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[Mission - Apprentie] Sales gosses !

Ven 02 Juin 2017, 16:52
         
Bon. Il était temps, temps d'aller de l'avant : et pour cela, il fallait que je me lance ! Si je voulais avancer, il ne fallait pas que je reste bloquée au stade auquel j'étais… C'était sur cette pensée que je me dirigeai vers le Tableau des Missions, déterminée à commencer quelque chose de nouveau. Arrivée devant le-dit Tableau, mes yeux se rivèrent vers une mission en particulier :

Sales gosses !:
Sales gosses :

Il semble qu'un trio de garnements issus de familles aisées s'amuse à voler d'honnêtes marchands sur le port d'Hargeon. Ils emploient une méthode lâche : l'un d'eux discute avec un marchand et arrive à l'énerver ; un second lui fait les poches pendant qu'il ne prête pas attention à ce qu'il se passe autour de lui ; et le troisième lui attache ses chaussures ensemble pour qu'il ne puisse pas les poursuivre. Ils n'ont aucun pouvoir magique. Administrez-leur une bonne correction et ramenez-les à leurs parents pour leur expliquer les larcins. Vous recevrez un bonus si vous arrivez à retrouver les biens pillés et à les restituer à leurs propriétaires. Avertissement : si le mode opératoire est si bien connu mais que personne ne dit rien, c'est parce que l'un des garçons est le fils d'un Comte d'Hargeon. N'hésitez pas à le corriger cependant : la guilde s'occupera de la diplomatie si le père n'assume pas les erreurs de son fils.

Ennemis : trois garçons riches.

Récompense : 20 000 joyaux + 10 000 supplémentaires si vous récupérez les marchandises.

Prérequis : aucun. Peut s'effectuer en solo ou en duo.

Hmm, s'occuper de petits garnements : c'était un bon moyen de commencer en douceur ! Et puis, ça me rappellerait sûrement de bons souvenirs… Je signai en bas de l'annonce, sans réfléchir plus longtemps : après tout, que pourrait-il m'arriver ?

**

Parée de mon sac à dos, de mon stiletto et (surtout) de mes cartes, mes pas me menèrent au rez-de-chaussée de la Haute tour. C'était la première fois que j'empruntai ce portail dimensionnel ; la première fois que je voyageai seule. Mais ce n'était pas désagréable ! Et, bon, je n'étais pas si seule que ça : Réalta était avec moi ! En m'approchant du portail, j'entendis Sirius qui m'interpelle :
- « Bonjour Aria ! Où souhaites-tu aller ?
- Bonjour Sirius ! J'aimerai aller au port d'Hargeon : c'est possible ?
- Qu'est-ce qui est impossible pour moi ? »
Je ris à sa remarque tandis qu'une lumière éblouissante m'aveuglait. Le portail était d'une beauté… Indescriptible. Des nuances de couleurs belles, si belles… Que s'en était hypnotique!
- « Merci Sirius, tu es VRAIMENT une merveille ! »
Pas sûre, mais je crus entendre Sirius répondre un « Je sais », tandis que je traversais le portail.

**

L'arrivée n'avait pas été très agréable : mon corps n'ayant pas supporté ce voyage instantané, j'avais recraché mon déjeuner. Super… Je repris mes esprits, espérant oublier (momentanément) cette malheureuse expérience. Il ne me restait que des nausées et un mal de crâne à me taper la tête contre les murs ! Le port d'Hargeon semblait agréable sous ce soleil d'après-midi. Et bien calme. Arrivée dans une ruelle, je décidai d'aller sur les quais, afin de récolter quelques informations. Informations que j'aurai pu demander à Sirius, il est vrai, mais je préférai les récolter en discutant avec les habitants : c'est le genre de petite ville où les habitants aiment discuter avec les voyageurs, échanger, partager. Puis, c'était un moyen de m'intégrer sans intriguer !

Très peu de bateaux étaient accostés, il devait n'en rester que quatre ou cinq amarrés. En flânant sur les quais, j'aperçus une petite taverne. « L'écume des quais ». Ma foi, pas si sale qu'à l'accoutumée ! Elle semblait même plutôt accueillante. Toujours en recherche d'informations, j'entrai donc dans cette taverne, me posant au bar, au plus près des clients et des employés. J'observai alors l'entièreté de la salle, mémorisant le plus de choses possibles jusqu'à ce qu'une dame (plus toute jeune, il faut le dire) vienne prendre ma commande :
- « Bonjour ma jolie ! Qu'est-ce que je vous sers ?
- Bonjour ! Je ne sais pas vraiment : qu'est-ce que vous me proposez ?
- En pleine après-midi, avec un temps dégagé comme celui-ci… Je vous conseille un Sunset : sucré, fruité et peu alcoolisé pour une demoiselle comme vous !
- Eh bien, je vous fais confiance ! », dis-je avec un sourire.
Pendant qu'elle préparait ce fameux Sunset, je lui posai quelques questions : où je pouvais loger, pour un ou deux jours, tout au plus ; quand se déroulait le marché, dans quelle partie de la ville ; quelles étaient les lieux à voir, ou les plus touristiques…
- « Si vous voulez, je peux vous proposer une chambre à l'étage : je pense que vous seriez bien là, surtout que vous serez en plein cœur du marché ! Le meilleur coin est juste devant ma taverne », me dit-elle fièrement et en m'indiquant ses tarifs.
- « Le marché ne craint pas trop ?
- C’est-à-dire ?
- Il n'y a pas de problèmes de vol ou autre ?
- Oh non, ma jolie ! On est des gens honnêtes dans le coin, et si quelqu'un a besoin d'aide, la ville se rassemblera pour lui… Mais », hésita-t-elle, « il est vrai qu'en ce moment, y a des petits gamins qui s'amusent à voler dans les étals et à ridiculiser les marchands. Ils sont pas bien méchants, hein ! Ils sont juste en manque d'attention. C'est des gamins qui ont la vie tranquille, du genre avec des parents pas très attentifs sur leurs actions, v'voyez ? »

Taverne "L'Ecume des Quais":

**

Grâce aux informations de la tavernière, je commençai, en me dirigeant vers ma chambre, à réfléchir à un plan d'action. Le marché avait lieu demain, et je devais absolument savoir quoi faire avant cela. J'étais sûre que cette tavernière pourrait m'aider si je lui demandais. Elle avait l'air d'être une femme profondément gentille et généreuse. Et mon instinct me trahissait rarement ! Mais comment faire pour trouver ces enfants et les punir pour leur larcin ? Il aurait fallu que je les attrape sur le fait : mais je ne pouvais pas avoir les yeux partout… Il me fallait des informateurs, ou au moins des informations fiables. Est-ce que les habitants seraient d'accord pour m'aider ? Bizarrement, j'en doutai… Ils avaient l'air très solidaires, du peu que j'avais vu des clients. La tavernière elle-même, bien qu'elle paraissait sensée et raisonnable, a voulu relativiser son propos concernant les enfants… Il aurait fallu que je les convainquisse de m'aider : mais comment ?
L'heure du dîner approchait, je descendis donc rejoindre la tavernière. Je n'étais pas seule à dîner apparemment : un groupe d'homme étaient assis à la table près de la porte d'entrée. Ils étaient très bruyants et déjà alcoolisés, sans être saouls pour autant. Je m’assis au bar, en face de la tavernière. Je la questionnai encore sur le marché et sur les enfants :
- « Madame… ?
- Oh non ! J't'en prie, ma p'tite, appelles moi Josie ! Pas de manière ici !
- Très bien, Josie. Tu sais où ces enfants volent aux étals ?
- Pourquoi tu veux savoir ça ?
- Il faut les empêcher de voler ! Ils doivent apprendre à se tenir en société : si les parents ne font rien, moi je ferai quelque chose ! »
Josie blanchit à mes paroles : quoi ? Qu'avais-je dit pour susciter une réaction pareille ?
- « Ma p'tite, écoutes-moi attentivement : les parents de ces jeunes sont des gens très influents et puissants. Ils sont capables de détruire toute ta vie si tu n'écailles (ne serait-ce qu'un peu) leur réputation… Crois-moi, ma p'tite, je parle en connaissance de cause  ! J'avais un restaurant avant, sur la place d'Hargeon. C'est l'endroit le plus touristique en été. Lorsque j'ai voulu m'opposer à ces gamins, quelque mois plus tôt, alors qu'ils volaient à l'étal de mon ami Joe, j'ai trouvé mon restaurant saisi peu de temps après ! Et on savait très bien qui c'était !
- Josie, encore une tournée, tu veux bien ?! », lança un des hommes de la tablée. Enrobé, barbu, les yeux d'un gris très clair, il avait les joues rosis par l'alcool : c'était le fameux Joe de Josie.
- « Aria, apportes ces bières avec moi, faut que je te présente mes plus fidèles clients ! »
Ni une ni deux, sans vraiment savoir comment, je me retrouvai à la table de ces hommes. Ils étaient, malgré leur apparente virulence, des personnes très amicales et très tactiles : ils semblaient ne pas connaître le principe d'espace personnel ! Cependant, cela n'avait rien de malsain ou de déplacé : au contraire, ils semblaient porter une importance particulière à la question du respect. Après m'être installée et avoir été servie, Josie s'approcha de nous, s'adossant au mur. Elle raconta alors la petite discussion que l'on avait eu, au sujet des gamins et de leurs vols. Soudain, alors qu'ils étaient assourdissants, un silence de mort plana dans la pièce. Mal à l'aise, j'essayai de relancer la conversation :
- « C'est juste que je pense que ces enfants doivent être punis pour leurs vols ! Ils doivent apprendre à respecter le travail des autres et à ne pas voler. S'ils commencent à voler aussi jeunes, qui sait ce qu'ils feront plus tard ?
- Et tu crois que tu es qui pour pouvoir leur enseigner ça, hein ? », me lança Hafio, le plus basané.
L'ambiance s'alourdissait : super ! Exactement ce que je voulais !
- « Je ne me prends pas pour quelqu'un en particulier… C'est juste que si personne le fait, moi je le ferait !
- Parce que tu insinues que nous n'avons pas essayé ? »
Eh càc ! Tourne 7 fois la langue dans ta bouche avant de parler, amaideach !
- « Non, ce n'est pas cela, c'est juste que je ne peux pas laisser passer cela ! Je n'ai rien à perdre dans cette histoire ! »

Bizarrement, le regard des hommes devint dur et très oppressant. Je les avais offensé, sans vraiment savoir comment ! Je devais maîtriser mes paroles et leurs émotions négatives : j'avais besoin de leur aide pour trouver ces gamins. De plus, je les appréciai, quand bien même je venais juste de les rencontrer : je ne voulais pas en faire des ennemis. Tout d'un coup, je sentis que leur regard essayait de me faire plier ! Je ne savais pas comment expliquer cela autrement : c'était comme s'ils essayaient de me faire changer d'avis rien que par leur regard, par leur présence. Il est vrai qu'ils étaient imposants et avaient une aura puissante : je me sentais comme oppressée, écrasée.
- « Je sais que leurs parents ont de l'influence et que vous avez subi les conséquences de leur manque d'éducation, de bien des manières. Mais moi, ils ne peuvent pas m'atteindre ! Je veux vous aider : mais pour cela, il faut que vous me disiez ce qui se passe. Réellement.
- Que sais-tu de nous, fillette ? Rien, voilà ce que tu sais ! Alors n'essaies pas de nous faire croire que tu veux nous aider ou même que tu comprends quels en sont les enjeux ! Comment pourrait-on te faire confiance ? On ne sait même pas qui t'es !».
Chacun attendait ma réponse, me regardant droit dans les yeux, le visage impassible. Même Josie, qui pourtant semblait être de mon côté, avait arrêté de nettoyer son bar pour écouter ma réponse.

**

- « Tu n'as aucun charisme ou quoi ? Montres leur qui tu es, bon sang ! ».
Quoi ?
- « Rha, c'est pas possible ! Faut tout t'expliquer ou quoi ? Imposes-toi ! »
Mais… Qui était-ce ? Ce n'était pas Réalta… Ce n'était pas du tout la même aura, ni la même voix.
- « Au moins tu as le mérite de ne pas être débile… Bon, je suis dans de bonnes grâces ce soir. Je veux bien signer un contrat avec toi, puisque tu me le demandes !
- Mais je ne t'ai rien demandé…
- Oh, acceptes et c'est tout ! Tu n'arriveras pas à te sortir de cette situation sans moi !
Soudain, le déclic. Son nom apparut dans mon esprit, claire comme du cristal, imposant et fort comme un roc. Il inspirait respect, voire une certaine puissance dominatrice :
- « Amelda, je souhaite passer un contrat.
- Ah bah voilà ! Tu vois quand tu veux… Bon, le protocole l'exige : moi, Amelda, l'Impératrice, arcane III, suis celle qui persuade et charme son auditoire. J'impose le respect et convainc celui qui écoute ma voix. Aria Séléné, souhaites-tu toujours passer un contrat avec moi, Amelda, l'Impératrice, arcane III ?
- Oui, je le souhaite !
- Il suffisait de le demander ! Laisses-moi prendre les rennes, c'est Amelda qui gouverne ! »
Amelda:

**

Ce moment n'avait duré qu'un instant, dans mon esprit, hors du temps et de l'espace terrestre. Les clients, en particulier Hafio, me regardaient toujours, attendant ma réponse. Je repris alors ma respiration, et, aidée par Amelda, je leur dis :
- « Je m'appelle Aria Séléné Horwand. Je suis née dans un petit village, il y a 21 ans. Mais tout ça ne vous aidera pas à me faire confiance : ce que vous devez savoir, c'est que votre situation ne peut pas être pire actuellement. Vous êtes contrôlés par des enfants à qui personne n'a inculqué les valeurs du travail. C'est normalement à leurs parents, leurs éducateurs, de le faire, mais ces derniers semblent plus occupés à regarder leur propre cul pour surveiller celui de leurs enfants. Alors, si vous voulez sortir de cette manipulation puérile, vous n'avez qu'une seule chose à faire : aidez-moi à trouver ces gamins, demain, pour que je leur donne une bonne leçon. Je n'ai rien à perdre en prenant cette décision, je suis une étrangère à votre coin, et vous n'aurez aucune retombée à cause de mes actions. Je suis la seule responsable de mes actes : leurs parents n'ont aucune emprise sur ma vie. De plus, si vous m'aidez, je tenterai de retrouver ce qui vous a été dérobé… Vous êtes avec moi ? ».

Silence. Encore. Toujours là. Ah ?! Ah, non… Ça devenait long… Est-ce que j'avais échoué… ? Càc, Amelda, à quoi tu me servais ? Au moment où je sentis le picotement significatif de la connexion entre un arcane et moi (et donc au moment où je m'apprêtais à être engueulée par Amelda), Hafio me sourit à pleine dent, les yeux rieurs, le visage enjoué, et me dit que la question ne se posait même pas parce que cela faisait un moment que ces enfants méritaient une punition. Il me précisa aussi qu'ils voulaient tester ma volonté, et qu'ils préféraient les gens ne perdant pas leur objectif de vue plutôt que ceux se joignant à la masse. Dieu merci, j'ai cru m'être ridiculisée ! Désolée Amelda, mea culpa…

Il a été décidé que Hafio, Joe, Cyril, Ahmed et Didou (la question de son vrai prénom reste encore un mystère…) seraient mes « antennes », comme mes yeux et mes oreilles, afin de m'aider à trouver les enfants au plus vite. Joe, qui avait déjà un étal, ferait en sorte d'appâter les enfants avec des nouveautés et un amas de clients assez conséquent pour les attirer mais assez restreint pour qu'ils osent s'approcher. Les derniers détails peaufinés, nous étions enfin prêts : demain signait la fin de ces sales gosses !

**

L'odeur du pain cuit me réveilla avant les rayons du soleil. Affamée, je descendis, attirée par cette odeur alléchante : Josie, en plus d'être une femme, barmaid, serveuse et cuisinière extraordinaire, était également douée en boulangerie… J'en fus presque jalouse ! Comme dans l'imaginaire collectif, Josie agissait telle une mamie gâteau (« Manges ! Manges encore ! Tu as la peau sur les os ! », etc.), me gavant (non sans consentement) de pâtisseries et viennoiseries délicieuses. Lorsque les rayons du soleil s'infiltrèrent entièrement dans la taverne, je pris conscience du brouhaha extérieur : les marchands préparaient leurs étals, prêts à vendre jusqu'à la fin (une sorte d'épreuve du combattant !). L'entrée d'Hafio et la bande me permis d'entendre plus distinctement les préparatifs extérieurs et me rappela le but de ma venue : je devais retrouver ces foutus gamins, qui, à mesure que j'entendais des histoires ou rumeurs, m'horripilaient de plus en plus ! Depuis quand on pouvait se permettre de tout faire parce qu'on est un gosse de riche ?
Ah… Depuis toujours, en fait.

La troupe me mena à l'étal de Joe : une poissonnerie ambulante ! De l'anchois, du bar, du brème de mer, du cabillaud au turbot, en passant par le merlan, la raie, la sardine… De quoi régaler les papilles par la diversité du choix : de plus, Joe paraissait s'y connaître en cuisine, vu qu'il donnait des indications culinaires aux clients, selon le poisson qu'ils achetaient. Je restais dans les parages, vagabondant et cherchant ces garnements. J'avais également un œil sur Hafio, non loin de moi, qui me communiquait par des gestes la situation : rotation du bras droit vers la gauche ? Les enfants sont en vue, et se rapprochent de nous. Pinçage de l'oreille gauche : les gars s'occupent de les attirer vers l'étal, en parlant de la nouvelle cargaison de Joe contenant un poisson très rare et délicieux, qui n'existe peut-être même pas dans la réalité. Je me tourne vers Didou, de l'autre côté de la rue pour lui signaler la situation et le ramener vers l'étal ; vaut mieux avoir le plus de bras possibles pour attraper ces gosses ! C'est tellement vicieux à cet âge-là qu'ils peuvent nous faire tourner en bourrique pendant un loooong moment. Et je parle en connaissance de cause.

Le gros de l'action arrivait, je le sentais. Hafio m'indiquait que les enfants se rapprochaient, à vive allure, se cachant parmi les adultes et les commerçants. Un œil attentif les aurait remarquer, mais la plupart des passants ne faisaient pas attention ou n'avaient pas les yeux fixés sur eux, et donc, les perdaient de vue. Mais pas nous : plusieurs paires d'yeux épiaient leurs faits et gestes jusqu'à ce qu'ils soient près de l'étal.
Ils sont là. Près de moi. Invisible à leurs yeux, je les suis pourtant de près… J'attends le moment fatidique, le moment où l'une des mains s'approche de l'étal… Là ! Il tente de chaparder un cabillaud de bonne taille. Je l'attrape, le soulève, le regarde droit dans les yeux et lui dit : « Pose-cela ». Ses yeux gris passent de gauche à droite, et il repose le cabillaud… Hum. Trop facile… C'est là que je comprends ! Le con a réussi à détourner mon attention : je jette le gamin dans les bras d'un Didou d'1m90 tandis que je me retourne pour voir un des gamins partir avec la caisse ! L'autre enfant avait été attrapé par Joe, qui le tenait fermement. Je décide de courir après le voleur, sachant que les deux autres étaient entre de bonnes mains... Il s'enfuit en direction d'un petit bois, au nord-ouest de la ville. Bien plus rapide que lui, je décide de le suivre discrètement, Cyril sur mes talons : peut-être me mènera-t-il à bon port ?

D'abord soucieux et sur sa garde, l'enfant aux cheveux blond et aux yeux noisette devint plus détendu au bout de quelques minutes, pensant sans doute m'avoir semée. Hum, s'il savait ce qui l'attendait ! Il s'aventura alors plus profondément dans ce petit bois. Les arbustes et buissons se multipliaient, rendant le gamin de moins en moins visible, jusqu'à ce que, in fine, il disparaisse de ma vue, mais également à celle de Cyril, non loin dernière moi. Ni une ni deux, j'invoque Réalta, qui me guide alors vers ce chenapan : le fourbe s'était glissé parmi les hautes herbes et avançait vers un tas d'arbres, qui s'entrelaçaient. Ils semblaient avoir construit, tous les trois, une sorte de cabane, de coin secret. C'est sûrement là que se cachait la marchandise !
M'avançant sans un bruit, et ayant attendu qu'il rentre dans la cabane et que Cyril soit à ma hauteur, je me glissa derrière lui pour repérer les lieux : ce que j'avais pris pour une cabane était plus grand que ce que je pensais : des marchandises traînaient dans tous les coins, du sol au plafond, en plus de quelques meubles confortables, tel un canapé : eh ben, ils se faisaient pas chier ! J'attendis qu'il pose la caisse par terre et qu'il l'ouvre pour m'approcher… La déception sur son visage était jouissif : la vraie caisse de Joe se trouvait dans les bras d'Ahmed, caché à l'étal d'à-côté :
- « Bah alors, on est déçu ? »
Il se retourna d'un bond et s'insurgea :
- « Qu'est-ce que vous faîtes dans notre cabane ? Vous avez pas le droit d'être ici !
- Ah, parce que tu crois que tu as le droit de voler ? C'est correct, ça, peut-être ?
- J'ai rien volé, c'est à moi !
- Pourtant, il est bien noté « Propriété de Joe ///// » sous la caisse, non ? ».
Écarquillant les yeux, il retourna doucement la boîte pour y lire ce que je venais de lui dicter. Ses lèvres commencèrent à trembler de peur et ses yeux se levèrent lentement vers les miens. Il était pris au piège, il le savait. Je demandai à Cyril de s'occuper de la marchandise et de la rendre à leurs propriétaires : j'ai toute confiance en Cyril et la troupe, je sais qu'ils feront ce qui est juste.
- « Mon père est un Comte. Si vous me faîtes du mal, il va vous faire payer ! 
- Je me contre-fiche de qui est ton père, et je ne compte pas te faire du mal. Mais maintenant que tu en parles, je serais heureuse de le rencontrer ! On y va ? »

Malgré ces réticences, grandement aidée par Amelda, l'enfant me mena à sa maison. Oh, pardon : à son putain de palace ! Càc ! Je mettrai des années avant d'avoir une maison comme la sienne : ça se voit que son père n'est pas n'importe qui… Avançant dans une allée bordée de fleurs plus majestueuses les unes que les autres, la main sur la tête du garçon, j'aperçus la porte d'entrée, deux fois plus grande que la mienne, d'un blanc immaculé qui faisait presque mal aux yeux. Je toquai, attendant quelques instants avant qu'un domestique vienne m'ouvrir :
- « Bonjour. A qui ai-je l'honneur ?
- Bonjour, je m'appelle Aria. J'aimerai m'entretenir avec les parents de ce jeune garçon. Si vous voulez bien les prévenir de ma demande, je vous en remercierai.
- C'est que Monsieur est occupé, et Madame est en déplacement. Pouvez-vous repasser à un autre moment ?
- Non, je ne peux pas. Je vous prie de bien vouloir l'avertir de ma présence et de celle de son fils maintenant. Qu'est-ce qui est plus important que l'éducation de son propre enfant ? »
Le domestique me regarda fixement, un petit sourire au coin des lèvres, se courba et partit prévenir son maître. Toujours dans l'entrée, j'attendais devant la porte. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Dix minutes. Je commençai à m'impatienter ; les nerfs commençaient à monter. Il avait plutôt intérêt à se dépêcher, sinon j'allai perdre toute contenance…

Il arriva enfin. Dans son costume noir impeccable, un verre de whisky à la main. Quoi ? Il était en pleine réunion-poker ou quoi ? Ça n'allait pas m'aider à me calmer… Après avoir congédié le domestique, il s'adressa à moi, me demandant mon identité et la raison de ma venue. Je lui expliquai donc ce qu'il me demandait, en précisant bien que les larcins de son fils n'était pas nés de la dernière pluie. Je m'imaginai déjà la discussion bien tournée sachant qu'il ne semblait pas s'indigner ou s'énerver : il m'écoutait jusqu'au bout. Tiens ? Aurai-je eu une mauvaise impression ? Je demandai mentalement à Sirius de me ramener à Aeternitas.
- « Je vois… Sachez cependant, mademoiselle, que les accusations que vous portez à l'égard de mon fils sont inacceptables. Vous pourriez être punie pour cela.
- Je crois que vous ne comprenez pas, monsieur : votre fils a volé aux habitants du quartier pendant de années. En tant que parent, je pense que vous devriez prendre ceci en charge et prendre les décisions nécessaires.
- Mais je vais les prendre, ne vous inquiétez pas ! Vous entendrez parler de moi ! Et puis vous êtes qui pour donner des conseils parentaux ?
- Pardon ? »
Ahah, je crois rêver. Sérieusement ? Il veut mon poing dans sa gueule ? On parle de son gamin, là ; de son éducation. C'est quoi le plus important : une réputation et l'avenir de son gosse ? Je crois que je vais vraiment m'énerver !
- « Alors, maintenant tu vas fermer ta grande bouche et tu vas m'écouter : premièrement, je crois que je sais très bien ce que c'est d'être parent ! Je me suis occupée quasiment seul de trois enfants. Donc je sais très bien ce que c'est d'élever un enfant !
- Euh, Aria ?
- PAS MAINTENANT SIRIUS JE PARLE AU MONSIEUR ! Je disais quoi… ? Ah oui, donc je sais très bien ce que c'est d'élever un enfant. Deuxièmement, il ne faut pas avoir un cerveau exceptionnel pour comprendre que l'éducation de votre enfant doit être votre priorité et que ce n'est pas à moi d'être punie pour les erreurs de votre voleur d'enfant…
- Aria, je crois qu'il vaut mieux que tu rentres…
- OH NON J'EN AI PAS FINI AVEC LUI ! ET TROISIÈMEMENT : VOTRE RICHESSE NE VOUS EPARGNERA PAS DE TOUT, UN JOUR VOUS COMP- »

… J'étais de retour à Aeternitas. Furieuse.
- « Aria ?
- Quoi ?!
- On va s'occuper de lui…
- J'espère bien.»
Pour une première mission, je trouve qu'elle était plutôt réussie... Je fais confiance à la troupe d'Hafio et aux autorités supérieures pour s'occuper de ce *** de père. Puis, j'ai réussi à entrer en contact avec une autre carte (ce qui ne peut être qu'une avancée, non ?). Amelda est bien sûr très différente de Réalta : mais c'est logique, chaque carte est unique et représente une personnalité unique.



"I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes."

- C. Baudelaire

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Aria Horwand
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