu es encore à temps de réfléchir d’abord… Et si tu allais voir quelques tarifs ailleurs ? Ici c’en est au point où même moi, j’ai peur.

ALTEA. — Tu as raison, marchons… Il me faudra remplir une nouvelle mission ! Renoncer à l’iSpell serait une sottise pour quelqu’un comme moi ! L’ingénierie m’attise.

Scène 4

♪♫♪

ALTEA, GIAN, ETHEL

ETHEL, prenant Altea dans ses bras et lui embrassant le front. — Bonjour, mon Altea !

ALTEA. — Bonjour maman, papa !

GIAN, déjà attablé. — Ta mère t’a gâtée de tes plats préférés, et d’ailleurs le premier est déjà sur la table. (Une fois tout le monde installé autour de la table ronde, Gian sert de l’eau à chacun. Le repas s’attarde avec le plat.)

ETHEL. — Dis-moi donc, ma chérie… Tu es bien insatiable ! Est-ce dû à la fatigue d’un labeur acharné, peut-être à ton travail ou peut-être au lycée ?

ALTEA. — Je pense que l’un d’eux serait bien peu probable… Je ne dis pas lequel, mais vous devinerez : par mon talent inné, sitôt l’an commencé, l’issue était donnée, j’enchaîne les succès ! À peu de choses près…

GIAN. — Les langues, j’imagine.

ETHEL. — Sans oublier l’histoire où tu n’es pas bien fine. Tu pourrais faire mieux.

ALTEA. — Eh bien merci, vous deux, je suis toujours ravie que vous m’encouragiez… Ces matières sont seules et sans grande importance. Je vous rappelle tout de même que j’étudie les sciences… En revanche, tenez, pour changer de sujet, regardez donc un peu ce que j’ai apporté ! (Altea donne l’iSpell à ses parents après l’avoir sorti de son ventre.) Et j’en ai un pour moi, ils sont déjà liés.

ETHEL. — Mais enfin, Altea… Tu as dû te ruiner ! Combien t’ont-ils coûté ? C’est vraiment beaucoup trop…

ALTEA. — Il s’agit d’un cadeau. Et de toute manière, ça, j’en fais mon affaire ! Mon travail paye bien…

GIAN. — Tu ne nous en dis rien. Et d’ailleurs quel est-il ? Est-ce vraiment si futile ? Nous en tirons les fruits chaque mois que Dieu fait et ne savons même pas d’où donc il est tiré ! (Son regard fuyant montrait qu’il évitait de rappeler les raisons.) Pourrais-tu tout de même un peu nous informer ?

ETHEL. — C’est vrai ça, Altea. Ton père a bien raison. Le lycée nous l’a dit : les tables sont tes lits. Nous savons aussi bien que tu as fait sauter, dans le laboratoire, un mur par pan entier. Pourquoi avoir gardé cachée la vérité ?

ALTEA, fronce les sourcils. — Bel interrogatoire.

GIAN. — Aucune échappatoire. L’on t’a autorisée à vivre émancipée, ne nous pousse alors pas à regretter ce choix !

ALTEA. — Je fais des commissions pour des mamies gâteau, parfois même gâteuses, les salaires sont gros. Que voulez-vous savoir de plus à ce propos ? (Soupire, le cœur battant.)

ETHEL. — Si en réalité ces mamies ne sont pas bien moins sages, plus rebelles et ne font pas leur âge. Achetant des produits au bien bel emballage.

ALTEA. — En somme vous pensez que je vends de la drogue, quelconque stupéfiant ou tout autre analogue. Je vous remercie bien de vous inquiéter, mais ce n’est pas le cas, donc soyez rassurés… Toujours qu’en premier lieu, vous m’avez invitée non pas pour m’accuser mais pour nous rassasier. Merci bien.

ETHEL, suspicieuse. —  Désolés. Nous reprendrons après.

ACTE II

Scène 1

♪♫♪

ALTEA, AMELLE, COMMERÇANT, ENZO

ALTEA, heureuse. — C’est donc en cette ville belle d’illuminations que nous avons été envoyées en mission… ?

AMELLE. — Il faut croire. C’est si beau… Vois mieux, Altea, ces lampes volent si haut ! On les croirait étoiles venues nous voir des cieux. Ces stands aux chapiteaux brodés ou imprimés de motifs printaniers, ceux qui nous font sentir autant d’alléchants mets encore en train de cuire… Ces brochettes m’attirent !

ALTEA. — C’est un rien de le dire ! Allons donc en acheter, nos ordres n’empêchent pas de prendre du bon temps tant que nous sommes là. Même si je dois avouer qu’ils m’alarment quelque peu. Mais nous aurons tôt fait…

COMMERÇANT. — Madame, j’vous en mets deux ?  

ALTEA, sursaute. — Ah, oui, excusez-moi ! Et même deux de plus ! C’est qu’il ne nous faudrait pas tomber dans l’abus. Et c’est à toi, Amelle. Que prends-tu ?

AMELLE. — Hé mais quoi ? Ces quatre grosses brochettes, elles ne sont qu’à toi ? Tu es désespérante…

ALTEA. — (Prend la pose, narcissiquement, en constatant qu’un groupe de garçons les regarde en passant.) Mais aussi attirante !

AMELLE, fronce les sourcils et parle tout bas. — Et eux, que veulent-ils ?

ALTEA, en se baffrant de brochettes. — Grands dieux, quel goût subtil ! (S’essuie la bouche.) Il ne nous reste plus qu’à attendre l’allié. Amelle, le vois-tu ? D’après l’ordre de quête ce PNJ sait bien nos couleurs de cheveux et que nous sommes deux. Ou est-il étourdi et n’a pas bien compris lorsqu’Alton lui a dit ?

AMELLE. — Ce n’est pas très sérieux. Et nous, que savons-nous, sinon que ses cheveux sont noirs, longs, hérissés ?

ENZO, arrive comme s’il avait été invoqué. — Êtes-vous Altea ?

ALTEA. — Oh là ! Oui, c’est bien moi ! Tu es Enzo, n’est-ce pas ?

ENZO. — En effet, c’est cela. C’est Amelle que voici ?

AMELLE. — Eh bien, enchantée, oui. Ne parlons pas ici de pourquoi nous sommes là, isolons-nous plus bas…

ENZO. — J’étais déjà en ville, désolé du retard, mais j’étais retenu aux abords d’un boulevard. Calipari est grande au moins en temps de fête, il y a des gens partout, à en perdre la tête ! Néanmoins je n’ai pas baissé toute ma garde, j’ai pu identifier quelque part une harde. Les monstres sont en route, c’est pourquoi nous sommes là, ainsi je vous demande de rejoindre mes rangs. J’ai la capacité de me téléporter, et vous ?

ALTEA. — De bien tirer. Très bien même, en effet mon amie et moi-même avons des pistolets.

AMELLE. — Je suis sur les arrières, Altea plus au front.

ENZO. — C’est idéal. Courons ! (Entraîne Altea et Amelle dans sa course au bas de la rue en fête.) Les monstres sont par-là, ils ne tarderont pas.

AMELLE, une fois aux abords de la zone à risque. — J’en vois un, regardez ! Il est tout étriqué dans sa peau asséchée, ses yeux exorbités… Et mon Dieu quelle horreur comme il sent le fromage ! Race de gobelin, sorte de nécrophage ?

ENZO. — Je ne sais pas très bien mais ce dont je suis sûr, c’est qu’Altea ne semble effrayée par l’impur… Est-elle toujours ainsi à tirer sans viser et ne manquer sa cible que si elle est tombée ?

ALTEA, combat, inébranlable. — L’odeur, je n’en peux plus, cela me rappelle trop le pire fromage fondu ! Mais Enzo tu sauras, si j’aime le fromage, que je l’aime encore mieux sans qu’il soit passé d’âge !

AMELLE, tire sur un monstre qui venait de bondir sur Enzo. — Fais attention, Enzo ! Veux-tu mourir précoce ? Regarde un peu ces griffes, les dents de ces mâchoires, censées ronger ta peau et ta chair jusqu’à l’os ! Ne te laisse pas avoir ou ils te feront choir jusqu’en Enfer s’il faut, si cela leur permet de finir rassasiés.

ENZO. — Merci de me sauver… Je ne suis que nouveau, censé finir agent d’appréhension des gueux pris pas les mercenaires. Je ne me trouve ici que parce qu’en heure et temps j’étais le seul novice pour accepter l’affaire… Calipari est une ville que je chéris pour y avoir un an passé toutes mes nuits. Je ne pouvais pas refuser.

ALTEA, se débarrasse d’un dernier monstre et sourit à pleines dents. — Et c’est très bien. C’est tout à ton honneur d’avoir bravé tes peurs. (Recharge son pistolet.) Inspectons d’autres rues, car il ne faudrait pas-… (Son iSpell sonne, elle s’éloigne pour décrocher.)

Scène 2

♪♫♪

ALTEA, ETHEL

ALTEA. — Maman ?

ETHEL. — Bonsoir chérie. Tout va comme tu veux ?

ALTEA. — Ma foi oui, tout va bien. Tu m’appelles juste un peu ?

ETHEL. — Pour prendre des nouvelles, rien de plus ma belle. Et puis ce téléphone, il faut bien l’essayer ! Tu es chez toi ?

ALTEA. — Eh oui, d’ailleurs je m’apprêtais à aller me coucher.

ETHEL. — Je ne t’embête pas plus, pourrais-tu simplement m’ouvrir un peu ta porte ? Car je sais que tu mens.

ALTEA, met un temps à répondre, sous le choc. — Pardon mais où es-tu ? Et surtout que fais-tu ? Penses-tu qu’il soit correct d’être si impromptue ?! Tout ça pour me piéger, par ailleurs, qui plus est. Si tu veux tout savoir, eh bien que ce soit fait : je suis chez une amie, à une ville d’ici. Je rentre dès demain.

ETHEL. — Et pourquoi donc mens-tu ?! Nous sommes assez inquiets, pourquoi en rajouter ?

ALTEA, ment. — Car j’ai été vexée que vous m’accusiez. Je voulais des vacances, eh bien je les ai eues. Maintenant si tu veux bien m’excuser maman, il me faut raccrocher car mon amie attend.

ETHEL. — Et qui est cette amie pour ne pas la nommer ? (Elle n’obtient pas de réponse.)

ACTE III

Scène 1

♪♫♪

ALTEA, AMELLE, ENZO

ALTEA. — Bon, la fête est finie. Ne restons pas debout durant toute la nuit.

AMELLE. — Mais il faudrait peut-être, avant d’aller au lit, fouiller la place, les rues, ou tout Calipari. À quoi bon direz-vous ? Souviens-toi Altea des machines suspectes retrouvées dans les arbres du bois de Leobec.

ALTEA. — Comment puis-je oublier de pareilles merveilles ? (Soupire d’aise.) Même si ce n’était pas le cas de ces bestioles. J’aimerais de tout cœur rencontrer l’inventeur, mais ha ! sûrement pas en milieu sylvicole ! Enfin tu as raison. Si nous nous séparons nous aurons plus de chances de trouver des machines et finir en avance.

Scène 2

ALTEA, ???

ALTEA. — J’ai eu les alentours… Ce serait mieux le jour ! Mais trêve de complaintes, et pas de place aux craintes. Que puis-je bien risquer dans ces bois isolés, seule sous la nuit noire ? Non non, c’est dérisoire. (Grimpe dans les arbres à la recherche de machines, s’aidant d’un grapin de sa fabrication pour passer de l’un à l’autre.) Ha ! Je ne vais pas faire du sport comme cela jusqu’aux aurores, si ? Car je n’ai rien trouvé… Où sont-elles bien cachées ? Dois-je les appeler pour qu’elles soient sous mon nez ? Les machines ? Montrez-vous ! (Elle pousse un cri en manquant de tomber.) Il ne manquerait plus que je me brise le cou ! Cette branche semble solide, je vais m’y accrocher… (La branche se brise sous le poids d’Altea qui tombe au sol.) Aïe ! Je ne comprends pas, cet arbre est bien vivant ! Je ne suis pas si lourde, il a cédé, pourtant… Mes fesses, désolée, vous n’êtes pas brisées ? Pouvez-vous me porter ? (Se relève difficilement.) Mon corps doit être entier. Mais quel est donc ce tronc qui semble vide de tout ? Il sonne creux, sans chair, comme troué partout… (Arrache le lichen et les plantes grimpantes qui poussent de l’autre côté du tronc.) Une entrée, par les dieux ! Ce me semble suspect… Mon cœur bat la chamade, je dois y pénétrer ? Oh, c’est trop excitant, je ne peux résister ! Une échelle maintenant… Que vais-je bien trouver ? (Descend à l’échelle qui débouche sur une petite salle souterraine.) Je n’aurais jamais cru tomber sur ça ici, littéralement ou pas. Qui peut bien vivre là ? (Un temps.) Mais ce sont des machines… Qu’est donc cette cabine ? Il y a des notes ici, c’est comme si-… (Tombe, frappée à la tête.)

??? : Bonne nuit.

Scène 3

ALTEA

ALTEA, qui se réveille à peine. — Oh bon sang, pauvre tête… J’ai été imprudente. Je suis si mal placée… Non mais quelle impotente ! Je n’ai pas surveillé mes arrières et voilà, je me trouve attachée à un lit par les bras. Y a-t-il quelqu’un ici, que je voie le visage de qui donc m’a soumise à cette posture peu sage ? Il a dû disparaître, ou elle, je ne sais pas… Bon, je suis menottée, en haut mais pas en bas. Mes jambes sont liées, rien de magique là. Cet objet métallique ne semble pas non plus être de maginium, je ne suis pas déçue. Je n’ai jamais tenté mais c’est mon seul moyen… Il me faut les stocker pour m’en tirer sans rien. Je passe, par habitude, chaque fois par mon ventre… Je crois n’avoir jamais essayé les poignets. Allez, juste un effort. Il me faut bien apprendre. (Après s’être concentrée un moment, elle parvient à absorber les menottes pour libérer ses mains, puis ses pieds, et se lève.) Je dois vite m’enfuir, mais peut-être avant ça épier un peu la pièce… Prendre ça… Et voilà. Alton saura bientôt que cet arbre contient un quidam pharmacien aussi sacré gredin. Ce métier, pourquoi donc ? Eh bien car il nourrit d’un satané poison les bestioles d’ici. Je n’en comprends pas plus mais je n’ai pas le temps de lire ses papiers, en tout cas pour l’instant. Je dois d’abord m’enfuir, remonter et courir…

ACTE IV

Scène 1

♪♫♪

ALTEA, AGENT


ALTEA. — J’ai dormi jusqu’au jour, mais il n’est pas midi... Ce qui m’inquiète le plus est l’absence d’amie. Elle n’est pas à l’auberge, pas plus que sur la place, Enzo a disparu, aussi, sans laisser de trace. Oh, Amelle… Elle a dû s’inquiéter et partir. Je t’attends, reviens vite, je ne vais pas m’enfuir !

AGENT. — Je vous attrape enfin ! (Agrippe littéralement Altea par le bras, doucement.) Où étiez-vous passée ? J’ai été envoyé avec trois unités venir vous retrouver. Vous étiez-vous perdue ? Vous a-t-on enlevée ?

ALTEA. — Oh, si vous saviez comme vous tombez bien ! Je vous remercie tant !

AGENT. — Vous ne me devez rien.

ALTEA. — C’est assez compliqué… J’ai été assommée. Je cherchais des machines, et puis je suis tombée, tombée d’un arbre et en lui j’ai atterri. Le lichen renfermait un tout petit abri, et dans l’ombre du lieu l’ennemi s’est tapi. Je n’ai pas vu le coup, j’ai été trop casse-cou…

AGENT. — Je préviens mes collègues et sitôt nous partons. Vos connaissances s’inquiètent et même votre patron. Il a peur pour son poste.

ALTEA, à moitié sarcastique. — Alton, oui, c’est bien lui. J’en ferai du méchoui, de la viande bouillie !

Scène 2

ALTEA, AMELLE, ALTON

ALTON. — Merci pour le rapport, Altea. Ça, c’est fort. Être aussi téméraire, battante et volontaire… pour finalement chaque fois nécessiter renfort. Sans félicitations.

ALTEA, blasée, hausse les épaules en pensant à ses parents.) Sûrement héréditaire. Mais tu ne peux nier que malgré mes hauts faits et cette altercation j’ai des informations.

AMELLE. — Informations ou pas, tu m’as fait bien trop peur ! Tu aurais pu mourir, ne jamais revenir…

ALTEA. — Ah oui, c’est à ce point ! Voyons, Amelle, enfin… Mon heure n’a pas sonné, mais j’ai au moins eu l’heur !
 
AMELLE. — C’est tout autant plaisant que c’en est désolant de t’écouter ainsi dire ces facéties. Idiote.

ALTON. — Mais j’admets, ces feuilles arrachées ou plutôt leurs propos, semblent se jumeler aux rapports du labo.

ALTEA. — Et c’est bon pour l’ego de savoir que c’est moi qui ai trouvé tout ça, déniché les machines, par-là ouvert la voie !

ALTON. — C’est bien ce qu’on dira, au moins pour faire plaisir. Ce que j’attends de toi, dès lors, c’est de sortir. Ces machines m’inquiètent, ces formules aussi, pas trop pour nous, humains, mais pour les monstres si.

AMELLE. — Bien, Alton, nous partons. Viens Altea, rentrons. Je veux t’accompagner au moins jusqu’à chez toi… (Tente de rester fière pour camoufler ses joues rougissantes.) J’aimerais sincèrement te savoir avec moi.

Scène 3

ALTEA, ETHEL

ALTEA, ferme la porte de son appartement derrière elle, dotée d’un sourire qu’elle perd aussitôt. — Oh mon Dieu mais enfin ! Comment es-tu entrée sans même avoir la clé ?!

ETHEL. — Le gardien m’a ouvert, et j’ai dû l’implorer. Cela rassure au moins : c’est bien sécurisé.

ALTEA. — Mais je n’en reviens pas que tu fasses cela ! Je n’ai rien fait de mal, je vis juste ma vie, sans forcément te dire où je passe mes nuits ! J’ai dix-huit ans, maman, j’ai mes propres tracas. Tu en doutes peut-être mais je ne me drogue pas !

ETHEL. — Tu ne nous dis plus rien ! (Elle pointe du doigt une photo encadrée d’Altea, Amelle, et deux autres amies.) Il semble qu’à tes yeux, ta famille, ce soit eux !

ALTEA. — Mais pas du tout enfin ! Tu dois conscientiser que moi aussi, ta fille, j’ai mes petits secrets. Je vous aime comme parents, je les aime comme amis, pas un seul d’entre vous ne se verra démis. J’aimerais tout de même que tu comprennes cela : je ne te dis pas tout, en effet, eh bien quoi ? C’en est de même pour toi, et aussi pour papa. Je ne m’immisce pas dans votre vie de lit, et je ne conte la mienne que si j’en ai envie.

ETHEL. — Tu as…

ALTEA. — Exactement, et ce n’est pas nouveau. Si tu veux bien rentrer maintenant, me laisser, si tu y tiens autant j’en parlerai bientôt. Merci de t’inquiéter, en tout cas. Même amère, je sais pertinemment que tu restes ma mère.

by Nina




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