RSS
RSS




[Mission – Apprenti] Braquage à main armée [Corrigée]

Sam 24 Oct 2015, 23:18
         
Braquage à main armée :

C'est la sixième fois qu'un honnête boulanger de Crocus se fait dévaliser au moment de fermer, toujours par le même individu qui le met en joue avec son arbalète. Celui-ci ne semble pas disposer de magie. Neutralisez-le sans le tuer, ce n'est pas un mage noir.

Ennemi : braqueur à l'arbalète.

Récompense : 30 000 joyaux.

Prérequis : ne pas être impressionné par un carreau d'arbalète.


La bibliothèque Ouest était devenue mon lieu de prédilection au sein de la guilde. Un mois et demi que j'en faisais partie, à peu près autant que je m'appropriais presque l'endroit. Je venais de terminer toute une étagère remplie d'ouvrages sur la métallurgie, dont les couteaux. Cela me rappelait à chaque fois que je ne devrais pas tarder à aller voir Dirk. Je qualifierais la première semaine de « semaine d'intégration et d'accoutumance à la vie au sein d'une guilde de mages » – tout en longueur –, constituée de visite des lieux, m'ayant pris plusieurs jours tant le territoire était vaste, et de rencontres avec les autres habitants des lieux notamment.
J'eus l'occasion de connaître Sirius, le fameux Sirius qui connaissait tout de moi alors que je n'avais jamais entendu parler de lui, qui s'avérait sympathique pour le peu de temps que je passais à converser avec lui.
Shirona, compagne du Maître, était une femme mystérieuse et presque indescriptible, mais de bonne compagnie, intéressante et qui plus est, bonne cuisinière. De même que pour Sirius, le temps passé avec elle était moindre mais qu'importait.
Enfin, Fuka, premier membre de la guilde, mon aîné en âge et en ancienneté, bien que de peu. Comme moi, si ce n'était plus, il semblait avoir un attrait tout particulier pour la solitude et n'était pas le moins du monde un moulin à paroles – j'en étais ravie.


J'avais pu rencontrer de nouvelles têtes radicalement différentes de toutes celles que j'avais pu voir au long de ma vie. C'était... Je devais l'avouer, c'était rafraîchissant. J'étais néanmoins difficile... Je respectais tous ces gens, et je ne doutais pas d'eux ou en tout cas pas trop. Cependant, j'avais du mal à dire à quel degré je leur faisais confiance...

En train de broder un nouveau mouchoir – mon ancien s'étant déchiré lorsque j'eus lamentablement trébuché sur une racine en visitant les jardins, le nez dans les buissons – dans ma chambre, je m'arrêtai soudainement en plein milieu d'une arabesque de mon nom. Tenant sans plus bouger mon tambour dans une main, mon aiguille munie de fil de coton perlé d'un rose délicat dans l'autre, je me mis à réfléchir.
À parler de changement, je m'étais étonnée ces deux dernières semaines. J'avais toujours été lente dans l'apprentissage de ma magie quand je ne le prenais pas au sérieux, alors ce laps de temps me sembla correct, mais j'avais considérablement amélioré ma maîtrise des champs magnétiques. C'était peu à l'échelle de mon pouvoir, mais pour moi, c'était un grand pas : j'avais également amélioré mon maniement du couteau.
Je posai mon ouvrage sur mon bureau et attrapai le sac posé au pied. Il était temps de me rendre utile.


Je n'étais encore jamais partie en mission alors je ne pouvais pas autant que je ne voulais pas entamer ma carrière sur une mission pour mages Novices. Il serait malvenu de me surestimer.
Après avoir empoigné le petit livre contenant les missions, je le feuilletai quelques minutes, hésitant quant à la mission à accepter. J'avais deux choix. Et pour prendre le deuxième choix, il fallait que je me pense capable de tenir tête à un homme muni d'une arbalète. J'avalai difficilement ma salive avant de secouer la tête : après tout, je n'étais pas obligée de foncer tête baissée dans son viseur.
Je notai alors mon nom au bas de la page.

~

Crocus, capitale du royaume de Fiore. J'avais entendu beaucoup de cette ville, en bien comme en mal, mais n'avais jamais eu l'occasion d'y poser un pied.
Dans la Salle des Dimensions, je m'apprêtais à traverser le magnifique portail. On m'avait mise en garde toutefois que le premier voyage pouvait causer des malaises.


« J'ai survécu à un ''vol à dos d'Archange'', donc pourquoi pas à un voyage spatial... »

Sans être d'une robustesse à toute épreuve comme ma sœur, ma constitution n'était pas des plus fragiles. Je progressai d'un pas pour que Sirius m'interpelle sur ma destination. Je lui donnai, serrai le poing, fermai instinctivement les yeux et traversai le portail.
À terme, je les ouvris de nouveau. Comment décrire cette sensation... ? Oui, une sensation de flottement, un léger vertige. Le temps de reprendre totalement mes esprits et je faisais face aux murs du centre-ville de la capitale. Enfin... aux murs d'une ruelle totalement vide.
Mais bon, je commençais à prendre l'habitude des ruelles.
Bien que je sois incapable de dire si c'était une bonne chose.

Quoi qu'il en fût, je me dirigeai vers la rue perpendiculaire. La boulangerie ne devait pas se trouver bien loin, sinon je n'aurais pas atterri ici...
En progressant à droite de la ruelle, dans une impasse, je sentis une odeur fort agréable de pain au bout. Les recherches s'étaient encore mieux passées que prévu et je découvris en levant les yeux la fameuse boulangerie d'où se dégageaient ces effluves. En faisant balader mon regard sur les deux vitrines qui entouraient la porte, des termes comme « Pain cuit sur demande », « Maître artisan de père en fils depuis X716 » ou encore « Touche d'exotisme : pain au curry » provoquaient en moi une sensation encore plus innommable que tout à l'heure. Une sorte d'attraction mystérieuse eut lieu et je poussai la porte de la boulangerie, dont la cloche produisit un son masquant le gargouillis peu délicat de mon ventre. Le dernier client de l'heure venait de partir, j'étais la seule présente dans la boulangerie. Il était treize heures, j'étais à jeun.
Quand le boulanger, qui assurait aussi la vente apparemment – un quarantenaire à pilosité faciale et manches retroussées dévoilant des bras parfaitement musclés et pleins de farine –, éleva la voix, je semblai sortir de ma transe.

« La p'tite dame hésite ? » sourit-il.

Et après un instant de réflexion mortifère, je levai un visage empli de désespoir et répondis au boulanger.

« Elle vient de se rappeler... qu'elle n'avait pas d'argent... (Un corbeau passa.) … Et qu'elle n'est pas là pour manger...
— … Alors que faites-vous là ? demanda l'homme en haussant un sourcil.
Je suis mage de la guilde Aeternitas. C'est moi qui ai accepté de vous débarrasser du braqueur multi-récidiviste... »

En disant cela, je fus prise d'un élan de doute : et si je m'étais trompée de boulangerie ?

« Aah, oui ! Je vous remercie beaucoup, vous savez ! Six fois, six fois qu'il vient, ce satané voleur, armé de sa belle arbalète ! Six fois !
— Six fois.
Si les affaires n'étaient pas si bonnes en ce moment, avec la fermeture du concurrent en face, j'aurais déjà fait faillite depuis des lustres... »

Il continua à me raconter les braquages, la situation économique de sa boulangerie, ses tracas quant à son incapacité à sécuriser la boulangerie chérie par son défunt père... Pas qu'il entrât dans des détails dont je me fichais éperdument – en fait si, totalement – mais je coupai court à son monologue en lui demandant pourquoi il n'avait pas appelé la police dès la deuxième ou troisième récidive. Il ne répondit pas et un nouveau corbeau passa.

« Disons que je... n'ai pas eu un passé judiciaire très glorieux... les policiers me font peur, maintenant... »

Il remarqua une petite araignée qui trottinait sur la caisse et poussa un petit cri aigu. Je n'en avais pas besoin de plus, pour mon plus grand désespoir. Moi qui comptais lui demander pourquoi, quand bien même, il n'usait pas de sa carrure pour s'en occuper lui-même...

« Par tous les saints... murmurai-je. (Je m'appuyai à la caisse, devant lui, le regard dur et sans l'ombre d'un sourire. Il eut un mouvement de recul.) Bon ! Écoutez, si vous ne faites pas preuve d'un peu plus d'autorité, jamais vous ne serez pris au sérieux par la racaille et même si nous arrêtons ce voleur, rien ne peut assurer qu'il n'en viendra pas un autre et un mage ne sera pas toujours là. Vous me dites que les affaires vont bien : prenez des mesures, recrutez ou installez un système de sécurité.
— … C'est une idée. »

~

Il était dix-neuf heures. Le boulanger n'avait pas tari de remerciements à mon égard durant une heure, après que nous eûmes établi un plan flexible et simple pour mettre le braqueur hors d'état de nuire. Comme, bien entendu, rien ne le prédisposait à se montrer ce jour-là, je ne savais pas combien de temps j'allais rester ici... Toutefois, les six braquages avaient eu lieu à fréquence régulière depuis trois mois à raison de deux fois par mois, aux alentours des périodes où était en vente une spécialité exotique. Or, j'étais venue durant une période comme ça.
Je m'étais demandée pourquoi braquer une boulangerie, même prisée. Mais en rencontrant celui qui s'occupait de la boutique, en plus de me demander comment elle faisait pour tenir debout administrativement, j'avais compris pourquoi elle avait été prise pour cible. Car justement, elle était une cible facile, très facile, tellement que c'en était comique.
Au final, le braqueur ne vint pas. Le boulanger m'offrit l'hospitalité. Bien qu'il fût célibataire, son appartement, au-dessus de la boutique, comprenait deux chambres. Il y avait un bureau dans la mienne et cela m'arrangea : je pus faire du bénévolat, en quelque sorte.

C'était aussi très amusant de constater que mes craintes n'étaient pas si infondées que ça. Administrativement, cette boulangerie était à la ramasse. Le boulanger – Roland de son prénom – gérait tout, seul, mais il le gérait plutôt mal. Ainsi, durant une grande partie de la nuit, ce fut moi qui m'occupai de la paperasse qu'il avait mal remplie ou même pas encore remplie. Je ne savais pas s'il s'était rendu compte que son assurance contre les catastrophes naturelles et magiques avait besoin d'être renouvelée depuis un mois, ou même s'il était au courant que depuis deux mois il se rapprochait de son seuil de rentabilité, mais je savais que j'étais fatiguée.
Je ne m'arrêtai cependant pas de sitôt... Après m'être chargée de sa paperasse, je rédigeai, dans ma grande bonté, un carnet de directives à suivre le temps qu'il trouve de nouveaux employés compétents dans les domaines où lui-même ne l'était PAS.


C'est ainsi que je passai la journée chez Roland, alors que lui travaillait, à m'occuper de tâches administratives pour l'avancer car Crocus ne s'est pas faite en un jour. L'isolation de son appartement était telle que j'entendais les clients les plus bruyants depuis le sol. J'étais fatiguée. J'avais mal aux yeux, mal à la tête.
Et l'horloge sonna dix-neuf heures.
Quelque part, ce problème d'isolation était le seul souci dont je pouvais profiter, car j'entendis le cri féminin de Roland retentir. Le braqueur avait montré le bout de son nez.
Pas besoin de plus. Dans une démarche sombre et fatiguée, je me rendis sur place. Le tireur à l'arbalète n'était autre qu'un grand homme cagoulé dont on ne voyait que les yeux et le bout de sourcils froncés. Il n'y avait personne dans l'impasse à ce moment-là, pas étonnant qu'il ait pu récidiver aussi facilement.
Mais plus jamais il ne le ferait dans cette boutique.

Pensées de ce charmant braqueur :

J'entends quelqu'un arriver... Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Depuis quand il y a quelqu'un dans cette boutique ? Oh, ce n'est qu'une femme...

« Pose cette arbalète. »

Mais pour qui elle se prend, elle ? Elle va voir si je vais la poser, mon arbalète !

« Pointe cette flèche vers moi encore dix secondes et je te garantis que tu auras affaire à moi. »

Héhé... Elle est minuscule, toute fine, comme si elle me faisait peur.

« Dix... Je t'aurai prévenu. »

… Hein ? Euh... pouce ? Des couteaux débarquent de l'atelier ? Des couteaux qui volent ?! Une mage ? Ils foncent vers moi ?! HIIIIIIIII !!! 

Retour au point de vue par défaut :

Il m'avait cherchée, hein. Deux couteaux traversèrent son pull noir, au niveau des épaules, et se plantèrent dans le mur derrière. Paniqué, il ne me visait plus correctement avec son arme et j'utilisai un couteau pour, d'un mouvement sec de la main, envoyer l'arbalète au loin. Je m'approchai encore, d'un pas lent.

« Sais-tu – je te tutoie – à quoi m'ont menée tes agissements, indirectement ? (Un couteau fusa à gauche de sa tête, ses yeux étaient exorbités.) Je n'ai pas dormi depuis hier, même heure, pour remplir de la paperasse, de l'administration. Mais tu sais quoi ? (Un couteau fusa à droite, cette fois.) C'est pour toi que je suis là, à la base. (J'arrivai à son niveau et arrachai sa cagoule, il était en sueur et tout tremblant.) Mais je n'ai pas très envie de te courir après, je suis trop fatiguée pour cela, regarde mes yeux. Donc j'ai fait en sorte que tu ne puisses pas fuir, tu ne m'en veux pas ?
— Hiii...
— Tu vas faire quelque chose pour moi, hein ? Tu vas attendre ici bien sagement pendant que j'appellerai la police en mangeant un délicieux gâteau aux marrons invendu devant toi. Tu es d'accord, dis ? »


~

Le gâteau était délicieux.

Au final, tout s'était bien passé. Le braqueur s'était rendu docilement à la police et je ne sus pas pourquoi mais Roland arrêta de me raconter les détails de sa vie. Oh, bien sûr, il me remercia platement pour les documents administratifs et le cahier. Mais je ne rentrai pas à la guilde aussitôt, préférant dormir jusqu'à quinze heures le lendemain.

En tout cas, j'étais contente de moi. J'avais mené ma première mission à son terme, ma toute première mission en tant que mage au sein d'une guilde. J'eus une pensée pour ma mère, en me disant que je commençais peut-être à comprendre l'attrait qu'elle avait eu pour cette voie. Je souris, contente de moi.



Fiche du mage
Guilde: Aeternitas
Rang: Expérimenté
Aeternanos: 148 550
avatar
Nina Andersen
Sorcier travailleur
Sexe (IRL) : Féminin
Messages : 325
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 25 Oct 2015, 16:21
         
Pour l'appréciation, voici un S+. Je n'ai rien à redire sur la forme et l'instant "psychopathe" m'a bien fait rire !

La note arrivera sous peu, dès que j'aurai appris à faire une addition !



Fiche du mage
Guilde: Aeternitas
Rang: SS++
Aeternanos: 500 001
avatar
Raziel
Mage
Sexe (IRL) : Masculin
Messages : 240
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 25 Oct 2015, 17:19
         
Voici la correction :

- une base de 1 060 points.

- peu voire pas de fautes, mais comme je t'ai aidé à en virer une affreuse, je ne te compte pas la perfection, désolé. Ton score sera néanmoins préservé à 100% de sa valeur.

- le rang S+ donne 500 points.

- la mission était de rang "Apprenti" et confère donc 100 points supplémentaires.

- un petit bonus de 100 points pour l'humour, notamment le moment "psychopathe".

- disons 150 points de syntaxe. La qualité d'écriture est là, quelques tournures maladroites par moment, mais rien de grave, continue dans cette voie !

- et 90 points de rédaction pour finir.

Total : 2 000 points tout rond, mes félicitations !

Tu gagnes donc 30 000 joyaux !



Fiche du mage
Guilde: Aeternitas
Rang: SS++
Aeternanos: 500 001
avatar
Raziel
Mage
Sexe (IRL) : Masculin
Messages : 240
Voir le profil de l'utilisateur
         
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé